"Mon Ket" : François Damiens nous fait-il rire (ou pas) ? "Mon Ket" : François Damiens nous fait-il rire (ou pas) ?

Cinéma

"Mon Ket" : François Damiens nous fait-il rire (ou pas) ? par Olivier De Bruyn

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Publié le Lundi 28 Mai 2018

L’acteur belge réalise son premier film. Une plaisanterie reposant sur le dispositif qui a fait son succès à ses débuts : la caméra cachée. De quoi se poiler… par intermittence.

Dans sa Belgique natale, l’excellent François Damiens a déridé les zygomatiques de ses compatriotes pendant de longues années grâce à des sketches cathodiques tournés en "caméra cachée". Des petites merveilles d’insolence où, dans la peau d’un type ingérable et inquiétant, il s’amusait à tourner en ridicule les tics et manies de gens anonymes. Dépassé par son succès, François Damiens dut renoncer en 2008 à ses activités de gagman car, dans les rues comme ailleurs, tout le monde le reconnaissait, ce qui compromettait évidemment le bon fonctionnement de son entreprise. Surprise : une décennie plus tard, François Damiens, ressuscite le dispositif des caméras cachées pour les besoins de son premier long métrage en tant que réalisateur. Mais "bonne" surprise ? Ça se discute… 

Dans Mon Ket, François Damiens raconte l’histoire de Dany Versavel, un taulard ingérable qui, une fois évadé de prison, retrouve son jeune fils, Sullivan, et se lance avec lui dans une série d’aventures burlesques. Le scénario du film, minimal, ne sert d’argument que pour observer Versavel (incarné par Damiens himself) aux prises avec des "vrais gens" filmés à leur insu dans leurs confrontations avec le prisonnier en cavale. Alignement de saynètes inégales, le film réserve son lot de grands moments cocasses et incorrects - comme lorsque Versavel, dans un bureau de tabac, apprend à son gamin à fumer devant une cliente médusée -, mais, sur la durée d’un long métrage, Mon Ket s’abîme malheureusement plus d’une fois dans les répétitions et les effets comiques prévisibles.

En sortant de la salle, amusé mais frustré, on se dit que François Damiens, aujourd’hui, n’est finalement jamais aussi convaincant que lorsqu’il abandonne sa panoplie de rigolo pour endosser des costumes moins tape-à-l’œil. L’acteur a su émouvoir ces dernières années dans des films aussi stimulants que La délicatesse, de David Foenkinos, Suzanne, de Katell Quillévéré ou Les cowboys, de Thomas Bidegain. Pour ses débuts de réalisateur, on aurait préféré être surpris plutôt que de découvrir une déclinaison de ses premiers essais. Ce sera (peut-être) pour la prochaine fois.

Mon Ket, de François Damiens. Sortie le 30 mai 2018.

Olivier De Bruyn

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