Qui pleure le mieux dans les films ? Cinéma : qui pleure le mieux à l'écran ?

Cinéma

Qui pleure le mieux dans les films ? par Erick Grisel

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

8 minutes

Publié le Lundi 27 Avril 2020

Le talent et la popularité d’un acteur ou d’une actrice s’évaluent souvent au nombre de ses larmes versées à l’écran. Voici donc notre"best of" pleureurs. Sortez vos mouchoirs...

1. Isabelle Adjani dans tous ses films
Depuis qu’elle a annoncé sur une scène de théâtre en 1974 "le petit chat est mort" dans L’école des femmes, la carrière d’Isabelle Adjani est un long sanglot entrecoupé de rares éclats de rires. "Je peux pleurer aussi soudainement qu’un enfant et cela ne changera jamais" a-t-elle déclaré, lucide, au Journal du Dimanche. À propos de son film Le locataire, Roman Polanski a raconté que l'actrice pleurait quel que soit le nombre de prises, sans que ses glandes lacrymales se tarissent. Nos larmes préférées d'Isabelle Adjani ? Celles de Camille Claudel sont une institution, celles de Possession un trauma pour tout le monde et les sanglots partagés avec Michel Galabru de l’autre côté d'une porte dans L’été Meurtrier un crève-coeur. Mais on aime bien aussi ses larmiches très "girl next door" de La Gifle ou de Violette et François

 

2.Juliette Binoche dans "La bonne épouse" de Martin Provost (2020)
Elle aussi a pleuré dans une version de Camille Claudel de Bruno Dumont en 2013. Mais il faut dire que pour Juliette, toute occasion est bonne pour verser sa larme. Les interviews télévisées, par exemple : Thierry Ardisson a même dû un jour lui tendre un mouchoir sur le plateau dans une de ses émissions. Que Juliette Binoche participe à un master class chez James Lipton (Inside the Actors Studio) et la voilà qui fond en larmes ! Et n’imaginez pas qu’une comédie peut empêcher le déluge. Dans La Bonne épouse, de Martin Provost, face à Edouard Baer, Juliette Binoche a la mâchoire qui tremble et les yeux qui se mouillent. Pourtant peu enclin à la sensiblerie, Quentin Tarantino a confié que Juliette l’avait fait pleurer en pleurant elle-même dans le blockbuster Godzilla. Et émouvoir les foules en pleurant dans Godzilla, il faut le faire ! Devant les larmes de Binoche, on s’incline.

 

3.Adam Driver dans "Marriage Story" de Noah Baumbach ( 2019)
Oui, les garçons pleurent aussi à l'écran. Plus souvent depuis que Tom Cruise et Brad Pitt se sont répandus, le premier dans Magnolia (1999) le second dans Seven (1995). Désormais les vannes masculines sont  ouvertes à Hollywood. Certains, qui ont vu pleurer Adam dans Marriage Story, en ont voulu atrocement à Scarlett Johanson de l’avoir mis dans un tel état. Lors de la méga engueulade conjugale, devenue culte, qui a poussé le film de Noah Baumbach jusqu'aux Golden Globes et aux Oscars, il s’effondre aux pieds de sa partenaire après lui avoir souhaité de se faire écraser par une voiture. On en oublierait presque les larmes de Scarlett en face de lui, plus discrètes, mais tout aussi émouvantes.

 

4. Viola Davis dans "Fences" de Denzel Washington (2016)
Non seulement Viola Davis pleure beaucoup dans Fences, film qui lui a valu un Oscar, mais elle morve aussi pas mal (pas aurtant qu'Adèle Exarchopoulos dans La vie d'Adèle, tout de même). Quand, dans son talk-show, Jimmy Kimmel lui a demandé si c'était de la vraie morve, l'actrice a répondu : "Oui c'était, de la vraie. Tout le monde me parle de ma morve dans le film, mais que voulez-vous ! Quand je pleure, j'ai le nez qui coule. Et je peux vous assurer qu'après 23 prises, j'ai les fosses nasales totalement dégagées." Pour pleurer à l'unisson avec la géniale Viola Davis, revoyez la scène finale de La couleur des sentiments (2013)

5.Isabelle Huppert dans (presque) tous ses films et au théâtre
C'est une anecdote qui court dans le milieu du cinéma : Isabelle Huppert est une telle pro des larmes qu'elle pousserait le souci du détail à demander aux réalisateurs, avant une scène d'émotion, si elle doit pleurer de l’œil droit ou de l’œil gauche. On se souvient de son "Je vous salue Marie pleine de merde" juste avant de passer sur l'échafaud, dans Une affaire de femmes, de Claude Chabrol (1988) et de son visage ravagé par la douleur dans La pianiste de Michael Haneke (2000). Mais l'actrice réserve aussi ses facultés lacrymales au théâtre, qu'elle joue Phèdre(s), Médée ou Jeanne au Bûcher : "J'ai du plaisir à pleurer tous les soirs sur scène, j’adore ça !  a-t-elle déclaré au magazine Première. En plus ça me détend. Et je pleure tous les soirs au même moment… évidemment le spectateur lui, le ressent differemment. Il pense peut-être qu’il y a de la souffrance, mais c’est la sienne, pas celle de l’acteur." 

 

6 .Leonardo DiCaprio dans "Romeo + Juliette" de Baz Luhrmann (1996)
Ce sont des larmes qui ont lancé la carrière de Leonardo DiCaprio, celles versées dans Gilbert Grape (1993) pour lequel il s'est retrouvé nominé aux Oscars à l'âge de 19 ans. Ensuite, l'acteur n'a eu guère l'occasion de refermer le robinet. Romeo + Juliette en 1996 n'a pas été pour lui une occasion de se tenir les côtes et ses larmes dans Titanic ont sûrement contribué au naufrage du paquebot. Vingt-quatre ans plus tard, c'est par le biais d'une scène de sanglots rageurs, qu'il nous a une nouvelle fois scotchés dans Il était une fois à Hollywood de Quentin Tarantino. 

7.Ben Stiller dans "The Meyerowitz stories" de Noah Baumbach ( 2017 )
Faire rire en pleurant est un exploit que seuls peuvent réussir les très bons acteurs. Kenneth Branagh était hilarant en poivrot pleurnicheur dans Peter's Friends (1992) par exemple. Et Ben Stiller l'était tout autant dans Mary à tout prix des Frères Farrelly (1998). Mais dans The Meyerowitz Stories, le réalisateur Noah Baumbach (oui, encore lui), a réservé à Ben Stiller une scène de larmes plus émouvante que rigolote. Et pas des plus faciles. Face au public d'une galerie d'art, le personnage rend un hommage à son père et se transforme en fontaine. Le thème de l'art avait valu aussi à Jean-Pierre Bacri une belle scène de pleurs dans Le goût des autres d'Agnes Jaoui (2000).  Les ronchons ont aussi du coeur.

 

8. Valeria Bruni Tedeschi dans "Un Chateau en Italie" (2013) et "Les estivants" ( 2018)
Les pleurs nerveux, proche du fou-rire, sont une spécialité de l'actrice. Tous ses films en sont truffés, surtout ceux qu'elle réalise elle-même et qui sont largement autobiographiques. On en déduit donc qu'elle doit en verser des larmes, Valéria Bruni Tedeschi, dans la vie de tous les jours ! Lors d'une interview, elle nous avait confié que la caméra - nouvelles techniques obligent - avait tendance à s'approcher de plus en plus près du visage des acteurs, bloquant parfois leurs émotions. "Je me souviens qu'un jour sur un film, je n'y arrivais pas. J'ai dû imaginer que la caméra était derrière moi et non pas juste devant, en train de me scruter. C'est comme ça que j'ai pu enfin pleurer."

 

9. Julianne Moore dans "Magnolia" de Paul Thomas Anderson (1999)
Regardez-bien cette scène culte tirée du film Magnolia de Paul Thomas Anderson. Elle donne une idée de l'importance qu'allait prendre l'actrice à Hollywood les deux décennies suivantes. Les larmes du Julianne Moore sont une bourrasque qui nous fait tomber à la renverse. Et si elles sont si émouvantes, c'est que l'on se projette dans les situations qu'elles illustrent, comme dans cette pharmacie face à ces deux cons (tout à fait bien incarnés eux-aussi). Aux Etats-Unis, une compilation sous-titrée Cry Baby a été faite de toutes les scènes de films où Julianne Moore pleure. Un exercice tout à fait inutile, car sorties de leur contexte et de la trame scénaristique qui les accompagne, les larmes n’ont plus de sens et peuvent sembler ridicules.

 

10. Bryce Dallas Howard dans "The Tonight Show" de Conan O’Brien
"Pleurer sur commande" fait partie de la légende du cinéma. On peut même se demander si acteurs et réalisateurs ne prennent pas un malin plaisir à l’entretenir. Dans le talk-show américain de Conan O’Brien, l’héroïne de Jurassic Park et de La couleur des sentiments (la méchante, celle qui mange la tarte au caca) a prouvé que cette faculté est bien réelle. "Parlez-moi de n’importe quoi, et je vais finir par pleurer. Il faut juste que je boive d’abord de l’eau. " Le présentateur s’est alors lancé dans une fastidieuse histoire de courses faites dans un magasin de bricolage, et l’actrice s’est mise à pleurer à chaudes larmes. Conan O'Brien lui-même n’en revenait pas…

 

11. Romy Schneider dans "L’important c’est d’aimer" de Andrzej Zulawski (1975)
Si l’actrice allemande s’est si bien intégrée au paysage cinématographique français dans les années 1960, c’est en partie grâce à ses larmes versées avec une sincérité vertigineuse. Et le coup du regard barbouillé de mascara, si cher aux actrices, vient sans doute de cette célèbre scène (qui a un peu mal vieilli, il faut l'avouer) dans L’important, c’est d’aimer, où face caméra, Romy Schneider supplie "Ne faites pas de photos s’il vous plaît. Je suis une comédienne. Je sais faire des trucs bien ". Après le tournage du Vieux fusil qui valut à l’actrice un césar en 1976, le réalisateur Robert Enrico a raconté que lors de la scène où elle est brûlée vive par des nazis, les cris et les pleurs de Romy Schneider étaient si épouvantables qu’il a choisi de couper le son au montage. Il a eu raison. Ces images ont traumatisé toute une génération de baby boomers qui n’ont pu s’empêcher de rapprocher chaque événement tragique survenue dans la vie de l’actrice de ces deux scènes fondatrices de sa carrière (on met Sissi de côté)

 

12. Emma Thompson dans "Love actually" de Richard Curtis ( 2003)
Gardons notre pleureuse préférée pour la fin. Dans le très populaire film chorale Love Actually, l'actrice anglaise se paye une longue scène lacrymale sans paroles avec, en fond sonore, la chanson Both Sides Now de Joni Mitchell qui ne pousse pas non plus à la rigolade. Depuis, on dit banco à tous ses trémolos. D'autant plus qu'ils sont toujours imprévisibles. Encore récemment, Emma Thompson nous a sciés dans l'injustement boudé My Lady de Richard Eyre. Lors d'une scène du film, le juge à la haute Cour qu'elle incarne se fige en apprenant la disparition d'un ado dont elle s'occupait. Son mari lui demande alors : "Mais il s'est passé quelque chose entre toi et lui ?". On ne vous dit que ça ! Quiconque garde l'oeil sec en voyant cette scène est un coeur de pierre. Emma Thompson, c'est notre BPF ( Best pleureuse for ever).

Erick Grisel

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires