"Grâce à Dieu": ceci est un bon film, alléluia ! "Grâce à Dieu": ceci est un bon film, alléluia !

Cinéma

"Grâce à Dieu": en voilà un bon film, alléluia ! par Olivier De Bruyn

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Publié le Mardi 19 Février 2019

Dans "Grâce à Dieu", le cinéaste évoque la pédophilie dans l’Eglise et l’assourdissant silence de l’institution catholique. Résultat: un grand film qui rappelle le génial "Spotlight", de Tom McCarthy et ne rougit pas de la comparaison.

On ne l’attendait pas à ce rendez-vous là... Cinéaste caméléon qui adore les histoires dérangeantes (Dans la maison, Jeune et jolie, Une nouvelle amie, on en passe), François Ozon ne semblait pas devoir un jour signer un film inspiré par des faits réels ayant douloureusement agité l’actualité. On avait tort et c’est tant mieux. Dans Grâce à Dieu, une fiction qui ne ressemble à aucune de ses précédentes, François Ozon s’attaque à un "énorme" sujet : les crimes pédophiles commis par un prêtre du Diocèse de Lyon, le père Preynat, et le silence coupable de la hiérarchie catholique, en premier lieu celui du Cardinal Barbarin, qui a tout mis en œuvre pour étouffer l’accablant dossier.

Pour mettre en scène son film, le cinéaste, hélas, n’a rien inventé puisque les faits sont établis et que personne ne les conteste. Aux antipodes des surenchères crapoteuses (rien ou presque n’est montré des ignominies du pédophile) ou d’un quelconque brûlot anticlérical (là n’est pas le sujet), Grâce à Dieu retrace le long combat qu’ont mené plusieurs hommes abusés dans leur enfance pour, des décennies après les faits, oser raconter ce qu’ils avaient subi et briser la loi du silence qui les tuait à petit feu.

Ces hommes s’appellent Alexandre (Melvil Poupaud), François (Denis Ménochet) et Emmanuel (Swann Arlaud). Au plus près de ce trio, François Ozon, entre thriller et intimisme, filme avec délicatesse et pudeur une sidérante épopée humaine : l’histoire d’une lutte à mort à la fois contre soi-même (comment apprendre à dire ce qui a si longtemps été tu ?) et contre une institution qui s’est si bien accommodée pendant des décennies de son aveuglement et de sa surdité.

Génialement mis en scène et interprété (les trois comédiens sont exceptionnels), Grâce à Dieu rappelle un autre grand film qui abordait un thème voisin : Spotlight de Tom McCarthy, sur les journalistes du "Boston Globe" qui révélèrent les scandales pédophiles au sein de l’Eglise catholique américaine. En 2016, le précieux Spotlight avait décroché l’Oscar du meilleur film lors de la cérémonie du même nom. On prie d’ores et déjà pour qu’il en soit de même pour Grâce à Dieu lors de l’édition 2020 des César. Ce film bouleversant vaut bien une messe. Voire deux.

Grâce à Dieu, de François Ozon, avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud… Sortie le 20 février 2019.

Olivier De Bruyn

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