"Benni ": un film choc pour la réouverture des salles "Benni ": un film choc pour la réouverture des salles

Cinéma

"Benni ": un film merveilleusement enragé pour la réouverture des salles par Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

3 minutes

Publié le Mardi 16 Juin 2020

Ouf ! Après plus de trois mois de fermeture, les salles de cinéma accueillent de nouveau le public. Parmi les films qui se bousculent sur les écrans, une pépite à ne pas rater : "Benni", de la réalisatrice allemande Nora Fingscheidt. On vous explique pourquoi.

Pendant plus d’un trimestre, les amoureux du cinéma, hélas, n’ont pas eu d’autres choix que de s’en remettre à leurs petits écrans et de se shooter à la VOD et aux DVDs. Après ces trois mois interminables, les salles de cinéma reçoivent de nouveau les spectateurs le lundi 22 juin et les films, dans les semaines à venir, vont se succéder à un rythme frénétique sur le grand écran.

Parmi toutes ces fictions, une merveille à découvrir illico : Benni, de la cinéaste allemande Nora Fingscheidt. Dans son premier film, la réalisatrice zoome sur une gamine de 9 ans (Benni, c’est elle) qui, la moue boudeuse et le regard fiévreux, ignore tout de l’insouciance de l’enfance, mais n’ignore rien des institutions spécialisées pour mômes "déviants" où les psychiatres se creusent les méninges pour comprendre les souffrances de leurs jeunes patients. Rejetée par sa mère qui préfère ne pas voir grandir cette petite fille non désirée, ingérable dans le cadre scolaire où ses crises de violence effraient ses "camarades", Benni affiche un pedigree du genre hardcore et semble promise à un avenir funeste où l’autodestruction et la marginalité dicteront leurs lois sans pitié.

Avec un tel argument, une majorité de cinéaste auraient foncé tête baissée dans les pièges de la complaisance crapoteuse et dans les surenchères larmoyantes. Heureuse nouvelle : Nora Fingscheidt ne mange pas de ce pain rassis là et signe un premier film qui nous épate grâce à sa puissance de feu et à son émotion jamais putassière. Sans jamais en rajouter rayon pathos, la cinéaste met en scène au plus près "sa" Bennie enragée, en lutte contre les autres et surtout contre elle-même (dans la peau de cette dernière, une révélation : la jeune Helena Zengel) et donne à voir avec pudeur les liens névrotiques de l’héroïne avec un univers familial et social qui ne sait comment la domestiquer.

Pour dresser le portait de cette môme abandonnée à sa violence et à sa rage, Nora Fingscheidt privilégie l’épure et une tension souterraine qui hante chaque scène. Résultat : une fiction bouleversante qui a connu un triomphe mérité en Allemagne - 600.000 spectateurs, une rareté pour une production de ce genre - et qui, on l’espère, attirera dans l’Hexagone des cohortes de cinéphiles avides de découvertes après de si longs mois d’abstinence. Aimez Benni, elle le mérite…
Benni, de Nora Fingscheidt, avec Helena Zengel, Albrecht Schuch, Lisa Hagmeister... Sortie le 22 juin

 

Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires