"Amanda" : pour ou contre le dernier film de Vincent Lacoste ? "Amanda" : pour ou contre le dernier film de Vincent Lacoste ?

Cinéma

"Amanda" : pour ou contre le dernier film de Vincent Lacoste ?

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Publié le Mardi 20 Novembre 2018

Mikhaël Hers dirige l’incontournable Vincent Lacoste dans une fiction qui cherche à rendre compte, façon intimiste, des traumatismes post attentats à Paris. Un film puissant ou navrant ? Les avis sont (très) partagés.

Pour : par Olivier De Bruyn
L’argument du scénario fait peur, voire très peur. David, 24 ans, un Parisien insouciant, voit sa jeune existence saccagée quand, suite à un attentat qui ensanglante la Capitale, il perd sa sœur aînée et décide de s’occuper de la fille de cette dernière : Amanda, 7 ans, une gamine évidemment traumatisée. Cerise sur le gâteau, si l’on ose dire, David est orphelin de père et il connaît à peine sa mère, qui a refait sa vie en Angleterre depuis des lustres. Ses seuls soutiens en ce bas monde : sa tante, chez qui il trouve un peu de réconfort, et Léna une jeune fille qui habite en face de chez lui et dont il est tombé amoureux.

Avec un tel sujet et de tels malheurs pesant sur les épaules de son héros fragile, Mikhaël Hers avait toutes les chances de se prendre les pieds dans le tapis double épaisseur du misérabilisme et du chantage aux grands sentiments. Miracle : le cinéaste, déjà repéré pour le précieux Ce sentiment de l’été, échappe à tous les pièges. Dans Amanda, un film discrètement bouleversant, tout repose sur le regard délicat et la sensibilité pudique de ce metteur en scène qui préfère la suggestion aux vociférations et les ellipses aux explications de textes.

Non content de signer deux des plus beaux portraits vus cette année dans le cinéma français (celui de David, jeune homme en reconstruction, et celui d’Amanda, gamine en résilience), Michaël Hers, sans jamais s’appesantir, met en scène un film intense sur le Paris d’après les attentats, avec ses peurs viscérales, ses blessures à vif et son désir de continuer à bouffer la vie par tous les bouts comestibles, malgré tout…

Un film d’une rare justesse, donc, et un acteur au diapason. Lui, c’est Vincent Lacoste qui, loin des rôles fantaisistes qu’il a génialement campés jusqu’alors, incarne David avec une sobriété et une retenue "juste" poignantes. Pour Lacoste et pour tout le (beau) reste, il faut courir voir Amanda.  

Contre : par Erick Grisel

C’est bien la première fois que ça m’arrive. Émerger d’une projection de presse, avec le sentiment d’être passé complètement à côté d’un film, et de constater que mes collègues journalistes en sont ressortis, eux, complètement bouleversés. Je n’étais pourtant pas spécialement de mauvais poil ce matin-là. Et la perspective de retrouver Vincent Lacoste, toujours judicieux dans le choix de ses rôles, était réjouissante. Alors que s’est-il passé avec ce film Amanda, de Mikhaëls Hers, réalisateur à la très bonne réputation ? C’est qu’en cherchant bien, je ne parviens à trouver qu’une seule qualité à cette histoire de garçon qui prend en charge la petite fille de sa sœur victime d’un attentat terroriste : elle donne envie de faire du vélo. Amanda est même une ode à ce moyen de transport : les personnages pédalent nonchalamment, parfois côte à côte, et de façon si formelle qu’on a l’impression d’être installé devant eux sur le camion plateau. Pour le reste, rien ne va. Les dialogues sont consternants ("Alors, il est bon, ce Paris-Brest ?", "On se le prend, ce café ?"). La petite fille récite bien son texte et pleure mieux que Vincent Lacoste qui semble avoir eu un mal fou à lâcher quelques larmes. Sans compter qu’on ne croit pas du tout à son métier d’élagueur d’arbres. Quant à la courte scène de l’après attentat : les figurants semblent parodier le clip Thriller de Michael Jackson. Comment peut-on foirer un truc pareil ? Eh bien c’est fait.

Amanda, de Mikhaël Hers, avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin… Sortie le 21 novembre 2018.

Olivier de Bruyn et Erick Grisel

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