"L'homme qui tua Don Quichotte", le film testament d'un vieux punk "L'homme qui tua Don Quichotte", le film testament d'un vieux punk

Cinéma

"L'homme qui tua Don Quichotte", le film testament d'un vieux punk par Olivier De Bruyn

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Publié le Mardi 22 Mai 2018

Après 20 ans de galères, Terry Gilliam dévoile enfin au festival de Cannes et dans les salles son film maudit : L’homme qui tua Don Quichotte. Est-ce que ça valait le coup d’attendre ? On vous dit (presque) tout.

S’il existait une palme du loser, Terry Gilliam la remporterait haut la main… Le cinéaste, aujourd’hui âgé de 77 piges, a connu toutes les misères du monde avec son projet de film sur Don Quichotte. Tournage plusieurs fois annulé pour cause de manque d’argent, de blessures d’acteurs (les regrettés Jean Rochefort et John Hurt ont dû renoncer), de démêlés virils avec les producteurs, on en passe… Deux décennies après avoir donné naissance au projet, Gilliam, qui n’a jamais abdiqué, est enfin parvenu à son but et le film, baptisé L’homme qui tua Don Quichotte, sort dans les salles samedi, parallèlement à sa présentation en clôture du festival de Cannes.

So What ? So, le film mérite le détour, même si ses défauts sont flagrants : trop long (2 h 20), trop de délires baroques, trop d’outrances visuelles … Mais tous ces « trop » ne masquent pas l’essentiel : Terry Gilliam, malgré les épreuves et son grand âge, reste un cinéaste punk, impoli et irrévérencieux, qui adore mettre en scène des farces explosives vantant la liberté de création et la toute puissance de l’imaginaire. L’homme qui tua Don Quichotte peut d’ailleurs être vu comme une sorte de testament anarchiste pour l’auteur de Brazil. Toby, le héros du film, est un cinéaste qui, pour gagner sa vie et satisfaire ses producteurs, tourne des publicités débiles. Autrefois, Toby avait de l’ambition et, jeune réalisateur fougueux, il tournait en Espagne un court métrage inspiré par le Don Quichotte de Cervantès. Pour incarner le rôle principal, Toby avait alors engagé un vieux cordonnier espagnol qui ne connaissait que pouic à l’univers du cinéma. Toby retrouve aujourd’hui son acteur d’antan et, surprise colossale, il s’aperçoit que ce dernier a pété les plombs et se prend désormais pour le vrai Don Quichotte avec son cheval, son armure et son épée. Le cordonnier dément oblige Toby à devenir son Sancho Panza et les deux hommes entament des aventures saugrenues.

L’utopie contre le conformisme, l’idéalisme contre les lois du marché : dans L’homme qui tua Don Quichotte, Terry Gilliam nous entraîne dans une histoire 300 % farfelue qui réduit en confettis les académismes. Bien aidé par ses deux acteurs principaux - les épatants Adam Driver et Jonathan Prize - le vétéran agité signe un film bancal, mais euphorisant. A 77 ans, l’âge de raison n’a pas encore sonné pour lui. Et c’est une excellente nouvelle.

L’homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam, avec Adam Driver, Jonathan Prize… En salles le 19 mai.

Olivier De Bruyn

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