"La bonne épouse" : ça pédale dans le vide ! "La bonne épouse" : ça pédale dans le vide !

Cinéma

"La bonne épouse" : ça pédale dans le vide ! par Erick Grisel

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Publié le Vendredi 13 Mars 2020

En terme d’entrées, le film de Martin Provost s’offre l’un des meilleurs démarrages de l’année. On est d’autant plus consterné. Car si tous les ingrédients de la comédie sont là, la sauce ne prend pas.

Une comédie où tous les acteurs se donnent un mal de chien pour insuffler du rythme aux dialogues alors que la réalisation pèse trois tonnes, cela fait toujours un peu de peine. Et l’on devrait commencer à se méfier de voir les noms de Noémie Lvovsky et Yolande Moreau apparaître au générique d’un film. Actrices tout-terrain et personnalités sympathiques, elles semblent de plus en plus utilisées comme pompiers de service pour sauver un personnage du néant. Metteur en scène sensible qui nous avait pourtant séduit avec des films tels que "Séraphine" et "Violette", Martin Provost, pousse ici son actrice fétiche à la facilité : dans le rôle d’une professeure de cuisine, belle-sœur d’une directrice d’école (Binoche) pour apprentis ménagères, Yolande Moreau abuse de regards égarés et de déhanchements maladroits. Mais si ce n’était que ça. Tenant pourtant dans ses mains un sujet en or – ces écoles ont vraiment existé dans les années 1960 - Martin Provost le gâche constamment en appuyant sur les effets et en faisant s’éterniser des scènes anecdotiques comme celle ou quatre élèves dansent sur une chanson de Joe Dassin. On n’y croit pas à cette école ni à ces élèves censées apprendre les bonnes manières. Plus embêtant encore, cette histoire d’émancipation féminine semble arriver un peu trop à point nommé en pleine ère #MeToo. Film féministe que cette "bonne épouse" ? On dirait plutôt "opportuniste". Et si artificiel que même la voiture DS et le tourne-disque, symboles des années 1960, semblent sortir direct du garage à accessoires. Comme dans Ma Loute de Bruno Dumont, Juliette Binoche tente bien de nous amuser en prenant une voix "pointue" et en brassant beaucoup d’air. Mais en vain.
En salles

Erick Grisel

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