"La fille au bracelet ": ce film est un bijou "La fille au bracelet ": ce film est un bijou

Cinéma

"La fille au bracelet ": ce film est un bijou par Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

2 minutes

Publié le Jeudi 13 Février 2020

En procureure sans pitié face à une jeune accusée, Anaïs Demoustier est parfaite dans le nouveau film de son frère Stéphane. Une réussite décapante qui confirme que le talent, parfois, est une affaire de famille.

Un frère et une sœur au générique du même film et une affaire criminelle sinistre en guise d’argument pour le scénario… Sur le papier, La fille au bracelet faisait peur dans le double registre miné de l’attrape-nigaud people et du chantage aux grands sentiments. Tout faux : cette fiction intense signée Stéphane Demoustier, auteur en 2014 du stimulant Terre battue, s’impose comme l’une des plus belles surprises du moment sur nos écrans.

Dans ce film ambigu et perturbant, le cinéaste met en scène Lise, une fille de 19 ans qui est accusée du meurtre de sa meilleure amie et vit depuis de longs mois avec un bracelet électronique à la cheville. Quand son procès débute, la jeune héroïne, mutique et opaque, peine à se défendre, au grand désespoir de ses parents qui ne veulent évidemment pas croire en sa culpabilité. Lise a-t-elle tué ? Ou pas ? Personne n’en sait rien et le film, excellente idée, a le bon goût de maintenir l’indécision plutôt que d’apporter de réconfortantes réponses.

On oublie les clichés qui accompagnent si souvent les fictions judiciaires, avec leurs cortèges de retournements de situations prévisibles, de révélations édifiantes et de cabotinages du côté des acteurs… Dans La fille au bracelet, Stéphane Demoustier - merci à lui ! - écrabouille les poncifs et nous entraîne à la fois dans le mécanisme implacable d’un procès et dans le mystère d’un crime.

Pour incarner cette histoire trouble, le cinéaste a choisi des acteurs à la hauteur de ses ambitions. Dans la peau de Lise, la jeune Melissa Guers impressionne avec son regard buté. Dans celles des parents déprimés qui ne comprennent rien au comportement de leur progéniture, Chiara Mastroianni et Roschdy Zem touchent sans jamais en rajouter. Mais le clou du spectacle est niché ailleurs, en l’occurrence du côté de la procureure qui charge en permanence l’accusée et cherche à envoyer Lise pour de longues années en prison. Dans le rôle de cette femme de loi raide comme la justice, Anaïs Demoustier, la sœur du cinéaste, sidère et prouve que les partitions antipathiques conviennent aussi bien à son talent que toutes les autres. Deux Demoustier pour le prix d’un ? On achète.

La fille au bracelet, de Stéphane Demoustier, avec Melissa Guers, Anaïs Demoustier, Roschdy Zem… Sortie le 12 février.

Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires