8 films pour voir de sublimes paysages 8 films pour voir de sublimes paysages

Cinéma

8 films pour voir de surprenants paysages

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Publié le Mardi 14 Avril 2020

Depuis qu'il faut rester chez soi, la nature ne nous a jamais autant manqué : quand reverrons-nous, en vrai, ces dunes égayées par le vent, ces prés gras et fleuris ou ces cascades fraîches bruissant dans la forêt ? Pas tout de suite, assurément. Pour nous aider à tenir le coup, voici huit films qui nous font voir du pays… et des paysages.

1."Jeremiah Johnson " de Sydney Pollack (1972)
"On dit que son nom était Jeremiah Johnson et qu'il voulait vivre dans les montagnes. Il s'acheta un bon cheval (...) un fusil, des pièges et autres ustensiles utiles et il dit au revoir à la vie d'en bas". Ainsi commence ce film culte (préférez la VF, soignée, avec une BO poétique à souhait) daté de 1972, dans lequel un Robert Redford jeune, barbu et sexy dans son manteau en peau d'ours, déambule dans les grandioses paysages des Montagnes Rocheuses. Un film sensible (adapté du roman éponyme) qui n'a pas pris une ride et un vrai bol d'air frais. Si la contemplation n'est pas votre truc, passez directement à The Revenant (d'Alejandro González Iñárritu avec Leonardo DiCaprio, tourné en Colombie-Britannique), une histoire de vengeance haletante dans une nature profondément hostile, truffée d'ennemis et de traîtres aux cheveux sales.

 

2."Wild " de Jean-Marc Vallée (2014)
Réalisée par Jean-Marc Vallée (Little Big Lies, Sharp Objects), cette robinsonnade un peu convenue (et "vraiment pas terrible", d'après notre co-confinée) emporte quand même notre adhésion malgré ses maladresses. Elle est l'adaptation imparfaite mais touchante de Wild, récit autobiographique de Cheryl Strayed, auteure américaine qui raconte comment elle entreprit seule, pour sortir d'une vie qu'elle ne maîtrisait plus, un trail de 1700 km sur le "chemin des crêtes du Pacifique", un sentier de grande randonnée reliant la frontière mexicaine à la frontière canadienne. D'abord encombrée par un chagrin et des remords au moins aussi lourds que son sac à dos, Cheryl, seule face à ses démons et à la Grand Nature Sauvage - qui n'oppose qu'une adversité très modérée, hein : un ongle arraché, un serpent, un renard et deux routards éméchés… -, retrouvera peu à peu la voie de l'apaisement et le sens de sa vie. Une balade de santé dans les grands sapins verts en compagnie de l'épatante et toujours bien coiffée Reese Witherspoon. Vous voulez du plus brutal ? Revoyez éventuellement l'inégal Into The Wild, film culte des années 2000 réalisé par Sean Penn, qui raconte le destin tragique de Christopher McCandless, étudiant téméraire et épris de liberté qui fut retrouvé mort, en Alaska, en 1992.

 

3. "Leave No Trace” de Debra Granik (2018)
Tom, 13 ans, et  son père Will, ancien vétéran revenu traumatisé d'Irak et souffrant de SPT, vivent de peu et assez paisiblement  - mais quand même pas mal sur leurs gardes - en extérieur, dans une forêt bordant la ville de Portland, Oregon. Mais ces deux "soustraits volontaires" finiront par être débusqués avec brutalité de leur bivouac, comme des criminels, avant de se voir proposer une scolarité, un travail et une triste maison beige qui contraste évidemment beaucoup avec la forêt lumineuse dans laquelle ils vivaient. Père et fille trouveront des moyens de s'adapter…  ou pas. Un film délicat, tout en nuances, loin des clichés survivalistes, qui traite du rapport à la nature, certes, mais donne à réfléchir à d'autres thèmes tout aussi essentiels :  la difficulté à choisir pour soi et ses enfants un autre style de vie, l'incompréhension que ces décisions suscitent, les contraintes invisibles qu'impose le "confort", l'humanité, la solidarité, etc. Eh oui, les "inadaptés" ne sont pas toujours ceux qu'on croit !

 

4. "Le Seigneur des anneaux " de Peter Jackson (2001-2003)
On a vu la trilogie des centaines de fois et pourtant, cela fonctionne toujours. Le Seigneur des anneaux est une des productions cinématographiques qui comble le mieux notre besoin de nature tant ses décors, pour certains bien réels, sont époustouflants. Entre les prés verdoyants de la Conté et la maison fleurie de Frodon Sacquet, Fondcombe sous les ors de l'automne, le château-arbre de Galadriel, reine elfe, les déserts de roche et les chênes parlants, on finit toujours par se demander, une fois revenu(e) au réel, comment on fait, au jour le jour, pour supporter l'asphalte, la ville, les pauvres arbres du square et les transports en commun. Perso, on a toujours une larme qui perle quand les aigles géants, menés par Gandalf, sur fond de choeurs célestes, sauvent in extremis Sam et Frodon de la Montagne du destin qui vient d'entrer en éruption. Ah, la Nouvelle-Zélande…  Et pour une immersion plus intense encore dans cet eldorado du paysage, vous pouvez toujours replonger dans Top of The Lake, la série policière féministe de Jane Campion, dans laquelle Elisabeth Moss, inspectrice de retour au pays, manie le canöe aussi bien que le revolver.

 

5. "Le Quattro Volte " de Michelangelo Frammartino (2010)
L'histoire simplissime et sans paroles d'un vieux berger qui tousse dans un petit village des montagnes de Calabre. Des chèvres facétieuses, un chien fidèle, des chemins creux, une église à la poussière magique, des villageois en camionnette et d'autres déguisés en romains pour la parade de Pâques. Et puis surtout, le passage des saisons, la vie, la mort, et les arbres qui s'agitent dans le vent du soir. Presque rien mais, en réalité… presque tout.
Un récit d'une grâce infinie qui vous hantera pendant plusieurs jours.

 

6. "The Assassin” de Hsiao-Hsien Hou (2016)
Dans la Chine du VIIIe siècle, Yinniang, guerrière badass formée par sa nonne de tante aux subtilités des arts martiaux, a pour cruelle mission de tuer son ex-fiancé, devenu gouverneur militaire. Pas besoin de s'y connaître en histoire médiévale chinoise pour comprendre la beauté étourdissante de ce film où la nature est omniprésente et où chaque plan est un tableau. Au choix : scènes de combat avec bruits de lame dans la jungle luxuriante, dans une forêt de bouleaux blancs ou sur le toit enneigé d'une pagode, crépuscules violets sur rivières noires ; pivoines frémissant dans la lumière du matin ; pics rocheux dans la brume ; rumeurs de la nuit sauvage ; palais aussi aérés que colorés ; étoffes légères et personnages richement vêtus aux émotions contenues. Un choc esthétique !

 

7. "Les Enfants-loups, Ame et Yuki " de Mamoru Hosada (2012)
Hana, une étudiante de 19 ans, tombe amoureuse d'un camarade bizarre et solitaire qui est en réalité un homme-loup. Ils s'aiment, vivent heureux à Tokyo et donnent naissance à une fille, Yuki ("la neige") et à un garçon Ame ("la pluie") qui sont, eux aussi, moitié humains, moitié loups. Leur père travaille comme chauffeur-livreur pour cacher sa nature et gagner de quoi vivre mais bientôt, il meurt dans un accident de la route, laissant Hana seule avec leurs enfants. À mesure que les petits grandissent, gentils et joyeux, leur mère éprouve de plus en plus de difficultés à dissimuler au voisinage leur double nature et décide de partir s'installer à la campagne dans une grande maison abandonnée au pied de la montagne. Une nature foisonnante et amicale où Âme et Yuki pourront s'épanouir pleinement et laisser surgir leurs vraies personnalités. Un film d'animation gracieux et très émouvant qui n'a rien à envier à ceux de Myazaki. Mention spéciale à la maison sur pilotis où se réfugie la petite famille. Nous aussi, on aurait bien aimé s'y réfugier pour notre confinement.

 

8. "La Route » de John Hillcoat (2009)
Ce film, terrible et poignant, adaptation de l'excellent roman de Cormac McCarthy, est devenu un classique de l'imaginaire post-apocalyptique et fonctionne comme un vaccin à nos pires angoisses. Un père (Viggo Mortensen) et son jeune fils (Kodi Smit-McPhee) cheminent vers le Sud après la fin du monde. Sur leur route, à travers ce no man's land où règnent désormais le froid, la faim et la barbarie, de grands espaces dévastés et comme réduits en cendres, desquels animaux et humains ont presque disparu et qu'aucun rayon de soleil ne vient plus égayer. Cette poétique du désastre, cette beauté du néant avec ses mille nuances de gris, flatte nos âmes mélancoliques mais résonne aussi comme un avertissement : voilà à quoi le monde pourrait bien ressembler si nous n'y prenons pas garde. Et que ferons-nous pour éviter cela ? À vous de nous le dire.

 

 

Anne Pauly

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