"Mektoub, My Love" : du cul et sinon quoi ? "Mektoub, My Love" : du cul et sinon quoi ?

Cinéma

"Mektoub, My Love" : du cul et sinon quoi ?

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Le cinéaste de "La vie d’Adèle" met en scène une bande de jeunes à Sète, dans les années 90. Au programme : drague, émois, sexe… L’occasion pour le cinéaste de filmer pendant trois heures la montée du désir et les corps de ses jeunes actrices. Hot ou gênant ?

La scène d’ouverture donne le "la"… Un jeune garçon, Amin, observe à la dérobée, dans la position du voyeur, sa meilleure copine Ophélie en plein ébat torride avec Toni le cousin d’Amin. Les corps sont en sueur, le désir transpire à grosses gouttes et la jouissance est au rendez-vous. On est content pour eux. Et content tout court, car il est rarissime que le sexe soit représenté avec un tel réalisme fiévreux, aussi loin de la timidité puritaine du cinéma "traditionnel" que des performances glauques du porno.

Pendant les trois heures que dure Mektoub my love : canto uno, Abdellatif Kechiche, le génial auteur de L’esquive, La graine et le mulet et La vie d’Adèle, reste fidèle à sa première scène et, avec un mépris souverain pour les scénarios calibrés, se "contente" de mettre en scène les désirs en pagaille de ses jeunes personnages. Des filles et des mecs qui, à Sète, dans les années 90, s’adonnent le temps d’un été aux jeux de l’amour, du hasard et du cul sur les plages et dans les boîtes de nuit.

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Le défilé des affects et des désirs traine un poil en longueur

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Au cœur de la bande : Amin, un apprenti cinéaste qui étudie à Paris et s’en revient dans sa ville natale. Ce personnage (sans doute un double autobiographique du jeune Kechiche) ne passe jamais à l’acte, mais observe ses contemporains se draguer, se désirer et se consommer sans modération.



Pas d’histoire, donc, ou si peu, mais une plongée dans le grand bouillonnement sensuel du désir estival. Pourquoi pas ? Problème (uno) : étiré sur trois heures, malgré la vitalité exceptionnelle de la mise en scène et le talent unique de Kechiche, le défilé des affects et des désirs traine un poil en longueur. Et on regrette que le cinéaste ne profite pas de l’occasion pour, comme dans ses films précédents, raconter quelque chose de puissant sur le contexte social et politique dans lequel évoluent ses personnages. Problème (secundo) : le cul, la grande affaire de Mektoub, my love, n’est envisagé que du côté des filles, d’où une avalanche de plans sur les seins et les fesses des jeunes (et excellentes) actrices débutantes du film, sans contrechamp sur les braguettes que l’on devine pourtant gonflées à bloc de leurs camarades masculins. Ce point de vue unisexe pose un tantinet souci et on espère que le second volet de Mektoub, my love, déjà mis en boîte, offrira une vision plus paritaire du monde merveilleux du sexe...

"Mektoub, my love : canto uno", de Abdellatif Kechiche, avec Shaïm Boumedine, Ophélie Bau, Lou Luttiau… Sortie le 21 mars 2018.

Olivier De Bruyn

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