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Cinéma

"Dumbo": qu'est-ce qu'on l'aime, cet éléphanteau marginal ! par Olivier De Bruyn

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Publié le Lundi 25 Mars 2019

Dans son remake du classique de Disney, Tim Burton remet sur le métier ses plus belles obsessions : le mépris pour le conformisme, la passion pour les monstres, l’amour de la marginalité... Une nouvelle réussite royale pour le cinéaste.

Au début des années 80, soit il y a plusieurs siècles, le jeune Tim Burton apprit les rudiments de son métier de cinéaste au sein des studios Disney, le temple du divertissement consensuel et mondialisé. Fâché avec le conformisme de mise dans l’institution hollywoodienne, il prit rapidement la poudre d’escampette pour donner libre cours à des projets radicalement personnels et totalement cinglés, la plupart du temps incarnés par Johnny Depp: Edward aux mains d’argent, Sweeney Todd, Charlie et la chocolaterie, on en passe…

Malgré son tempérament farouchement indépendant, Tim Burton, de temps à autre, ne déteste pas revenir travailler chez Disney où, désormais, "on" le laisse à peu près faire ce qu’il veut et où "on" lui donne les moyens de signer de grosses productions qui ne ressemblent à rien de connu dans le paysage formaté du blockbuster. La preuve aujourd’hui avec Dumbo, un libre remake du film d’animation de 1939 où le cinéaste s’amuse comme un fou avec le personnage du petit éléphant aux oreilles démesurées qui souffre mille maux en ce bas monde à cause de ses différences et des moqueries qu’elles suscitent chez ses abrutis de contemporains.

Dans le film de 2019, Tim Burton respecte les fondamentaux scénaristiques du Dumbo original - le bébé pachyderme est cruellement séparé de sa mère et apprend à voler -, mais il invente aussi beaucoup en imaginant son héros enrôlé au sein d’un cirque de désopilants bras cassés. Ces derniers mèneront une lutte féroce contre une multinationale du divertissement, dont les redoutables mentors ne pensent qu’à amasser du fric.

Avec cet argument délirant, Tim Burton trousse une fable à la fois sentimentale et offensive qui convainc sur les deux tableaux. Formellement ultra inventif, le film, avec ses personnages émouvants (dont une trapéziste frenchy incarnée par la parfaite Eva Green) touche en plein cœur l’enfant qui est en nous et, simultanément, dresse un portrait critique de l’industrie de l’entertainment et de ses maîtres pour qui la sauvagerie mercantile et la médiocrité  ne sont pas de vains mots. Tim Burton, lui, fidèle à son pedigree inclassable, préfère les idéalistes, les rêveurs, celles et ceux qui communient sur l’autel de l’imaginaire et de la poésie plutôt que sur celui du dieu Dollar. Une vision du monde qu’il partage avec Dumbo, le petit éléphant marginal, et qui nous le rend diablement sympathique. 

Dumbo, de Tim Burton, avec Danny DeVito, Michael Keaton, Eva Green… Sortie le 27 mars.

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