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Cinéma

On est allé au festival du film de fesses par Erick Grisel

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Publié le Vendredi 6 Juillet 2018

Pour sa cinquième édition, ce festival aussi impertinent qu’émoustillant a joué la carte nippone. On en est ressorti conquis…

S’il s’était appelé "festival de films de cul" ou "festival de films de boules ", pas sûr qu’on y aurait mis les pieds. Mais déjà, avant même de consulter la programmation, l’appellation "festival de film de fesses" nous avait tout de suite plu pour son côté rétro et bondissant. "Il nous a fallu le temps d’une soirée pour choisir le nom, nous a expliqué Anastasia Rachman, co-fondatrice du festival. On voulait quelque chose de ludique et de joyeux qui ne fasse pas "salon de l’érotisme". Gagné ! Même si l’on n’a pu assister à tout le festival (organisé sur quatre jours), on s’est très vite rendu compte que la vulgarité était tout à fait exempte du programme, au bénéfice de la pertinence, de l’humour et de l’originalité. Des qualités que Facebook n’a pas su évaluer puisque la page du festival a été définitivement censurée.

On s’est d’abord rendu à la projection de La saveur de la pastèque, une comédie musicale taiwanaise érotique en odorama durant laquelle le spectateur, à chaque scène cruciale, était invité à humer une languette de papier. Essence d’Hélional pour la pastèque ou d’Absolu civette, pour reproduire la petite pastille bleue au fond des urinoirs… l’exercice n’aurait pu être qu’anecdotique s’il ne servait une œuvre cinématographique envoûtante. "Ce que l’on montre dans ce festival, c’est d’abord du vrai cinéma, des films qui nous plaisent, et où l’érotisme se traduit de différentes manières, aussi bien par l’imagerie que par les dialogues, nous a précisé Léa Chesneau, elle-aussi membre de l’équipe organisatrice très majoritairement féminine. Ce qui n’est pas un détail et constitue un rempart contre toute dérive. "Que l’on soit majoritairement des femmes, ce n’est pas anodin pour s’emparer de sujets comme ça, a confirmé Léa, mais cela s’est fait de façon spontanée, sans aucune stratégie. Avant que les journalistes nous pointent cette particularité, on ne s’en était pas vraiment aperçues. De la même façon qu’on ne se revendique pas féministes, puisque c’est inhérent à ce qu’on est et ce qu’on fait."

Notre seconde incursion dans le festival fut la plus riche en surprises puisqu’il s’agissait d’une série d’happenings dans un endroit tenu secret jusqu’à la dernière minute. D’abord un truc délirant orchestré par Yann Gonzalez, le réalisateur d’Un couteau dans le coeur avec Vanessa Paradis: caché sous la carapace d’un monstre lubrique au sexe turgescent, un acteur (ou une actrice ?) matait des films d’horreur en débitant des horreurs avant de prendre à partie le public (quand il est venu vers nous, on a fui !). Puis deux jeunes comédiennes ont lu des textes érotiques devant des spectateurs sagement avachis sur des matelas pneumatiques. Ensuite il y a eu cette séance de presse-fesses surréaliste, "La fresse", au cours de laquelle le jeune plasticien Alexandre Meyrat Le Coz faisait imprimer à la chaîne, sur des feuilles de papier, les fesses enfarinées d’un comédien déculotté (et sacrément culotté, pour le coup). Enfin un homme et une femme nus ont encouragé les spectateurs à piocher de petits rouleaux de papier et à déclamer ce qu'il y avait écrit dessus : tous les synonymes du mot pénis. Clou de la soirée, un beau jeune homme visiblement allumé s’est levé pour passer publiquement une annonce : "Excusez-moi, j’ai très très envie de faire l’amour, alors si ça intéresse quelqu’un, j’ai un appart juste à côté." Après qu’on lui a demandé à quel genre s’adressait cette demande, il a répondu d’un air las "A tous les genres, c’est open door !". Un happening, là aussi ? Eh bien non. La demande du garçon est restée vaine. Et ce fut bien le seul moment de la soirée où la fesse s’est avérée triste.

Festival du film de fesses : www.lefff.fr/

Erick Grisel

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