« Chanson douce » : fallait-il adapter en film le roman génial de Leïla Slimani ? « Chanson douce » : fallait-il adapter en film le roman génial de Leïla Slimani ?

Cinéma

"Chanson douce" : fallait-il adapter en film le roman génial de Leïla Slimani ? par Olivier De Bruyn

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Publié le Mercredi 27 Novembre 2019

La cinéaste Lucie Borleteau s’attaque au roman de Leïla Slimani (prix Goncourt en 2016) et dirige deux actrices stimulantes : Karin Viard et Leïla Behkti. Pari réussi ou pas ?

Si vous recherchez ces jours-ci une nounou pour s’occuper de vos enfants en bas âge, on vous déconseille vivement d’aller voir ce film. Car vous pourriez développer une certaine paranoïa. Dans Chanson douce, Lucie Borleteau adapte le roman homonyme à succès de Leïla Slimani et met en scène un jeune couple de Parisiens, Myriam et Paul, en quête d’une nounou pour garder chaque jour leurs deux mômes. Le duo croit trouver l’employée idéale en la personne de Louise : discrète, dévouée, disponible, douce, bref une perle. Mais bientôt, Louise révèle d’autres facettes de sa personnalité, qui n’ont rien de rassurantes. La super nounou serait-elle une psychopathe en puissance ? Suspense.

Dans son roman magistral de 2016, honoré par le prix Goncourt, Leïla Slimani excellait à décrire la relation anxiogène entre un couple de "bobos" et une héroïne dingo évoluant dans un milieu social défavorisé et rongée par ses multiples frustrations. Dans son adaptation pour le cinéma, Lucie Borleteau reste globalement fidèle au bouquin, mais, soucieuse avant tout d’efficacité et de flanquer une méga frousse au spectateur, elle privilégie le thriller domestique au détriment de la dimension sociale décortiquée par Leïla Slimani. Un choix que l’on peut regretter tant cette dernière constituait le sel dérangeant du roman.

Malgré cette sérieuse réserve, le film demeure néanmoins recommandable. En premier lieu grâce aux prestations de ses actrices : Karin Viard, glaçante dans la peau de la nounou siphonnée, et Leïla Bekhti, convaincante dans celle de la maman dépassée par les événements. Entre les deux comédiennes, Antoine Reinartz, alias le papa à la masse, tire son épingle du jeu en incarnant son personnage avec un curieux mélange de fragilité et d’aveuglement. Rien que pour ce trio en forme, Chanson douce mérite d’être vu. En tout cas par celles et ceux qui n’ont pas lu le roman…
Chanson douce, de Lucie Borleteau, avec Karin Viard, Leïla Bekhti, Antoine Reinartz… Sortie le 27 novembre.

Olivier De Bruyn

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