Camille Rowe : comment le mannequin français a réussi sa reconversion au cinéma Camille Rowe : comment le mannequin français a réussi sa reconversion au cinéma

Cinéma

Camille Rowe : comment le mannequin français a réussi sa reconversion au cinéma par Céline Puertas

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

6 minutes

Publié le Lundi 7 Janvier 2019

Mannequin parisien ultra-coté et ambassadrice du chic sans effort de l’autre côté de l’Atlantique, Camille Rowe n’a que 28 ans, mais amorce déjà sa reconversion. La nouvelle égérie Pablo n’est pas près d’abandonner la mode, mais consacre de plus en plus de temps à sa nouvelle passion : le cinéma.

Paris, début septembre, rentrée studieuse pour Camille Rowe. Dans les longs couloirs chics d’un cinq-étoiles, l’hôtel de Berri, elle prend la pose et occupe l’espace avec ce naturel désarmant des jolies filles bien nées. Entre deux photos, le mannequin Franco-Américain tire sur sa cigarette électronique. "On dirait une clé USB, je peux même vapoter discrètement dans l’avion", lâche-t-elle dans un sourire, laissant s’échapper des volutes de fumée de ses lèvres bombées.

Tout sauf une lubie

Exit le blond californien qu’elle arbore depuis ses premiers pas dans la sphère mode, il y a dix ans. Pour notre shooting, la voilà parée d’un carré châtain.Elle s’observe dans la glace, étonnée, avec un côté mutin qui lui donne des airs de Natalie Portman dans Léon. Avant de découvrir que, par la suite, sa perruque va sacrément la démanger, Camille est emballée. Elle envoie même une photo à Lauren, sa meilleure amie et coloc’ à Los Angeles (où elle vit aujourd’hui, après sept ans passés à New York), qui lui répond un "amazing" aussi sec.
Si Camille Rowe n’a eu aucun mal à se fondre instantanément dans le personnage de brune fatale qu’on a concocté pour elle, c’est que, depuis une paire d’années, le cinéma lui tend les bras. Une bonne occasion de laisser son image un peu lisse de mannequin très demandé au vestiaire. Son rôle dans le film Rock’n roll (2017), dans lequel elle tient la dragée haute à un Guillaume Canet en pleine crise de la quarantaine, n’était donc pas une lubie passagère. "À 18 ans, j’ai accepté un petit rôle dans Notre jour viendra, de Romain Gavras. À l’époque, il m’avait dit : 'Camille, il faut absolument que tu fasses du cinéma.' Mais, je n’étais pas prête et j’avais beaucoup trop peur de me planter. Mais faire ce film avec Guillaume a été un déclic."


Trouver le bon rôle

Un nouveau plan de carrière ambitieux qui n’a rien d’un coup de tête. Camille a étudié le cinéma à la fac, suivi un cursus de scénariste et dévore tout un tas de films depuis son adolescence. Décrocher quelques rôles de "jolie fille" ne suffit donc pas à apaiser sa faim de 7e art. "On m’en propose beaucoup", soupire-t-elle, en faisant rouler ses yeux bleus. Mais la Parisienne, expatriée sous le soleil californien, a envie de rôles pointus et aspire à une vraie crédibilité d’actrice. "J’adore Nicole Kidman, même si elle ne fait pas l’unanimité, Mia Wasikowska et aussi Julianne Moore. Je suis également fan de Jim Jarmusch et de Derek Cianfrance (le réalisateur de The Place Beyond the Pines, ndlr). D’ailleurs, je suis plus attirée par le cinéma d’auteur que par les blockbusters."

Crédit : Manu Fauque. Stylisme : Margot Rousseau

Alors qu’elle vient de terminer le tournage du film Now Is Everything, aux États-Unis, avec entre autres Anthony Hopkins – "Il est sympa, mais n’a qu’un petit rôle dans le film. Je ne l’ai côtoyé que quelques jours", nous glisse-t-elle avec un sourire –, elle enchaîne avec le tournage de Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, en Bourgogne. Une poignée d’heures après notre entretien, elle sautera dans le train, direction Dijon, pour rejoindre Jean-Paul Rouve et Alice Taglioni, avec qui elle partage l’affiche. Quand on lui fait remarquer qu’elle ponctue notre échange de quelques anglicismes charmants, Camille fronce les sourcils : "Justement, j’ai dû travailler ma manière de parler. Avec les autres acteurs, on est censés être tous membres de la même famille, mais il y avait un décalage dans mon phrasé. J’ai grandi à Paris, mais je parlais anglais à la maison, j’ai effectué ma scolarité dans des écoles internationales, donc, en fait, je suis peut-être plus américaine que française."

Comme un poisson dans l'eau

À l’écouter parler de son nouveau job avec entrain, jouer avec la caméra d’un réalisateur ne serait donc pas plus difficile qu’avec l’objectif d’un photographe, même si les rôles qu’elle décroche, et c’est le cas de ces deux derniers films, ont une véritable dimension dramatique. "Ça m’est venu hyper naturellement, j’avais déjà l’habitude d’être entourée par une équipe, des spots, des techniciens, je n’étais donc pas intimidée… Voilà, maintenant, je vais passer pour une prétentieuse ! Mais je ne veux pas renier pour autant le mannequinat. Ça me permet de gagner ma vie tout en tournant dans des films indés qui ne me rapportent pas beaucoup." Pourtant, quand elle a dû tourner une scène de sexe avec Irakli Kvirikadze, son partenaire à l’écran dans Now Is Eveything, Camille a eu le trac. "Moi qui ne suis pas spécialement pudique, j’avais la trouille. Ce genre de scène est très technique, tout est calculé et doit en même temps ressembler à un élan fougueux. Mais attention, on s’est quand même roulé de vraies pelles !"


A distance des réseaux sociaux

Sauter dans le grand bain (parfois impitoyable) du cinéma, avec son lot d’exposition et de critiques à la plume aiguisée n’a pas vraiment l’air de l’inquiéter non plus. "Je n’ai eu que de bons retours, mais c’est facile : pour l’instant un seul de mes films est sorti !" Quand on lui demande si elle a peur des réactions du public, son visage s’assombrit. "L’année dernière a été un peu rude. Des fans du garçon avec lequel je sortais (Harry Styles, le chanteur de One Direction, ndlr), ont été ultra-violents dans leurs commentaires sur Instagram, certains souhaitant même ma mort. J’ai été super choquée. Aux États-Unis, il y a un taux de suicides à l’école très élevé dû au harcèlement sur Internet, c’est important d’en parler. Du coup, j’ai pris mes distances, je ne poste plus grand-chose et je ne lis plus ce que les gens écrivent." Pas la peine donc de la chercher dans votre feed Instagram, c’est seulement sur grand écran que vous aurez des nouvelles de Camille dorénavant.

Crédits shooting :
Styliste : Margot Rousseau
Coiffure : Javier Palacio / Capsule Agence
Maquillage : Christelle Ribeiro / Backstage Agency
Assistante styliste : Camille Duclos

 

 

 

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires