"Les misérables" : en route pour les oscars ! "Les misérables" : en route pour les oscars !

Cinéma

"Les misérables" : en route pour les Oscars ! par Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

2 minutes

Publié le Mercredi 20 Novembre 2019

Le réalisateur Ladj Ly met en scène sans complaisance une cité de Montfermeil ravagée par la misère et la violence. Ce film représentera la France aux Oscars et ce n’est que justice.

Ladj Ly sait de quoi il parle. Né à Montfermeil où il vit toujours aujourd’hui, il y bosse depuis ses 20 ans et y réalise des documentaires et des courts-métrages qui témoignent de la réalité rude des banlieues. Dans Les misérables, un titre choisi en référence au monument de Victor Hugo (dont une partie de l’action se situait à Montfermeil), Ladj Ly, 39 ans, continue de filmer un territoire qu’il connaît comme sa poche. Un territoire et, bien sûr, ses habitants. Parmi eux : Stéphane un flic qui vient d’intégrer la Brigade anti-criminalité de Montfermeil. En compagnie de ses nouveaux collègues, Stéphane découvre ce qui se trame dans cette banlieue du 93 qui ressemble à beaucoup d’autres : trafics en tout genre, misère généralisée, influence délétère des religieux barbus, on en passe. Bientôt, une bavure policière met le feu aux poudres. Et les gamins de la cité ne sont pas les derniers à souffler sur les braises.

Depuis La Haine, de Mathieu Kassovitz en 1995, le cinéma français aime mettre en scène les banlieues sous tous les angles. La plupart du temps avec une complaisance pour la violence et un amoncellement de clichés qui désespèrent le regard. Avec Les misérables, prix du jury en mai dernier à Cannes et futur représentant de la France à la cérémonie des Oscars, Ladj Ly dynamite les poncifs (aucun rappeur à capuche à l’horizon), refuse les oppositions binaires (le cinéaste revendique que son film ne soit "ni pro flic ni pro caillera") et mitonne une fiction en forme d’uppercut qui en dit plus long sur la réalité de la France d’aujourd’hui que tous les longs discours politico-sociologiques entendus ici et là.

Entre polar urbain et portrait à vif des quartiers déshérités, Les misérables, avec sa dramaturgie efficace, sa lucidité à toute épreuve et même, par instants, son humour, s’impose comme l’un des meilleurs films français consacrés à la banlieue. Ladj Ly a dit qu’il aimerait qu’Emmanuel Macron voie son film. Son vœu a été exaucé. Selon Le journal du dimanche, le chef de l’état aurait ensuite demandé à ce que son gouvernement cherche des solutions d’urgence pour les banlieues. Tiens donc…  

Les misérables, de Ladj Ly, avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Steve Tientcheu… Sortie le 20 novembre.

Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires