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Cinéma

Confinement : ces films ringards qu'on aime revoir par Erick Grisel

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Publié le Jeudi 2 Avril 2020

Les critiques à belle plume ont beau nous dire que ce sont de mauvais films, des navets, des nanars, on s’en fiche. On prend un plaisir à peine coupable à les voir encore et encore. À la rédaction de Glamour, chacun a son film "honteux". C’est le moment des aveux….

"Nos pires voisins" de Nicholas Stoller (2016) par Céline Puertas, rédactrice en chef magazine  
"Quand j’ai vu qu’il y avait Zac Efron dans ce film (photo d'ouverture) je me suis dit "Oh my god". Mais il est parfait dans le rôle de l’étudiant bas du front, bodybuildé et fêtard qui emménage avec ses potes à côté d’un couple bourgeois dont le mari est joué par Seth Rogen.  N’importe quel film avec Seth Rogen me met en joie. Et même s’il commet un gag aussi ridicule que de se prendre les pieds dans le tapis, eh bien je me bidonne comme une gamine. Dans Nos pire voisins, il joue un mec qui se croit cool mais qui, le jour où lui et sa femme ont un bébé, prend en grippe la bande d’étudiants échappés d’un campus à côté de chez eux. J’ai beaucoup fantasmé, plus jeune, sur les campus américains. J’aurai voulu être une pom-pom girl, celle qui sort avec le beau gosse champion de baseball. Au lieu de ça, j’étais dans une fac où il n’y avait que des punks à chiens. Je viens d’apprendre qu’il y allait y avoir un "Nos pires voisins 2". J’ai hâte !  

 

"L’aile ou la cuisse" de Claude Zidi (1976) par Anne Pauly, journaliste
Il y a plusieurs choses démentes dans ce film. D’abord le générique qui se déroule à un rythme effréné, avec la musique de Vladimir Cosma où tous les instruments sont représentés. Au plus profond de ta grande tristesse, ta vie est transformée si tu écoutes ça. Et puis il y a Louis de Funès, en critique gastronomique, qui forme avec Coluche, qui joue son fils, un binôme invraisemblable. La scène où de Funès se retrouve chez le chef à qui il a enlevé une étoile, et qu’il bouffe des trucs, des trucs, jusqu’à en avoir des boutons, avec la carabine du type sous le nez, je ris toujours autant en la regardant. C’est un film comique français typique des années 1970. Ça te fait marrer quand t’es gamin, tu détestes ça quand t’es ado, et tu adores ça à nouveau quand tu prends de l’âge. C’est marrant, mais quand je vois les mimiques de Nicolas Sarkozy, je me dis qu’il s’est vraiment inspiré de Louis de Funès.

 

"Cobra" de George P. Cosmatos (1986) par François Gaye-Hamard, iconographe
Dans ce film, Sylvester Stallone joue un justicier à qui la police fait appel pour faire régner la loi. Et il en profite pour tout zigouiller sur son passage. Tout en ne quittant pas ses Ray-Ban miroir et en mâchonnant un cure-dent. C’est du sous-Terminator, c’est du "sous tout" en fait. Et le discours réac que diffuse le film est tellement poussé à l’extrême que ça en devient hyper drôle. Vue de nos jours, la virilité de Stallone est tout à fait risible. C’est le mâle alpha dans toute son horreur. En même temps, je le trouve tout à fait sexy avec ses jeans moulants et son air impassible. Quant à l’histoire, elle est tellement nulle qu’on se demande si le réalisateur n’est pas parti en cours de tournage pour laisser les acteurs se débrouiller – mal - tout seuls. C’est vraiment le film des années Reagan. Je ne m’en lasse pas.

 

"Les sous-doués passent le bac " de Claude Zidi (1980) par Anthony De Pasquale, journaliste
Je n’ai pas besoin d’analyser bien loin pour savoir pourquoi j’aime ce film. J’étais dans un lycée de province où il avait plein de cancres. Et je l’étais moi-même. Donc je me projette tout à fait dans le personnage de Bébel, joué par Daniel Auteuil, qui en fait de belles. Et on en fait des trucs pas intelligents quand on a 16 ans ! Une scène du film me fait particulièrement rire, c’est quand l’un des mecs se fait voler sa mobylette et qu’il la rachète sans le savoir à un de ses potes qui l’a repeinte dans une autre couleur ! Et puis dans ce film, il y des pointures : Maria Pacôme, Galabru… 

 

"Boom" de Joseph Losey, (1968) par Erick Grisel, journaliste
Ce film a été unanimement considéré comme un navet à sa sortie. Et je comprends un peu pourquoi. Le jeu des comédiens est outré. Elizabeth Taylor est trop jeune pour ce rôle de vieille milliardaire malade qui vit recluse dans une île avec du personnel qu’elle tyrannise et un nain cruel qui la protège des étrangers. Et Richard Burton est trop vieux pour le rôle de la mort qui vient la visiter pour lui soutirer ses dernières paroles et tous ses bijoux. Mais j’adore ce film. Les tenues de Taylor sont délirantes, la scène ou elle échange des "Yahou !" avec Noël Coward qui arrive jusqu’à sa terrasse dans un ascenseur en forme de gondole est un monument du kitsch. Celle où elle est prise d’une quinte de toux interminable peut sembler épouvantable en cette période de Covid19. Et il y a une dimension philosophique dans ce Boom qui serre le cœur. Jusqu’à son dernier souffle, la diva veut goûter à l’amour, et qu’importe si c’est la mort qui lui donne son dernier baiser. Elle reste aussi méchante jusqu’à ces derniers instants. Et ça, c’est assez jouissif. Enfin, il y a musique lancinante du musicien John Barry, le premier mari de Jane Birkin.

 

"Xanadu " de Robert Greenwald, (1980) par Nora Bordjah, rédactrice en chef mode
Ce film, c’est bien "tacky" comme j’aime. Déjà parce que la B.O. est géniale. Les chansons sont du groupe Electric Light Orchestra, principal rival des Bee Gees à l’époque. Je les assume plus que l'histoire d'amour en elle-même, entre Sonny Malone, joué par Michael Beck (dont on a perdu la trace depuis) et Olivia Newton John que Grease avait déjà rendu célèbre. Les filles sont super bien sapées. Ce pourrait être du Saint-Laurent d’aujourd’hui. Les mecs ont sans doute le même coiffeur qui a sévit sur tout le plateau. Le film ressemble à une pub pour un shampooing. Tout le monde est parfaitement brushé. Ça n’apporte rien intellectuellement. L’exercice de style graphique est au-delà du psychédélique. Mais on peut tout à fait reproduire les numéros dansants chez soi en temps de confinement. 

 

"Allô maman, ici bébé" de d'Amy Heckerling (1989) par Sarata Dramé, responsable réseaux sociaux
Ce film, c’est l’histoire d’un bébé qui parle et pense comme un adulte dès qu’il sort du ventre de sa mère. C’est absolument insensé. Les effets spéciaux sont basiques et nuls. Le bébé est mal doublé. Mais John Travolta, son baby sitter dans le film, pourrait jouer n’importe quoi, je l’aime bien. Il y a une scène où, avec le bébé sur les genoux, il voit une femme aux gros seins entrer dans la pièce et il dit "Pas mal hein ? " et le bébé hoche la tête d’un air de fin connaisseur. C’est débile mais j’adore !

 

"Sissy Impératrice" de Ernst Marischka (1956), par Tess Annest, journaliste
Ce film, il faut le voir en français, car les doublages sont vraiment horribles. Chaque Noël, on s’installe devant avec mes cousins et on rigole. Rien ne va dans "Sissy", mais tout est super. L’histoire d’amour cheesy, les valses de Viennes bien pompeuses, les costumes avec des froufrous. Cela me renvoie à mes rêves de princesse quand j’étais gamine. Mais après tout, que l’on ait 8 ans, 15 ou 25 ans, on rêve toujours un peu d’être une princesse, non ? 

"Princess Bride", de Rob Reiner (1988), par Marine Decremps, journaliste beauté
Il faut bien que je l'admette : ce film est un conte pour enfants au sujet duquel j'agis fourbement : quand les petits enfants de mes amis sont à la maison, je leur dis : "Vous ne voulez pas voir Princess Bride ? Ça va vous plaire, vous allez voir !" En fait, c'est moi qui veux le voir pour la énième fois ! J'adore les décors en carton pâte de ce film. C'est tout juste si les rochers ne rebondissent pas quand ils tombent sur le sol. Quand j'étais petite, j'essayais de reproduire les décors en miniature chez moi et je rêvais de rencontrer plus tard un prince charmant blond avec une moustache comme dans le film. Mon prince charmant aujourd'hui ? Il est roux avec une barbe.

Erick Grisel

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