"Adam" : la pépite ciné venue du Maroc "Adam" : la pépite ciné venue du Maroc

Cinéma

"Adam" : la pépite ciné venue du Maroc par Olivier De Bruyn

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Publié le Mardi 4 Février 2020

Dans son premier film, Maryam Touzani met en scène deux femmes de Casablanca qui luttent contre les tabous. Une merveille à découvrir de toute urgence.

Les bonnes nouvelles qui balisent l’actualité du cinéma viennent fréquemment du Maghreb ces temps-ci. Et elles sont redevables à des réalisatrices audacieuses qui n’aiment rien tant que dynamiter les interdits et adresser un doigt d’honneur aux machos de tous poils… En octobre dernier, Mounia Meddour nous emballait avec Papicha, l’histoire d’une bande de jeunes algériennes qui tentaient de résister aux fanatiques religieux liberticides. En attendant, la semaine prochaine, la sortie sur nos écrans ravis de Un divan à Tunis, une excellente comédie signée Manele Labadi sur une psy (alias Golshifteh Farahani) qui tente d’exercer son job en Tunisie, un troisième film et une troisième cinéaste nous enchantent.

Dans Adam, sa première fiction en tant que réalisatrice, la Marocaine Maryam Touzani - connue pour ses activités de scénariste aux côtés de son conjoint Nabil Ayouch, notamment pour Much Loved, sur la prostitution au Maroc - plante sa caméra dans la Medina de Casablanca et dans les quartiers populaires que visitent peu les touristes. Dans une maison (trop) calme qui ressemble à tant d’autres, Abla, une jeune veuve, élève en solo sa gamine de 8 ans et semble ne plus croire en rien dans sa triste existence. Bientôt, l’héroïne héberge sous son toit Samia, une jeune fille qui est tombée enceinte hors mariage, ce qui constitue un délit au Maroc. Entre ces deux femmes solitaires et éprouvées par la vie, une amitié profonde voit peu à peu le jour.

Pas un gramme de sensiblerie larmoyante, pas un soupçon de complaisance… En racontant l’histoire de ces héroïnes mal-en-point, Maryam Touzani privilégie la suggestion, le murmure, la pudeur. Dans cette maison où Samia, Alba et la gamine de cette dernière réapprennent peu à peu à sourire, à relever la tête et à s’imaginer un avenir, la cinéaste, non contente de dresser le portrait ultra sensible de ses personnages, raconte les réalités rudes du Maroc d’aujourd’hui où les femmes sont si souvent contraintes de se soumettre à des lois et à des conventions accablantes. Samia et Abla entament un combat pour ne plus accepter l’inacceptable. Leur lutte est bouleversante et on remercie Maryam Touzani de l’avoir si bien mise en scène dans ce un film qui, sans faire de bruit, s’impose comme l’un des plus beaux des derniers mois.

"Adam", de Maryam Touzani, avec Lubna Azabal, Nisrin Erradi… Sortie le 5 février.

Olivier De Bruyn

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