Cinéma

Joaquin Phœnix : génial ou insupportable ? par Olivier De Bruyn

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Publié le Lundi 2 Avril 2018

Une semaine après avoir incarné Jésus dans le navrant Marie Madeleine, l’acteur schizo signe son grand retour… en chaise roulante et en héros alcoolo dans le nouveau film de Gus Van Sant : "Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot". Joaquin en fait-il trop ? Phoenix est-il dingo ?


La semaine dernière, dans Marie Madeleine, le navet religieux cuisiné par Garth Davis, il campait Jésus crucifié sur sa croix, pour le plus grand désespoir de sa fan numéro une, incarnée par Rooney Mara. Cette semaine, dans Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot, de Gus Van Sant, il incarne un héros alcoolo et en chaise roulante, pour la plus grande émotion amoureuse d’une hôtesse de l’air compatissante, incarnée par une certaine… Rooney Mara.

Hasard du calendrier : Joaquin Phoenix, en huit jours et accompagné deux fois par Rooney, sa girlfriend dans la vraie vie, consterne dans un biopic pieux et sidère dans un biopic furieux. Dans ce dernier, il incarne John Callahan, une sorte de punk autodestructeur qui, paradoxalement, trouve sa voie dans l’existence - il deviendra un caricaturiste célèbre aux Etats-Unis - après avoir subi un terrifiant accident de voiture qui le rend tétraplégique. Insupportable de cabotinage dans Marie Madeleine, Phoenix subjugue dans Don’t Worry… Un film où, fidèle au mauvais esprit de Callahan, il privilégie l’humour noir et le rire grinçant, même quand son personnage mal-en-point est incapable de se nourrir ou de se laver tout seul.

On n’est pas plus étonné que cela par cette métamorphose radicale. Depuis ses débuts, l’acteur, sorte de Docteur Joaquin et de Mister Phoenix, est branché sur courant alternatif et joue aux montagnes russes avec nos humeurs. Quand les cinéastes lui accordent trop de liberté comme Ridley Scott dans Gladiator ou Lynne Ramsay dans l’effrayant A Beautiful Day (où il frappe tout ce qui bouge à grands coups de marteaux), Joaquin prend un malin plaisir à ressembler à sa caricature : le regard possédé du guignol destroy et la sueur dégoulinant sur son large front. Quand les cinéastes le tiennent (un peu) en laisse, comme James Gray dans Two Lovers ou Paul Thomas Anderson dans Inherent Vice, Phoenix excelle à incarner des personnages dérangeants.

Par chance, Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot s’inscrit dans cette seconde veine. Et on prie pour qu’il en soit de même pour le nouveau film de Jacques Audiard, Les frères Sisters, que l’on découvrira peut-être au prochain Festival de Cannes et où l’acteur schizo dialogue avec Jake Gyllenhaal. On espère mais on ne jure de rien, car, avec J.P, prévoir quoi que ce soit, c’est l’assurance de se planter.

Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot, de Gus Van Sant, avec Joaquin Phoenix, Rooney Mara, Jack Black…  

Olivier de Bruyn

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