Cinéma

"Luna", un film plein de soleil par Erick Grisel

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Qui fait des misères au charmant Rod Paradot ? Mais c’est Luna, mauvaise herbe au milieu des courgettes, à qui on filerait bien deux claques mais qu’on finit par adorer quand même dans ce premier film réussi d’Elsa Diringer.

La réalisatrice Elsa Diringer a de la chance. On a bien failli lui en vouloir. Pendant les deux tiers de son film, on l’a même menacé intérieurement d’un papier boudeur si elle ne nous gratifiait pas d’un happy end. Il faut dire que son "unhappy beginning" laissait présager le pire. Amourachée d’un petit caïd de la région de Montpellier, la jeune Luna se joint à lui et sa bande, une nuit de beuverie, pour agresser et humilier sexuellement un graffeur solitaire.


Dégrisée, toute la bande tente d’oublier son méfait. Sauf que Luna, en stage chez un maraîcher plutôt compréhensif (Philippe Pierrot, toujours parfait), voit débarquer quelques jours plus tard dans l’équipe de journalier le jeune graffeur en question qui, heureusement pour elle, ne la reconnaît pas. Comment va-t-elle se débrouiller avec sa culpabilité ? Pour un premier film, Elsa Diringer fait très fort. En quelques plans – une escapade en mobylette suivie d’une arrivée à la plage – elle parvient à imposer son style, son histoire et surtout son héroïne, ado impulsive, du genre à gueuler en pleine rue à sa mère (excellente Juliette Arnaud qu’on est content de retrouver) « Je vais me faire avorter ! » sur le même ton qu’elle dirait « Je vais m’acheter une robe ». Là où le film surprend, c’est qu’il ne cherche pas à trouver des excuses à son héroïne, nous laissant nous dépêtrer avec les sentiments contradictoires qu’elle nous inspire. Bien sûr, on va finir par l’aimer, Luna, à mesure qu’elle-même découvre au contact du jeune graffeur (Rod Paradot, toujours aussi intense) ce qu’est l’empathie et la loyauté. Inondé du soleil du midi, Luna est tout autant un film romantique qu’une chronique sociale (sur les effets du désœuvrement chez les jeunes en province). Dans le rôle titre, Laëtitia Clément est époustouflante de naturel, dans la lignée d’une Sara Forestier. Rendons grâce à la directrice de casting Elsa Pharaon, au flair indéniable, de l’avoir déniché dans un lycée de Nîmes. C’est à elle que l’on doit aussi la découverte de Rod Paradot pour « La tête haute ». Si un jour une grande fille avec un casque de boucles blondes vous arrête dans la rue pour vous convoquer à une audition, surtout ne l’envoyez pas bouler. Elle pourrait changer votre destin.

Luna d’Elsa Diringer, sortie le 11 avril

Erick Grisel

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Mme M.

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