Monsieur : un film qui donne envie de croire à l’amour impossible Monsieur : un film qui donne envie de croire à l’amour impossible

Cinéma

"Monsieur" : un film qui donne envie de croire à l’amour impossible par Erick Grisel

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

7 minutes

Publié le Mercredi 26 Décembre 2018

Vous y croyez, vous, au coup du patron qui tombe amoureux de son employée (on n’a pas dit qui "couche" avec son employée). Moyen ? Eh bien, en regardant "Monsieur", vous allez y croire à fond…

Au cinéma, les histoires d'amour sur fond de différences de classe sociale sont légions. On fait semblant d’y croire. Mais on sait qu’il y a peu de chances pour qu’un trader tombe amoureux de sa femme de ménage, comme dans Ma Part du Gâteau, avec Gilles Lellouche et Karin Viard ou qu’un aristocrate lettré s’amourache d’une petite marchande de fleurs comme dans My fair Lady, avec Audrey Hepburn.

Si, prenant pour cadre une société indienne régit par un système de castes, Monsieur sonne formidablement juste, c’est parce que la réalisatrice Rohena Gera, par petites touches, ancre son récit dans un huis-clos qui oblige les deux personnages à s’ouvrir l’un a l’autre. Et qu’elle donne toutes les clefs permettant de comprendre leur rapprochement : de retour à Bombay après des études à l’étranger, Ashwin, imprégné de la culture occidentale, porte un regard critique sur les us et mœurs de son pays. Ratna, elle, veut dépasser sa condition de domestique pour se consacrer à sa passion : le stylisme. Sa visite à un magasin de luxe où elle cherche l’inspiration est à ce titre déchirante : vêtue du traditionnel sari, elle est chassée d’emblée par la vendeuse qui voit en elle, sinon une voleuse potentielle, au moins une femme qui n’aura jamais les moyens de s’acheter ses robes. Partout où elle va, même dans l’établissement où elle fait un stage de couture, Ratna est renvoyée à sa condition de servante. Pour ses amis et de sa famille, Ashwin doit se conformer à ce que son statut d’homme riche exige de lui.

Si Ratna et Ashwin (merveilleux Tillotama Shome et Vivek Gombe) sont à tomber de beauté, ce n’est pas tant par la perfection de leurs traits (pourtant pas mal, on vous rassure) que par le regard qu’ils portent l’un sur l’autre, les débarrassant de leurs oripeaux sociaux et abolissant la mince frontière (un seul mur symbolique entre leurs deux chambres) qui les sépare. Lorsque sur le toit de l’immeuble dominant tout Bombay, Ratna parvient enfin à dire "Ashwin" et non plus "Monsieur", ce seul prénom prononcé vaut tous les happy ends hollywoodiens.
Monsieur, de Rohena Gera, sortie le 26 décembre

 

Erick Grisel

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires