"Joker" : Joaquin Phoenix génial en clown toxique

Cinéma

"Joker" : Joaquin Phoenix génial en clown toxique par Olivier De Bruyn

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Publié le Mardi 8 Octobre 2019

Todd Phillips met en scène le clown flippant, le "Joker", de l’univers DC Comics et signe un grand film qui sidère par sa noirceur et son incorrection. L’occasion pour Joaquin Phoenix d’incarner l’un de ses meilleurs rôles. Pas de quoi rire, mais assurément de quoi s’enthousiasmer.

Gotham City, dans les années 80, alors que la crise économique et la corruption politique sévissent à tous les étages de la société. Arthur Fleck, un clown qui bosse dans les rues pour quelques dollars et ne suscite qu’indifférence et mépris, rêve de devenir une star du stand-up et fantasme en contemplant les émissions télévisées populaires. Problème : Arthur, qui vit en solitaire avec sa vieille maman siphonnée, souffre de schizophrénie et, entre autres symptômes, ne peut s’empêcher d’éclater de rire face aux situations les plus stressantes. Bientôt, Arthur va trouver l’occasion de rigoler plus encore que d’ordinaire. L’occasion, aussi, de nous faire très peur dans nos fauteuils de spectateurs...

Alors qu’il est habitué à subir les moqueries et la violence de ses contemporains, Fleck, une nuit où il déambule dans le métro dans sa tenue de clown, se rebelle et zigouille trois types fortunés qui lui cherchaient des noises. A sa grande surprise, ce crime lui vaut de devenir illico une célébrité, ultra populaire chez tous les losers de Gotham City qui se félicitent de voir l’un des leurs se révolter contre les nantis.

Derrière la masque du clown : la folie meurtrière. Derrière les rires en cascades : l’angoisse et la déliquescence… Dans Joker, Todd Phillips, avec une incroyable habileté, dynamite tous les codes du blockbuster et invite à une descente aux enfers dans les bas-fonds d’une Amérique aussi cinglée que son anti-héros. Sorte d’antidote radical à toutes les franchises interchangeables concoctées par les grands studios U.S, ce diamant noir dérangeant et incorrect captive du premier au dernier plan et s’imprime durablement dans la mémoire.

Non content de s’imposer comme l’un des meilleurs films américains de l’année, le scabreux Joker permet en outre à Joaquin Phoenix, sidérant de conviction dans la peau du clown timbré, d’interpréter le rôle le plus puissant d’une carrière pourtant balisée par des prestations aussi noires que notoires : de Walk the line, de James Mangold où il campait un Johnny Cash titubant, aux Frères Sisters, de Jacques Audiard où il incarnait un cowboy psychopathe. Dans le déguisement du clown toxique, Joaquin tient son meilleur rôle. Pas de tout repos, mais époustouflant.

Joker, de Todd Phillips, avec Joaquin Phoenix, Robert de Niro… Sortie le 9 octobre 2019.

Olivier De Bruyn

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