Andrew Garfield, l’acteur qui joue très bien tout seul Andrew Garfield, l’acteur qui joue très bien tout seul

Cinéma

Andrew Garfield, l’acteur qui joue très bien tout seul par Erick Grisel

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Publié le Vendredi 3 Août 2018

Dans le troublant "Under The Silver Lake", il est de toutes les scènes, et la plupart du temps, sans partenaires. Focus sur l’un des acteurs les plus expressifs et les plus solitaires du cinéma américain.

Il en fait une tête, Andrew ! Regardez la photo qui ouvre ce sujet : il a l’air mal réveillé, ébouriffé, grognon. Il faut dire que Sam, son personnage dans le film, a tout pour ne pas plaire (à l’Amérique des gagnants) : il ne travaille pas, ne paye pas son loyer, passe son temps à lire des B.D. – sa préférée s’appelle Under The Silver Lake -  et à mater ses voisines, dont une un peu étrange qu’il rencontre un soir au bord de la piscine, et qui lui fait un gringue pas possible, façon Marilyn dans son dernier film inachevé. Une nuit d’amour plus tard, Sam s’étonne de la disparition soudaine de cette jolie voisine qui a laissé derrière elle, dans un appartement vidé de ses meubles, d’obscurs indices. S’ensuit alors pour le jeune homme mal coiffé une quête étrange dans la faune interlope de Los Angeles, entre escort girls, rockstars et secte maboule. Devant ce film truffé de références cinématographiques (de David Lynch à Brian De Palma) on est un peu désorienté, certes, mais on se laisse prendre par son atmosphère trouble, sensuelle et parfois très crue (mon dieu, cette scène de baston dans les toilettes !) et la prestation d’Andrew Garfield qui se retrouve souvent seul devant la caméra, poursuivi par d’invisibles ennemis, à la manière d’un Mickey Rourke jouant mille choses même lorsqu’il traverse simplement une rue (dans Angel Heart, par exemple).

Mais à l’inverse de Mickey, acteur autodidacte jouant instinctivement jusqu’à se perdre, Andrew Garfield est un acteur discipliné par les grandes écoles d’art dramatique de Londres. Et quand on a joué, comme lui, dans Roméo et Juliette et autres pièces de Shakespeare, on ne perd pas la boule même quand on se retrouve catapulté à 29 ans star d’un blockbuster tel que Spider-man. À 34 ans, Andrew a beau n’avoir qu’une douzaine de films à son actif, il ne se plaint jamais de manquer de propositions. Le garçon tourne peu mais bien, triant ses rôles sur le volet. Ainsi, en 2016, on le retrouve à la fois à l’affiche de Tu ne tueras point de Mel Gibson et de Silence de Martin Scorcese. Dans ces deux films, comme dans Under The Silver Lake, il est un héros solitaire, mis au ban de la société, se battant pour la vérité. On avait croisé l‘acteur une fois lors d’une table ronde au festival du film Sony de Cancun. Il n’était pas sympathique et même plutôt arrogant tel son personnage du film Social Network qui l’a révélé au grand public en 2010. Mais qu’importe ! Il y a des acteurs tels que lui et Daniel Day Lewis, qu’on n’aimerait pas avoir comme copain mais qu’on adore retrouver en tête à tête dans le noir : dans une salle de cinéma, quoi.

Under The Silver Lake, de David Robert Mitchell, sortie le 8 août 2018

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