"Judy" : le biopic qui tombe à pic (pour Renée Zellweger) "Judy" : le biopic qui tombe à pic (pour Renée Zellweger)

Cinéma

"Judy" : le biopic qui tombe à pic (pour Renée Zellweger) par Erick Grisel

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Publié le Mardi 25 Février 2020

Encore un biopic sur la déchéance d’une star ? Oui, mais "Judy" bénéficie de deux atouts majeurs. Un scénario au cordeau qui résume parfaitement la vie et le talent de Judy Garland. Et la prestation géniale de l’actrice Renée Zellweger.

"Avez-vous pris des médicaments pour votre dépression ?" À un médecin qui lui pose cette question, Judy Garland répond "Quatre maris et ça n’a pas marché !". Voilà un aspect du caractère de la star qui n’a pas échappé au metteur en scène Rupert Goold : son humour désespéré. Élevée à la dure dans le sérail hollywoodien, sous le joug du grand manitou Louis B. Mayer, l’actrice se retrouve très jeune accro aux médocs afin de résister à un rythme de travail effréné. Et devient une star paumée qui, en fin de carrière, donne du fil à retordre à tous ceux qui veulent bien l’embaucher.

C’est en 1968, soit un an avant sa mort, que se situe l’action du film. À 46 ans, Judy, endettée, est obligée d’abandonner ses enfants en Californie pour honorer un ultime contrat à Londres. Au grand dam de ceux qui l’admirent, Judy picole, fait des caprices, se pointe en retard sur scène. Sans parvenir vraiment à se faire détester. Et c’est la grande idée des producteurs de Judy :  avoir engagé pour interpréter ce rôle casse-gueule une actrice qui suscite immédiatement la sympathie. Malgré ses moues à la Bridget Jones, Renée Zellweger (justement récompensée d’un Golden Globe et d’un Bafta) est une Judy Garland ultra crédible, adoptant les coups de mentons fébriles et les petits déhanchés crispés, d’un pied sur l’autre, de la star de l’âge d’or.. Et ses playbacks - écueil majeur de ce genre de films – atteignent ici la perfection. Certains reprocheront sûrement à Rupert Goold de titiller nos glandes lacrymales à point nommé (en particulier lors d’une scène monumentale où Judy entonne le fameux Over The Rainbow.)  Et de suivre la facture classique du biopic avec flashbacks, numéros chantés, alternance de scènes de crises et de moments d’accalmie. Mais Judy s’autorise aussi de savoureuses embardées (dont un bel hommage au public LGBTQ de Judy). Enfin, preuve que le film est une réussite : sitôt le mot fin apparu sur l’écran, on s’est précipité direct sur internet pour regarder sur Youtube Judy Garland chanter en live ses plus belles chansons (dont le fameux Myself). Et c’est un fait : cette fille-là, elle était terrible.

"Judy", de Rupert Goold, sortie le 26 février.

Erick Grisel

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