Cannes 2018 : le film qui fait hurler les festivaliers (et même notre journaliste…) Cannes 2018 : le film qui fait hurler les festivaliers (et même notre journaliste…)

Cinéma

Cannes 2018 : le film qui fait hurler les festivaliers (et même notre journaliste…) par Olivier De Bruyn

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Pour son retour à Cannes, le réalisateur Lars Von Trier signe un interminable et complaisant film de serial killer, "The House That Jack Built", où les femmes, notamment, subissent mille horreurs… du grand n’importe quoi.

On est resté assis sur notre siège jusqu’au bout des 2 h 35 que dure le film et, après réflexion, on se demande si on ne serait pas un peu, voire très masochiste… Ce matin, au Festival de Cannes, l’ingérable Lars Von Trier accomplissait son come back sur la Croisette avec The House That Jack Built. Un come back sept ans après avoir confessé son "empathie" pour Adolf Hitler à l’occasion de la présentation en compétition de Melancholia, et avoir de ce fait été déclaré persona non grata au Festival. Le cinéaste danois neurasthénique s’est-il calmé au terme de ces sept années de réflexion ? En aucun cas, hélas… Dans son nouveau film, le provocateur ingérable décrit par le menu les faits et gestes du dénommé Jack (Matt Dillon), un serial killer qui exerce ses "talents" dans un trou perdu des Etats-Unis et qui entend accomplir ses crimes horrifiques comme s’il s’agissait à chaque fois d’une œuvre d’art. Sympathique.

Sur cet argument propice à toutes les complaisances et à toutes les horreurs, Lars Von Trier s’autorise… toutes les complaisances et toutes les horreurs. Divisant son œuvre en cinq chapitres baptisés "incidents" et numérotés de 1 à 5, le cinéaste, avec une rare sophistication dans le sadisme, filme le terrifiant Jack dans son entreprise maléfique. Héroïnes assassinées à coups de cric dans la tronche, découpées au couteau ou étranglée avec difficulté, gamins tirés à la chasse comme des lapins, on en passe… Une fois ses méfaits commis, Jack enferme ses victimes dans une chambre froide où il peut les contempler à loisir.

Lars Von Trier émaille cette visite au musée des horreurs de commentaires vaseux sur l’Art, sur les forces du mal qui s’agitent un peu partout, et confirme, surtout, qu’il n’aime rien tant qu’infliger aux spectateurs de "grands" spectacles pseudo transgressifs qui épuisent les neurones et le regard. Film malsain et terriblement complaisant, The House That Jack Built, de surcroît, se caractérise par ses innombrables scènes où il prend plaisir à mettre en scène des femmes de tous âge victimes des pires humiliations et sévices. Dans une édition cannoise qui entend honorer les femmes et combattre le machisme, la présentation ultra médiatisée de ce film pose un tantinet problème…   

Olivier De Bruyn

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Mme M.

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