"L’île aux chiens" : Wes Anderson revient avec un film poilant et… flippant "L’île aux chiens" : Wes Anderson revient avec un film poilant et… flippant

Cinéma

"L’île aux chiens" : Wes Anderson revient avec un film poilant et… flippant par Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

4 minutes

Publié le Lundi 9 Avril 2018

Wes Anderson ("The Grand Budapest Hotel") signe son retour avec un film d’animation singulier où les héros sont des chiens menacés d’extermination. De quoi japper de plaisir t de peur.

Il nous fait aboyer de joie, mais pas que… Dans L’île aux chiens, son second film d’animation après le génial Fantastic Mr.Fox, l’Américain Wes Anderson confirme qu’il ne fait rien comme tout le monde, ce qui n’est pas un reproche. Dans son nouveau délire sur grand écran, le cinéaste imagine le Japon dans un futur proche, gouverné par de redoutables fascistes. Le maire d’une grande ville, un dictateur qui adore les chats et voue une haine féroce aux chiens, décide de déporter ces derniers sur une île au large de la ville, qui sert de décharge publique. En ces lieux hostiles, une poignée de toutous rebelles, entourés de détritus et de rats, décident d’organiser la résistance et d’échapper ainsi au génocide canin qui les menace.

Le racisme et la purification éthique sont-ils de bons arguments pour un film destiné à presque tous les publics (on conseille aux spectateurs de moins de dix ans de rester dans leur niche) ? Oui, répond Wes Anderson et, après voir découvert L’île aux chiens, on ne songe pas une seconde à le contredire. Dans son nouveau film, où il rend en passant un hommage impertinent à quelques maîtres du cinéma japonais (Akira Kurosawa, en tête), le cinéaste nous entraîne dans une histoire à la fois poilante - les gags saugrenus se bousculent au portillon - et flippante, puisque le fond de l’affaire - la manipulation des masses et l’idéologie génocidaire - n’a rien de frivole.


Persuadé que l’on peut rire avec le pire, Wes Anderson, avec son île putride où cohabitent des clébards de tous poils, bâtit un univers en vase clos comme il les adore (voir le sous-marin de La vie aquatique ou le palace de The Grand Budapest Hotel). Le résultat : une merveille pour le regard - chaque plan témoigne du génie stylistique du réalisateur - et une riche denrée pour l’esprit, puisque L’île aux chiens, sans jamais donner de grandes leçons, donne à réfléchir sur les hommes de pouvoir prêts à tout pour asseoir leur domination. Même si l’on déteste les clebs, aucune raison de ne pas caresser dans le sens du poil les quadrupèdes de ce film évidemment mordant.  

L’île aux chiens, de Wes Anderson, avec les voix (en français) de Vincent Lindon, Romain Duris, Isabelle Huppert, Léa Seydoux… sortie le 11 avril.

Olivier de Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptés à vos centres d’intérêts, dans le respect de notre politique de confidentialité. Cliquez ici pour en savoir plus