"Coming out" : un doc émouvant sur la nécessité vitale de s’assumer "Coming out" : un doc émouvant sur la nécessité vitale de s’assumer

Cinéma

"Coming out" : un documentaire émouvant sur la nécessité vitale de s’assumer par Erick Grisel

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

4 minutes

Publié le Mercredi 1 Mai 2019

Un simple "best of" de vidéos-confessions postées sur le web que ce "Coming out" réalisé par Denis Parrot ? Non ! Une photographie juste et contrastée des années 2010. Devant ces témoignages de jeunes gays, lesbiennes et transgenres, on pleure, on s’inquiète et parfois même on rit.

C’est un film à suspense. Un thriller de l’intime constitué d’une trentaine de vidéos, avec à la clef, pour chacune d’entre elles, cette même question teintée d’appréhension: "Comment vont réagir les parents ?" Si, à l’issue de ces coming out auto-filmés, la compréhension est le plus souvent au rendez-vous, les maladresses le sont aussi, comme lorsqu’une mère fataliste soupire "Puisque c’est ce que tu as choisi… " Et le fiston de s’insurger… "Mais je n’ai rien choisi. Est-ce que tu as choisi d’être hétéro ? " Après avoir visionné plus de 1 200 vidéos postées sur le web, le réalisateur Denis Parrot, qui ne fut pas monteur pour rien, a fait en sorte que son choix final forme un tout "J’avais dans l’idée que toutes ces paroles distinctes formeraient à la fin du film une parole plus globale, qu’il y aurait comme un fil invisible qui relie tous ces témoignages. "

Au beau milieu du documentaire, ce fil se casse pourtant brusquement : dans une vidéo où on ne voit pas leurs visages, des parents jettent littéralement leur fils hors du domicile familial en le traitant de "saleté" et de "dégénéré". Devant cette violence terrible, caricaturale, on est tétanisé et beaucoup moins courageux que Daniel qui se débat comme un beau diable. Puis le fil se reconstitue peu à peu. Lorsque Cayden, lui-même un peu hilare, tombe sur le répondeur d’une église qui clame: "Si vous êtes homosexuel, raccrochez immédiatement : sachez que Dieu vous déteste !", on rit jaune. Puis, plus franchement quand l’adorable Adore Delano, connu pour sa participation à RuPaul’s Drag Race, reproche à sa mère de prendre avec trop de compréhension son coming out : "Plutôt que sortir du placard, tu ferais mieux de le ranger." lui rétorque cette dernière. On s’attendrit devant les regards pudiques échangés entre un jeune japonais et sa maman. Et on fond littéralement quand une femme dit à son adolescent transgenre "Quoi que tu choisisses de faire, je t’aimerais jusqu’à la mort." Ou quand un papa va s’asseoir près de son petit garçon de douze ans recroquevillé sur lui-même et le prend par l’épaule pour lui dire "Mais tu es mon fils. Qu’est-ce qui t’a fait penser un seul instant que j’aurai pu mal réagir ? ". "Beaucoup de jeunes redoutent une réaction négative, celle qui risque de leur faire perdre l’amour de leur parent, explique Denis Parrot. C’est pour cette raison que j’ai indiqué à l’image l’heure de chaque vidéo: après cette révélation, leur vie ne sera plus la même, il n’y aura pas de retour en arrière possible." Son documentaire devrait être montré dans tous les collèges et lycées de France.

"Coming Out", de Denis Parrot, sortie le 1er mai

Erick Grisel

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires