« Paranoïa » : Claire Foy nous fout les jetons ( et c’est bon ! ) « Paranoïa » : Claire Foy nous fout les jetons ( et c’est bon ! )

Cinéma

"Paranoïa" : Claire Foy nous fout les jetons ( et c’est bon ! ) par Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

5 minutes

Publié le Vendredi 6 Juillet 2018

Dans son nouveau film, tourné avec un téléphone portable, Steven Soderbergh nous entraîne dans une histoire flippante où excelle l’actrice de la série The Crown. Une mécanique qui fonctionne (presque) impeccablement.

Steven Soderbergh déteste radoter et on l’en remercie. Après avoir quitté pendant plusieurs années une industrie du cinéma à ses yeux trop formatée pour aller fureter du côté des séries (The Knick), le metteur en scène de Sexe, mensonges et vidéo et du Che (entre autres merveilles) est de retour sur le grand écran avec des films pensés et financés aux antipodes du modèle hollywoodien. Quelques mois après l’excellent Logan Lucky, une histoire de braqueurs prolos incarnée par Channing Tatum et Adam Driver, Soderbergh signe Paranoïa, un film tourné pour un budget ridicule avec un… téléphone portable. Coup marketing ? Esbroufe ? Deux fois non. La chose, esthétiquement, tient la route et prouve qu’il est possible de tourner des films convaincants sans dépenser des milliards de dollars. Ce qui devrait inspirer tous les apprentis cinéastes d’Amérique et d’ailleurs.

Dans Paranoïa, Sodebergh suit à la trace une héroïne énigmatique et solitaire, Sawyer, qui bosse comme secrétaire et enchaîne les histoires d’un soir avec des mecs qu’elle méprise. A priori absolument "normale", elle se retrouve internée contre son gré dans une inquiétante institution psychiatrique. Sawyer, qui prétend avoir été victime de harcèlement quelques années plus tôt, croit reconnaître son agresseur parmi le personnel de l’hôpital. Délire-t-elle ou non ? Est-elle rongée par la paranoïa ou est-elle victime d’une obscure machination ? Telles sont les (bonnes) questions…Soderbergh a décidément le chic pour trousser des histoires dérangeantes et ambiguës. Et son nouveau film, nerveux à souhait, nous entraîne dans un récit déstabilisant qui sonde les frontières poreuses entre raison et déraison. Même si la première partie est bien plus convaincante que la seconde (mais hors de question de "spoiler"), le film se distingue néanmoins toujours de l’ordinaire et impose son charme trouble et vénéneux. Partenaire indissociable du cinéaste dans la réussite de Paranoïa, Claire Foy, alias Sawyer, confirme tout le bien que l’on pense d’elle depuis sa révélation dans la série The Crown. Emouvante et flippante, séduisante et inquiétante, l’actrice joue aux montagnes russes avec nos nerfs sans jamais céder aux surenchères. Une raison de plus pour guetter avec impatience sa prestation à l’automne dans Millenium : ce qui ne me tue pas, de Fede Alvarez où elle reprend le rôle abrasif de Lisbeth Salander. Un nouveau rôle potentiellement royal. 

Paranoïa, de Steven Soderbergh, avec Claire Foy, Joshua Leonard… Sortie le 11 juillet 2018.

Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptés à vos centres d’intérêts, dans le respect de notre politique de confidentialité. Cliquez ici pour en savoir plus