"La bonne réputation" : un film qui vous file une claque ! "La bonne réputation" : un film qui vous file une claque !

Cinéma

"La bonne réputation" : un film qui vous file une claque ! par Erick Grisel

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Publié le Mardi 15 Octobre 2019

On a de l’argent, des avantages, des relations, et puis tout à coup, vlan, tout se gâte, plus un kopeck ! Qu’est-ce qui se passe ensuite ? Rien de bon, si comme Sofia dans "La bonne réputation", on n’a pas construit des relations sincères en période prospère. Un film plus percutant qu’une leçon de morale.

Lunettes fumées, brushing impeccable, fringues de marques… Malgré son beau physique et son allure chic, Sofia n’est pas vraiment sympathique. Mère indifférente à ses enfants, plus intéressée par les cadeaux de son mari que par ses marques d’affection. Peu attentive à ses amies qu’elle choisit en fonction de leur position sociale. Un peu bête, Sofia ? Oui mais la merveilleuse actrice Ilse Salas lui prête son regard intelligent. Et la réalisatrice Alexandra Marquez Abella ne se prive pas de filmer en gros plan son visage qui se voile de détresse lorsqu’elle pressent ce qui l’attend. Ouf ! La réalisatrice nous épargne tout de même les étapes qui mènent de la richesse à la pauvreté (processus maintes fois traité au cinéma), pour s’attarder sur les prémices, les changements imperceptibles qui s’opèrent dans la vie d’une femme qui n’a plus la baraka.

La bonne réputation pourrait être le suite, dix ans plus tard  du film oscarisé Roma d’Alfonso Cuaron qui se déroule à Mexico dans les années 1970, avec ce gouffre entre la classe dirigeante et les gens de service.  Sauf que l’héroïne de Roma protège ses enfants comme une louve. Sofia, elle, ne pense qu’à sa réputation dont elle ne supporte pas le délitement. Dans son déclassement social, Sofia saura-t-elle trouvé un peu d’humanité ? On se risque à espérer que oui lorsqu’une de ses relations, qu’elle trouve vulgaire mais qui monte en grade dans le bottin mondain, lui demande de baisser le masque : "Pourquoi es-tu si orgueilleuse, Sofia ?"

Bien sûr, chacun, à son niveau, peut se projeter dans le comportement de Sofia. On a des amis, on sort, on bénéficie parfois de petits avantages liés à sa condition sociale, sa nationalité ou simplement sa jeunesse, mais si une véritable tuile nous arrivait, serait-on assez solide psychologiquement pour affronter la précarité, la pauvreté ? Le plus grand danger, nous dit le film, c’est que, pour se préserver, on se mettre à hurler avec les loups sur d'autres plus mal en point que nous...

La bonne réputation, d’Alexandra Marquez Abella, sortie le 16 octobre

Erick Grisel

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