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"Big Eyes" : quand Tim Burton se (re)met au biopic

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Tim Burton met en scène l’itinéraire extravagant de Walter Keane, une star du San Francisco arty des années 50 qui signait de son nom les tableaux peints par son épouse. Une histoire de manipulation délirante et une réussite majeure pour le cinéaste.

1958, San Francisco. Les notables locaux et les pontes de l’avant-garde roulent en Cadillac, hantent les boites de jazz enfumées et fréquentent les galeries d’art où les dandys jouent des coudes pour voir et être vus. Dans ces décors glamour où les filles arborent toutes des looks de stars hollywoodiennes et où les mecs rivalisent de snobisme, un peintre inconnu fait subitement parler de lui. Son nom : Walter Keane. Grâce à une série de toiles où figurent des gamins aux grands yeux tristes, Walter (Christoph Waltz) s’impose en quelques mois comme une vedette de la scène artistique et people de la ville. Et l’on se presse dans sa galerie où il fait preuve d’un instinct commercial très sûr en se livrant à un merchandising effréné de sa production, comme une sorte de précurseur d’Andy Warhol. Problème : l’auteur de ces tableaux, ce n’est pas Walter, mais son épouse, Margaret (Amy Adams), qui, prisonnière de sa naïveté, a accepté d’œuvrer dans l’ombre pour le seul bénéfice de son mari. Un jeu de rôles qui, heureusement pour elle, ne durera qu’un temps.

Dans Big Eyes, Tim Burton revient sur l’une des histoires vraies les plus extravagantes de l’Art américain. Et rend un hommage jamais sentencieux à une artiste, Margaret Keane, qui, durant des années, vécut sous la domination de son faussaire d’époux. Un pervers dont le charme et l’esprit camouflaient de très bas instincts destructeurs. Tim Burton n’invente rien, donc, mais, comme à son excellente habitude, il privilégie l’humour maximal, la fantaisie tous azimuts et s’en donne à cœur joie pour concocter un univers visuel inimitable : à la fois précipité kitsch sur une époque (les rayonnantes fifties) et reflet des tourments de ses personnages, comme si le spectateur était convié à partager leurs fantasmes tordus. Réflexion jamais pesante sur l’art et la manipulation, Big Eyes, le plus sobre des films de Burton (mais, dans son cas, tout est vraiment relatif), entraine dans une histoire aussi mélancolique que délirante. Une histoire dont l’esthétique ultra singulière doit beaucoup aux peintures de la "vraie" Margaret Keane : ces toiles avec, comme uniques héros, des mômes aux grands yeux bizarres… Partenaires du génial Tim Burton dans cette aventure, les deux acteurs principaux se hissent au niveau de leur metteur en scène, c’est-à-dire très haut. Christoph Waltz, aussi inspiré que chez Tarantino (Inglourious Basterds, Django Unchained), multiplie métamorphoses, rictus, et suscite tout à la fois l’admiration et l’angoisse. Face à l’inquiétant trublion, Amy Adams, dans la peau d’une héroïne d’abord soumise, puis vengeresse, prouve que les meilleurs cinéastes U.S ont d’excellentes raisons de solliciter son tempérament nerveux et atypique. Après ses prestations dans Her (Spike Jonze), The Master (Paul Thomas Anderson) ou American Bluff (David O.Russel), Tim Burton offre une nouvelle occasion en or d’aimer Amy. On le remercie pour cela et… pour tout le reste.   

"Big Eyes", de Tim Burton, avec Amy Adams, Christoph Waltz... Sorti le 18 mars.

Olivier de Bruyn

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