Nora Hamzawi nous a fait pleurer "Doubles vies": Nora Hamzawi nous a fait pleurer

Cinéma

Nora Hamzawi nous a fait pleurer (et pas de rire) par Erick Grisel

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Publié le Mercredi 16 Janvier 2019

Non pas qu’elle ait été méchante avec nous ! Mais pour la première fois, l’artiste de stand-up joue la carte de l’émotion dans "Doubles vies", le nouveau film d’Olivier Assayas. Et dans ce nouveau registre, elle se montre tout à fait convaincante. Rencontre avec une humoriste actrice qui a été – ô surprise ! - journaliste à Glamour.

Elle aurait voulu avoir un coach, Nora, avant d’entamer le tournage de "Doubles vies". Pour être, dit-elle, à la hauteur de ses partenaires – Juliette Binoche, Guillaume Canet et Vincent Macaigne - tous trois acteurs de cinéma chevronnés. Mais le réalisateur Olivier Assayas l’en a dissuadée. Tout comme Juliette Binoche qui, la veille de leurs scènes ensemble dans l’île de Majorque, lui a pris la main dans l’avion : "Comme j’ai très peur de l’avion, mon agent m’a dit qu’il allait me mettre à côté d’elle pendant le voyage pour me rassurer. Mais Juliette ou pas Juliette, si l’avion devait s’écraser, le résultat aurait été le même ! Il n’empêche qu’elle m’a beaucoup mise en confiance en me disant, lorsque je lui a fait part de mes doutes, qu’il ne fallait pas que je me prenne la tête, que je devais juste être à l’écoute."

Dans une brasserie près de la Maison de la Radio, où elle enregistrait une émission quelques minutes plus tôt, Nora nous parle tout en dégustant un croque-monsieur. Lunettes cerclées de noir, cheveux remontés en chignon… elle a exactement le même look que son personnage dans le film. Ou alors son personnage a le même look qu’elle... Et pourtant, la Valérie qu’elle incarne est son exact opposé : une fille un peu raide, control freak, qui soudain perd son aplomb mais gagne en humanité lorsqu’elle comprend qu’elle est peut-être trompée par son mec (Vincent Macaigne). Lors d’une scène très émouvante, elle lui dit ces mots simples « Est-ce que tu m’aimes ? Parce que moi je t’aime » : "Olivier m’a dit de marquer un temps entre ces deux phrases. Et il avait raison, puisque c’est en prenant ce temps que l’émotion est montée." Quand on lui fait remarquer que ce rôle et ce film seront sans doute une étape importante dans sa carrière, Nora élude : "Moi, je n’en sais rien. Tout dépend de la façon dont le film va être reçu. Tout ce que je sais, et cela va vous paraître niais, c’est ce que pendant ce tournage, j’étais comme dans un cocon. Tout me semblait fluide "

"Fluide", ce n’est pas le mot qui pourrait qualifier son début de carrière. Mais pour quel artiste de stand-up, cela l’a-t-il été ? Nora Hamzawi se souvient des quelques mois passés en tant que rédactrice sur le site des Galeries Lafayette puis d’une année passée au sein de la rédaction web de Glamour. "Je m’entendais bien avec mes collègues mais je n’étais pas très bien dans ma peau à cette époque. J’étais complexée, je ne me sentais pas à ma place." Certains soirs, elle participe à une émission présentée par Laurent Ruquier, où ses performances de stand-up sont jugées par des comiques pas si comiques. "On me consolait de m'être faite allumer le lendemain matin à la rédaction. C’était une époque difficile où je jouais aussi parfois le soir dans un petit théâtre devant douze personnes, en général des copains. Mais malgré la difficulté, je n’ai jamais remis en question le fait que c’était là-bas, sur scène, ma vraie vie."

Aujourd’hui Nora est sur tous les fronts. Elle peaufine son prochain spectacle, écrit des chroniques pour la presse, la radio ou la télé, vient de terminer, en tant qu’actrice, le premier film de son frère (sortie en septembre). Mais comment fait-elle pour gérer tout ça ?  "Je bosse par blocs, le plus intéressant étant celui qui consiste à écrire un spectacle. J’ai besoin de me mettre des échéances.  Cela m’aide à avancer. Mais je passe beaucoup de temps à penser que je ne travaille pas assez. Cela provoque chez moi pas mal de culpabilité. " Quand Nora ne travaille pas, elle s’autorise des occupations toutes simples mais qui lui semblent d'un luxe inouï "Prendre le temps de manger et dormir, par exemple !" mais son truc ultime, c’est la montagne "Non pas que j’éprouve une passion débordante pour le ski. J’aime simplement la neige, me balader, respirer." Tout en nous parlant, Nora jette de temps à autre un œil discret à son portable.  A un moment, elle fait mine de s’agacer : "C’est une copine à qui j’envoie des textos depuis des jours. Elle a disparu de la circulation, et là, elle m’écrit "Hello, je viendrai voir ton spectacle."  C’est dingue ! Je lui dis que je m’inquiète, et elle me dit "Hello !".  Elle nous raconte ensuite, en riant, son interview avec une journaliste qui (le film parlant d’adultère), lui a demandé si elle avait déjà vécu une expérience d‘adultère : "Comme si j’allais lui répondre !". Elle nous l'accorde - ce genre de menus agacements nourrissent ses sketchs  -   tout en précisant : "Et ils construisent aussi de belles amitiés. Je me souviens d’une fille à l’école, à qui j’avais demandé le premier jour de la rentrée "Et toi, tu aimes qui dans cette classe ?"  Elle m’avait répondu "personne !"  Et je lui ai dit " Moi non plus !" Et on est devenues tout de suite amies." 
Doubles vies d’Olivier Assayas, sortie le 16 février
Nouveau Spectacle – Nora Hamzawi au Théâtre Le République à Paris

Erick Grisel

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