Les zombies nous gonflent ! Les zombies nous gonflent !

Cinéma

Les zombies nous gonflent ! par Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

2 minutes

Publié le Vendredi 14 Juin 2019

Les morts-vivants sont partout sur les écrans de cinéma. La preuve : après l’Américain Jim Jarmusch avec The Dead Don’t Die, c’est au tour du Frenchy Bertrand Bonello de débarquer avec "Zombi Child". On grogne de plaisir ? On frissonne ? Pas vraiment.

La perspective de l’été vous donne de furieuses envies de légèreté, de soleil et de films émoustillants ? Pas de chance, les cinéastes semblent s’être mis d’accord pour envahir les écrans avec des films où les zombies se bousculent au portillon, histoire de dévorer de la chair fraiche, de nous foutre les jetons, voire de nous prendre la tête.

Il y a un mois tout juste, Jim Jarmusch était invité à ouvrir le Festival de Cannes avec The Dead Don’t Die, un film de zombies abracadabrantesque où les morts-vivants semaient un bordel monstre dans une petite ville américaine peuplée d’habitants débiles. Cette farce macabre et anecdotique, aussi vite vue et aussi vite oubliée, comptait néanmoins quelques mérites : ne jamais se prendre au sérieux et abriter dans sa royale distribution des acteurs indiscutables : Bill Murray, Chloé Sevigny, Adam Driver et même, clou du spectacle, Iggy Pop dans le rôle d’un zombie dément qui avait de toute évidence beaucoup inspiré le rocker inoxydable.

Rebelote cette semaine avec Zombi Child, de Bertrand Bonello, un cinéaste français aux ambitions arty et intellos qui, sans surprise, n’aborde pas le sujet zombie avec la légèreté déconnante de son confrère U.S. Dans son nouveau film, Bonello examine au contraire avec solennité les relations troubles entre des esclaves haïtiens des années 60 communiant sur l’autel du vaudou et des jeunes filles d’aujourd’hui qui, dans un établissement scolaire de luxe, arborent des costumes proprets, mais ont le cerveau rempli d’idées noires. Quel est le lien entre les Haïtiens d’hier et les Françaises d’aujourd’hui ? Il faut voir le film pour le comprendre. Ou pour faire semblant car, à vrai dire, nous, on n’a pas tout compris. Ce qui ne nous empêche pas de dormir.

Il faut bien le reconnaître: versant farce rigolote ou versant théorie cérébrale, ce retour en masse des morts-vivants avec son cortège de messes noires et de mystères ésotériques commence à lasser à force d’enchaîner les morceaux de bravoure morbides avec des zombies zigouillant tout sur leur passage et de multiplier les élucubrations vaguement métaphysiques sur le mode "les morts parlent aux vivants et vice versa". Un peu moins de morts-vivants dans le paysage pré estival n’aurait rien pour nous déplaire. Histoire de célébrer des vivants bien vivants…

Zombi Child, de Bertrand Bonello, avec Louise Labeque, Wislanda Louimat… Sortie le 12 juin.

Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires