"Matthias et Maxime", de Xavier Dolan :  crispant mais séduisant "Matthias et Maxime", de Xavier Dolan :  crispant mais séduisant

Cinéma

"Matthias et Maxime", de Xavier Dolan : crispant mais séduisant par Erick Grisel

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Publié le Mercredi 16 Octobre 2019

Après le ténébreux "Ma vie avec John F Donovan", Xavier Dolan change totalement de registre avec "Matthias et Maxime", une histoire de potes et d’amour impossible, dans laquelle ça tchatche tellement qu’on en a le tournis ! Mais comment échapper au sortilège du réalisateur québécois ?

 

Qu’est-ce qui empêche Matthias et Maxime de s’aimer ? Sûrement pas leur bande de copains, un peu potaches mais ouverts d’esprit. Et sans doute ni leurs mères ni leurs petites amies respectives, les premières ayant déjà fort à faire avec leurs propres problèmes, les secondes peu dupes du comportement versatile de leur mec. Non, ce qui les empêche de s’aimer, c’est leur passé : Matthias et Maxime se connaissent depuis l’enfance et leur belle amitié était conditionnée pour rouler sans aspérité jusqu’à ce baiser échangé lors du tournage d’un court métrage. Un baiser pour de faux qui va révéler de vrais sentiments. Et provoquer chez eux un séisme.

Comme d’hab, Dolan a le chic pour faire monter la tension, alternant moments d’humour et scènes psychologiquement violentes, telle celle où Maxime se confronte à sa mère névrosée (Anne Dorval bien allumée). Parfois, on a envie de lui dire "Bon allez, ça suffit !"  lorsqu’il nous sert une partie de Time’s Up particulièrement crispante ou étire au maximum une réunion de potes aux propos vains et stériles. Mais on a aussi parfois envie de lui dire "encore" : la seule scène d’amour physique entre Maxime et Matthias, avec accompagnement sonore digne d’un thriller, est magnifique de délivrance désespérée. Les quelques scènes où apparaît l’acteur Harris Dickinson (vu dans Maléfique) en jeune businessman suffisant et paniqué sont jubilatoires. Et puis il y a ces interludes sans paroles (ça fait du bien) : des bougies qui s’éteignent sous le souffle du vent, la silhouette de l’acteur Gabriel d’Almeida Fretas (formidable dans le rôle de Matthias) de plus en plus isolée par des travellings arrière, une nage éperdue dans un lac… Enfin il y a Xavier lui-même. Son statut de réalisateur culte avait un peu sapé notre envie de le voir en tant qu’acteur. Après un petit moment d’adaptation, on finit par ne voir que Maxime et son intrigante tache de vin sur le visage. Jeune homme étouffant de rage que le sourire d’un garçon initie fugitivement au bonheur lors d’un trajet en bus, ouvrant ainsi le champ des possibles…

Matthias et Maxime, de Xavier Dolan, sortie le 16 octobre

Erick Grisel

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