"La vie invisible d’Euridice Gusmao" : un mélo tropical qui célèbre les femmes "La vie invisible d’Euridice Gusmao": un mélo tropical qui célèbre les femmes

Cinéma

"La vie invisible d’Euridice Gusmao" : un mélo tropical qui célèbre les femmes par Erick Grisel

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Publié le Jeudi 12 Décembre 2019

Terre de liberté et de sexualité libre que le Brésil ? En situant son film dans le Rio de Janeiro des années 50, le réalisateur Karim Aïnouz nous apprend que les femmes n’y étaient pas à la fête. Mais aux hommes qui tentent de les soumettre, ses deux héroïnes tiennent tête. Sortez vos mouchoirs !

Séparées dans leur jeunesse par un père obtus et conservateur, deux sœurs tentent de se retrouver malgré les obstacles rencontrés. Y parviendront-elles ? Pour qu’on espère à ce point leurs retrouvailles, il fallait d’abord qu’on y croit, aux liens forts qui unissent Euridice et Guida. Et c’est le premier exploit du réalisateur. En seulement quelques scènes, dans une ville, Rio de Janeiro, aussi luxuriante qu’étouffante, Karim Aïnous rend crédible une sororité gonflée, sensuelle, riante.  Mais aux désirs d’autonomie de ces sœurs si proches, si audacieuses, la société brésilienne de l’époque, imbibée de conservatisme, tente de mettre un frein par tous les moyens. Dans ce film saturé de couleurs, il n’y a pas que le père qui punit l’une de ses deux filles, enceinte d’un amour de passage, en la chassant de la maison familiale, mais aussi la loi qui empêche la jeune femme de partir avec son enfant pour retrouver sa sœur en Europe si elle n’a pas l’autorisation du père.

Il y a beaucoup de larmes dans cette "vie invisible", des injustices et des cris de révolte ( ah, on est bien content quand le père ploie sous les insultes de l’une de ses filles qui a découvert ses manigances). Tous les ingrédients d’un mélo sont là, avec ses excès et ses coups du sort. Mais Karim Aïnouz va encore plus loin, en pimentant la recette bien connue de la télénovela avec des scènes de sexe étonnantes et, en filigrane, une analyse politique pertinente. Si Euridice parvient à s’en sortir dans une ville qui ne veut plus d’elle, c’est grâce à sa rencontre avec une brésilienne noire. Et ce détail n’en est pas un : on comprend que le pays, à l’époque, était divisé par castes selon la couleur de peau de chacun. Dans un pays gouverné depuis peu par Jair Bolsoraro, on craint que les travers de l'époque dénoncés par Karim Aïnouz dans ce beau film ( un peu trop long, tout de même)  ne reviennent au galop.
En salles

Erick Grisel

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