‘La Grande Classe’ : le film contient tous les ingrédients prisés par Netflix et c'est pas top ‘La Grande Classe’ : le film contient tous les ingrédients prisés par Netflix et c'est pas top

Cinéma

‘La Grande Classe’ : le film contient tous les ingrédients prisés par Netflix et c'est pas top par Anne Lods

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Publié le Lundi 2 Septembre 2019

On a vu la toute nouvelle production 100% française de Netflix, sortie le 30 août dernier avec Jérôme Niel et Ludovik à l’affiche. Et autant dire que ce n’est pas terrible-terrible. On vous explique pourquoi. Attention, cet article contient des spoilers.

Dans La Grande Classe, sorti le 30 août dernier sur Netflix, Jérôme Niel et Ludovik interprètent deux amis d’enfance. Ils vivent tous deux à Paris et ont monté une start-up qui fonctionne plutôt bien. Unis comme les doigts de la main depuis le collège, ils s’y sont fait harcelés par plusieurs élèves. Jonathan Pinot (joué par Jérôme Niel) parce qu’il était gros, PYC (interprété par Ludovik) parce qu’il s’habillait mal et qu’on aimait le ridiculiser. De retour d’une soirée bien arrosée, PYC croise un ancien camarade qui l’informe qu’une soirée des anciens du collège est organisée le week-end suivant. Assoiffé de vengeance, il cherche alors à convaincre Jonathan d’y aller. Ce dernier, motivé à l’idée de retrouver la femme dont il était amoureux lorsqu’il était adolescent, accepte d’y aller. Sans surprise, les deux amis vivent une soirée horrible...

Pourtant, il nous fallait rien de plus que Jérôme Niel et Ludovik dans un film pour attiser notre curiosité. Tous deux repérés par le Studio Bagel puis propulsés parmi les humoristes préférés de la jeune génération notamment grâce à YouTube, ces deux comédiens à l’humour bien trempé réunis dans un film de la maison Netflix était à priori une bonne idée. Mais c’était sans compter un scénario problématique cuisiné, justement, à la sauce Netflix. Harcèlement scolaire, sexisme, questions autour de la transidentité… Choisissez une discrimination ou un cliché, c’est certain que vous le trouverez dans ce long-métrage. Attention, cet article contient des spoilers.

#1 A bat les clichés sur la province et Paris
La force du personnage de Ludovik - qui joue par ailleurs très bien - c’est sa détermination. Guidé par son envie de se venger, il voit dans sa réussite professionnelle et son installation à Paris, un moyen d’écraser les anciens qui l’ont harcelé. Convaincu qu’ils sont des ratés car ils vivent en province et sont garagistes, il réalise, désespéré, qu’ils sont heureux comme ça. 
Et c’est un problème. Rien n'aurait changé au scénario si les harceleurs étaient également devenus chefs d’entreprise sur Paris. De la même manière que PYC et Jonathan auraient pu rester en banlieue et réussir de la même manière. On ne saisit pas très bien ce cliché de la province qui représenterait une régression pour les deux acteurs principaux et pour tous ceux qui y sont restés, et qui sont clairement ancrés dans des rôles de simplets. 
Enfin, et surtout, l’action se passe à Brétigny-sur-Orge, soit sur le RER C dans le 91. On est donc en banlieue plus qu’en province. Bref, on ne saisit pas très bien.

#2 A bat les clichés sur les "geek"
Cela faisait visiblement partie des clichés à ajouter à la liste. Représenter une ancienne victime de harcèlement en développeur d’application bedonnant, chauve et barbu, loin des standards de mode et passionné par l’univers de jeu vidéo qu’il a créé et un autre aux cheveux gras, qui roule des pelles à l’ancienne professeure de sport sale et peu séduisante. A-t-on besoin de ces caricatures d’un autre temps pour rire ? On a déjà la réponse. Ah, et évidemment qu’ils faisaient tous deux partie du club d’échec, tout comme nos acteurs principaux qui, quant à eux, sont devenus "séduisants" avec l’âge… Et grâce à la réussite professionnelle. Oui, oui.


© Netflix

#3 Une représentation de la femme catastrophique
Si PYC passe sa soirée à chercher à se venger, Jonathan quant à lui, la passe à jouer le rôle de quelqu’un d’autre. Ayant perdu beaucoup de poids, le personnage de Jérôme Niel - qui joue également très bien - est confondu avec un autre Jonathan, le chef de clan des harceleurs. Ce dernier a disparu depuis 20 ans et n’a jamais donné de nouvelles à ses anciens amis. Jonathan Pinot n’ose pas dire qu’il ne s’agit pas de lui et reste donc en compagnie de ses anciens bourreaux pendant toute la soirée, endossant ainsi le rôle de son pire ennemi. 

Et si la situation profite à Jonathan c’est surtout parce qu’il se retrouve (enfin) en compagnie de la fille qu’il aimait au collège et qui sortait avec son double maléfique. Un scénario digne d’une pièce de boulevard et qui ne fait que mettre en avant la très mauvaise image des femmes dans ce film. Car la bien-aimée s’avère en fait être obsédée par son ancien petit-copain, prête à insulter son mari et à le quitter par téléphone en pleine soirée. L’organisatrice de l’évènement, aujourd’hui principale du collège et ancienne élève de la classe, en prend également pour son grade puisqu’elle est représentée comme une femme ringarde, ennuyeuse mais aussi pyromane. Enfin, trois autres femmes complètent le casting : les soeurs asiatiques. Celles-ci ne sont là que pour alimenter le fantasme, d’abord, du personnage de PYC et plus largement le fétichisme autour des femmes asiatiques. Très gênant. 

#4 Les questions autour de la transidentité 
C’est le twist final du film. Certains Twittos l’auraient vu venir mais nous, on l’avoue, nous n’avions rien deviné et avons même eu du mal à le croire. Le personnage de Jérôme Niel croise régulièrement une femme pendant la soirée. On comprend d’ailleurs très vite qu’elle va avoir une importance dans sa vie, et on se questionne sur son identité, qu’elle ne dévoile jamais. Jonathan dit ne pas se souvenir d’elle, ce à quoi elle répond qu’elle a beaucoup changé. Bref, à la fin, alors que Jonathan l’embrasse, l’on découvre qu’il s’agit d’un personnage important depuis le début, mais que l'on retrouve après sa transition. Un rôle que l’on aurait préféré être joué idéalement par une femme trans. La goutte d’eau. 

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