"Les éblouis" : un film qui nous touche en plein cœur "Les éblouis" : un film qui nous touche en plein cœur

Cinéma

"Les éblouis" : un film qui nous touche en plein cœur par Olivier De Bruyn

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Publié le Vendredi 22 Novembre 2019

Dans son premier film en tant que réalisatrice, l'actrice Sarah Suco met en scène une ado qui résiste à l’embrigadement d’une secte. A découvrir de toute urgence.

On avait repéré son charme et son énergie d’actrice dans quelques films stimulants comme Place publique, d’Agnès Jaoui ou Les invisibles, de Louis-Julien Petit. Mais on ignorait tout de son histoire personnelle et de son talent de cinéaste. On découvre aujourd’hui simultanément les deux puisque dans Les éblouis, son premier film en tant que cinéaste, Sarah Suco évoque une expérience qu’elle a malheureusement vécue "pour de vrai" : son embrigadement pendant dix ans dans une secte.

Dans cette fiction bouleversante, la réalisatrice, aujourd’hui âgée de 35 ans, met en scène les Lourmel, une famille a priori normale et équilibrée. A priori, seulement… Bientôt, Christine et Frédéric Lourmel, les parents, sont séduits par une communauté chrétienne qui prétend ne jurer que par l’épanouissement, le partage, le bonheur. La famille s’installe avec ses enfants dans une vaste demeure appartenant aux fanatiques et, progressivement, coupe les ponts avec le monde extérieur et n’obéit plus qu’aux diktats du mentor de la secte, baptisé "le berger". Dans ce contexte sournoisement liberticide, seule la famille aînée des Lourmel, Camille, 12 ans, tente de résister à l’emprise et d’échapper au pire.

On oublie les autofictions geignardes et les surenchères misérabilistes. Dans Les éblouis, Sarah Suco a beau évoquer des souvenirs intimes, elle s’efforce, au cœur de chaque scène, de prendre de la distance et de filmer avec pudeur l’aveuglement des "embrigadés" et la résistance de Camille, cette jeune ado qui, pour espérer vivre libre, n’a d’autre choix que de lutter contre ses parents tant aimés.

Non contente de signer avec Les éblouis l’un des plus beaux films de la fin d’année, Sarah Suco, en prime, révèle une jeune actrice sidérante : Céleste Brunnquell, exceptionnelle dans le rôle si complexe de Camille. Aux côtés de Camille Cottin (la mère), Eric Caravaca (le père) et Jean-Pierre Darroussin (le berger), la comédienne néophyte n’est pas pour rien dans la réussite exemplaire de ce film émouvant qui ne s’oublie pas de sitôt après avoir été découvert.
Les éblouis, de Sarah Suco, avec Camille Cottin, Jean-Pierre Darroussin, Céleste Brunnquell… Sortie le 20 novembre.

Olivier De Bruyn

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