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Cinéma

3 beaux films à regarder en replay sur Arte par Erick Grisel

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Publié le Mardi 17 Mars 2020

Ce ne sont pas des chefs-d’œuvre, juste de jolis films qui font un pincement au cœur quand on les voit. Et comme il n’y a pas que Netflix dans la vie, on les (re)découvre sur Arte, notre chaîne préférée.

1.Les Conquérantes, de Petra Biondina Volpe
Savez-vous que dans certains cantons suisses, les femmes n’ont eu le droit de voter qu’à la fin des années 1980 ? Et c’est cette lutte dans le canton d’Appenzell que raconte ce film dont on avait parlé en termes élogieux dans Glamour en 2017.  Deux ans plus tard, en le regardant sur Arte Replay, on se fait de nouveau embarquer par l’histoire. Celles de femmes qui décident de faire la grève du sexe et du ménage pour se réunir ensemble dans le chalet de l’une d’entre elles et se battre pour obtenir le droit de vote. Même si on se doute que ce film n’a pas bénéficié d'un budget monstre, la reconstitution de ce village suisse dans les années 1970 est impeccable et pleine de charme. Et puis il y a un couple merveilleux (joué par Marie Lieberger et Maximilien Simonischek). Nora est une femme au foyer qui n’a jamais connu sexuellement la jouissance. Lui, Hans, est un homme buté qui refuse que sa femme travaille à l’extérieur. Mais ils s’aiment. Et cet amour finit par faire de cet homme obtus un féministe convaincu, défendant sa femme contre la frange la plus conservatrice et violente du village. Et quand, à la fin du film, Nora ouvre les cuisses pour que Hans regarde vraiment son sexe, cette scène, étrangement, est d’un romantisme absolu.

2.Vénus Beauté (Institut) de Tonie Marshall
Quel plaisir (nimbé d’un soupçon de mélancolie) de retrouver toute une ribambelle d’actrices rajeunie de vingt ans dans ce film de Tonie Marshall disparue le douze mars dernier. A chaque coin de scène, il y a une tête que l’on connaît bien, et que le cinéma a définitivement adopté après le succès du film en 1999. La toute jeune Audrey Tautou, Brigitte Rouan, Liliane Rovere (l’agent fumeuse de clopes de la série Dix pour cent), Catherine Hosmalin (la grosse matrone de la série Maison Close). Et puis, bien sûr, Nathalie Baye qui avait cinquante ans à l’époque et en paraissait dix de moins sans être encore passée, hélas, par la chirurgie esthétique. On se fiche un peu que ce Vénus Beauté (Institut) ne soit pas vraiment crédible. On se demande pourquoi les hommes y entrent comme dans un moulin. Et pourquoi Nathalie Baye, pourtant peu farouche dans le film, se refuse à un Samuel Le Bihan éperdument amoureux d’elle. Mais toutes ces petites scènes qui s’enchaînent ont un charme fou, on sourit devant la gouaille de Mathilde Seigner pas encore énervante à l’époque, on s’émeut de voir Edith Scob (disparue l’année dernière) et on adore détester la bourgeoise snobinarde incarnée par Bulle Ogier. Les couleurs de ce salon de beauté rappellent les films de Jacques Demy, la sonnette de la boutique résonne comme un jingle de Richard Gotainer. Et l’on se dit que Tonie Marshall, seule réalisatrice française à avoir obtenu un César pour ce film, aimait vraiment les femmes et les actrices. Il suffit de voir son dernier film Numéro Une ( sorti en 2017) avec Emmanuelle Devos pour en être définitivement persuadé.

3. Le père de mes enfants de Mia Hansen-Love
Si la vie d’un producteur de cinéma nous paraît nébuleuse, il suffit de voir ce film pour comprendre. L’esbroufe, le charme, la persuasion qu’il faut déployer pour convaincre les financiers, les banquiers. Aucun obstacle, aucun déboire, ne semble altérer la passion de Grégoire pour le cinéma. Personnage apparemment invincible, jonglant avec ses téléphones comme avec les factures, résolvant un problème à chaque instant avec un certain détachement, il se retrouve pourtant un jour confronté à l’échec.
Un film uniquement pour les "gens du métier" que ce Père de mes Enfants ? Non, car c’est aussi un film sur la paternité et l’harmonie familiale, un état peu traité au cinéma. On adhère totalement à cette heureuse petite famille qu‘un drame va bientôt recouvrir d’un voile sombre. Et ce drame, justement engendré par la dureté du monde du cinéma, la réalisatrice ne l'a pas totalement inventé. C’est du destin du producteur Humbert Balsan dont s’est inspirée Mia Hansen-Love pour son second film tourné en 1998 qui révélait déjà, alors qu’elle n’avait que vingt-huit ans, ses talents de directrice d’acteurs (jamais récompensée, depuis, par un César). Il faut dire  que dans sa tache, elle était épaulée par le comédien Louis-do Lencquesaing d’un naturel et d’un sens du rythme confondant dans le rôle de Grégoire.

Erick Grisel

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