Emma Thompson, époustouflante dans "My Lady" Emma Thompson, époustouflante dans "My Lady"

Cinéma

Emma Thompson, époustouflante dans "My Lady" par Erick Grisel

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Publié le Vendredi 27 Juillet 2018

Il y avait longtemps qu’on ne l’avait pas vu dans un rôle aussi fort. Dans My Lady, Emma Thompson prouve qu’elle est l’une des plus grandes actrices du monde. Sinon la plus grande ? Meryl Streep, prends garde à toi !

C’est comme ça, il y a des registres de jeu dont on ne se lasse jamais. On reproche à Jean-Pierre Bacri de jouer les ronchons dans tous ses films ? Eh bien, on veut le voir ronchonner dans TOUS ses films. Même chose pour Emma Thompson : on ne se lassera jamais de la voir en bourgeoise à tailleur strict dont le masque rigide se fissure sous le coup de l’émotion. Gouvernante efficace dans Les vestiges du jour, mère de famille bafouée dans Love Actually, écrivaine revêche dans Dans l’ombre de Mary… l’Anglaise au français parfait rend toujours ses personnages terriblement complexes et attachants. Dans Ma Lady, elle est Fiona Maye, un juge de la haute cour britannique en proie au doute face à un mari qui, lassé de la voir bosser, lui annonce qu’il va la tromper, et une affaire complexe : celle concernant un ado malade qui, par conviction religieuse, refuse une transfusion de sang. Ce qui pourrait lui sauver la vie. Fait rarissime dans sa carrière juridique, Fiona décide de se rendre au chevet du jeune mourant afin de mieux comprendre sa décision et lui faire changer d’avis.

Une fois l’affaire posée et réglée à l'écran de façon assez convenue, mais avec la maestria qui caractérise à la fois l’actrice et le réalisateur Richard Eyre (Chronique d’un scandale, avec Cate Blanchett), le film décolle vraiment. Car l’ado sauvé s’attache à ce juge plus qu’il ne faudrait. Et la carapace professionnelle de Fiona se fendille peu à peu. "Quand vous êtes venue me voir à l’hôpital, je vous ai vue réfléchir" dit à un moment le jeune homme (formidable Fionn Whitehead, révélé par Dunkerque de Christopher Nolan)  à Fiona Mayle. La remarque pourrait s’appliquer à Emma Thompson elle-même dont les pensées semblent prendre forme sous nos yeux. Même lorsqu’elle est de dos, tapant sur son ordinateur, au début de My Lady, l’actrice est entièrement lisible (d’ailleurs ce pourrait être un exercice de cours dramatique : "Faites-nous comprendre votre personnage même de dos"). À 59 ans, après une période un peu en retrait durant laquelle la star a privilégié des rôles secondaires (comme dans les Harry Potter  ou Men in Black 3, la carrière d’Emma Thompson semble suivre à nouveau une courbe ascendante qui la mènera sans doute aux prochains Baftas anglais et pourquoi pas aux oscars.

My Lady, de Richard Eyre, sortie le 1er août

Erick Grisel

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