"L’intouchable Harvey Weinstein" : un doc à vous dégouter d’être actrice "L’intouchable Harvey Weinstein" : un doc à vous dégouter d’être actrice

Cinéma

"L’intouchable Harvey Weinstein" : un doc à vous dégoûter d’être actrice par Erick Grisel

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Publié le Lundi 12 Août 2019

Qui a dit que Hollywood et le monde du cinéma en général était progressiste, ouvert et en avance sur des milieux plus traditionnels ? Un documentaire édifiant sur l’affaire Weinstein démontre qu’au contraire, c’est un milieu aux codes archaïques, où prévalent les rapports de soumission et de domination.

Harvey Weinstein est un producteur doué. Est-ce que le talent et le savoir-faire peuvent excuser la tyrannie, l’arrogance et la malveillance ? Il faut croire que oui puisque pendant trois décennies Hollywood s’est accommodé des comportements déviants d’un nabab du cinéma que Meryl Streep elle-même avait surnommé "Dieu" lors d’une cérémonie de remise de prix. Avant Harvey, bien d’autres producteurs tels Louis B. Mayer, David O. Selznick ou Jack Warner avaient fait la pluie et le beau temps à Hollywood, façonnant ou détruisant la carrière des acteurs et des réalisateurs en quelques coups de fils. Mais de là à se conduire en prédateurs sexuels ? On ne le sait pas. Depuis deux enquêtes parus en 2017 dans le New Yorker et le New York Post, c’est donc au producteur de Kill Bill et de Shakespeare in Love que revient le déshonneur de représenter ce qui se fait de pire dans le milieu du cinéma.

Dès les premières images de L’intouchable Harvey Weinstein, on est sidéré par les méthodes employées par l’homme pour arriver à ses fins: intimidations, menaces, chantages, violences physiques... Tout est bon pour le cochon. Une par une, face à la caméra d’Ursula Macfarlane, des victimes du producteur racontent ce qu’elles ont subi. Impossible de douter une seconde de leurs propos. Elles ont beau être apprêtées, maquillées, leur voix vacille et plus que leurs mots, leur regard témoigne. Assistantes, actrices, secrétaires, elles ont gardé des séquelles des abus endurés. Et les mecs ne sont pas en reste. Certains racontent leur honte d’avoir laissé faire. Ou les coups de gueule du monstre à leur encontre.

Pourquoi Harvey Weinstein a pu sévir en toute impunité pendant trente ans ? Parce que par moment, comme tout pervers narcissique, il pouvait se montrer drôle et généreux. Parce tout projet qu’il montait se trouvait récompensé. Parce qu’il se montrait rusé, impitoyable, allant jusqu’à payer une agence pour ruiner la réputation de ses accusatrices. Il faisait peur. Et la démonstration est ici d’autant plus imparable qu’entre les témoignages, on entend et voit Harvey dans ses plus mauvais moments. Sa voix et son regard, lorsqu’il chasse des journalistes ou des paparazzis, font froid dans le dos. Il ressemble à un ogre parce qu’il se comporte en ogre.

Comment, après avoir entendu l’actrice Paz de la Huerta dire en guise de conclusion "Et cela continue, cela n’est pas fini", encourager une jeune femme à vouloir être actrice ? En dehors de Rosanna Arquette, aucune star n’a voulu témoigner dans le documentaire d’Ursula Macfarlane. On en déduit que l’omerta est toujours là. Mais en espère, à l’issue du procès de Harvey Weinstein qui aura lieu en septembre prochain, que les mentalités changeront et que la justice, malgré la horde d’avocats qui défendront le producteur et ne manqueront pas de salir ses accusatrices, que la justice sera enfin rendue.

L’intouchable Harvey Weinstein, d’Ursula Macfarlane, sortie le 14 août 2019.

Erick Grisel

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