Lettre ouverte à l'actrice Mélanie Thierry

Cinéma

Lettre ouverte à l’actrice Mélanie Thierry

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Dans le film La Douleur d’Emmanuel Finkiel, l’actrice Mélanie Thierry a tellement ému notre journaliste qu'il lui rend ici un vibrant hommage.

Chère Mélanie Thierry,

Vous avez décidément le chic pour nous émouvoir sans jamais pleurnicher. Le don de ne jamais souligner ce qui mérite d’être suggéré. Vous le prouvez aujourd’hui dans le plus beau film français du début d’année : La douleur, d’Emmanuel Finkiel, et on ne s’en remet pas.

Depuis vos débuts à la fin du siècle dernier, vous plébiscitez les paradoxes et on vous en remercie. Un jour, vous interprétez une fille délirante dans une comédie givrée du vétéran Terry Gilliam (Zero Theorem). Un autre, une taularde émouvante pour un jeune cinéaste français inconnu (Ombline, de Stéphane Cazes). Les deux fois, vous tirez le film vers le haut, comme toujours. Contrairement à certaines de vos consœurs, vous menez votre barque avec une discrétion (pas un mot de trop sur votre union avec le chanteur Raphaël) qui n’a d’égale que votre exigence. Epatante au théâtre - Baby Doll, Le vieux juif blonde -, vous enchaînez les prestations marquantes au cinéma, comme récemment dans Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel où vous parveniez à tirer votre épingle féminine du jeu dans un univers overdosé en testostérone puisque les héros du film étaient des rescapés de la guerre 14-18.

A 36 ans, vous incarnez votre plus beau rôle dans La douleur. Un rôle qui n’a pourtant rien d’évident : sur fond d’occupation allemande en 1944, vous êtes Marguerite Duras, engagée dans la résistance et qui attend désespérément des nouvelles de son mari déporté. Ne sachant plus à quel saint se vouer, votre héroïne patauge dans ses sombres pensées et consigne ses états d’âme dans ses cahiers de romancière débutante.

Chère Mélanie : La douleur est une pépite et vous n’y êtes pas pour rien. Si en adaptant le bouquin de Duras publié en 1985, votre cinéaste évite avec élégance l’académisme (merci à lui !),  le film ne serait pas ce qu’il est sans votre prestation sidérante. Dans la peau de la jeune Duras, vous parvenez, par la seule force d’un regard bouleversant ou d’un silence qui en dit plus long que les longs discours, à incarner la fragilité et l’audace de votre héroïne. Cette excellence est votre… excellente habitude. Et je suis prêt à parier ma chemise, voire toutes mes chemises, que les années à venir seront balisées par d’autres rôles tout aussi majeurs.

A très bientôt, forcément.

La douleur, de Emmanuel Finkiel, avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay…sortie le 23 février


Olivier de Bruyn

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Mme M.

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