Cinéma

Comment le film d’une jeune réalisatrice française s’est retrouvé sur Netflix par Erick Grisel

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Publié le Jeudi 5 Avril 2018

Elle est la première réalisatrice française dont le film “Blockbuster“ est devenu le premier « Original Netflix France » diffusé dans le monde. July Hygreck nous détaille les étapes de son étonnante aventure cinématographique.


Oser se lancer : "Tout est parti d’un court métrage "Moi aussi" écrit par mon frère Tom, que j’ai réalisé, et qui racontait la difficulté de dire "Je t’aime". Tout le monde nous disait "Ce serait bien d’en faire un film ! "Je suis allée à Cannes rencontrer des financiers. J’ai été à deux doigts de concrétiser le projet. Mais je suis rentrée à Paris bredouille. Je me suis dit alors : " Fuck le système. On va tourner quand même ! "

Trouver l’argent : "Ça a été compliqué et laborieux.  Et cela s’est fait grâce à un producteur franco-italien qui a compris le film. On a trouvé une coproductrice, un distributeur. Et quand la somme de 300 000 euros a été réunie, on s’est dit "On y va !". Le film s’est tourné en mode communiste : tout le monde était payé pareil. Je me souviens que le chef-op disait "Je n’ai pas honte de taxer une clope à un stagiaire puisque je suis payé comme lui."

Constituer le casting : "Trois semaines avant le tournage, le comédien qui était prévu a eu des exigences financières impossibles à satisfaire. Lors d’un casting pour un autre film que je prépare et qui n’a pas été encore tourné, j’avais repéré le comédien Syrus Shahidi. J’avais besoin d’un Caliméro, et j’ai eu mon Caliméro. Il a repris le rôle au pied levé. Pour Lionel Abelanski qui joue son père, on y est allé au culot. J’ai chopé son numéro via quelqu’un de mon entourage, je l’ai rencontré près du Théâtre Edouard VII, où il jouait. Il a aimé l’histoire. Et on a tourné ses scènes d’hôpital en une seule journée."

Tourner en quatre semaines : "Tout s’est fait avec le smile et dans une énergie permanente.  Il fallait être inventif. Le plus difficile, c’était les scènes tournées à l’iPhone. Pour ça, on s’est offert le luxe d’une dizaine de jours de répétition. Et on a fait du tournage sauvage, sans autorisation. Comme l’angle de vue, pour ces scènes, était de 360 degrés, il fallait se planquer partout et je dirigeais les comédiens à l’oreille et sans watchman. J’ai mis un point d’honneur à ne pas faire faire d’heures supplémentaires à l’équipe. Déjà qu’elle n’était pas bien payée. Ce métier, au fond, c’est 90% d’humain."

Choisir Netflix : "Blockbuster devait sortir en salle. Un distributeur nous avait dit que notre film, c’était Le péril jeune d’aujourd’hui. On a été présélectionné par La Berlinale et Sundance. C’est ensuite que le vendeur international a joué son rôle. Il a montré mon pitch vidéo à Netflix, lors d’un marché du film à Toronto. Puis on leur a organisé une projo spéciale. Les discussions ont été longues, six mois, je crois. Si on a choisi l’option Netflix, plutôt que la sortie en salle, c’est parce qu’être vu dans 190 pays, par 120 millions de spectateurs potentiels, cela ne se refuse pas. Le film sera pendant trois ans sur la plateforme. C’est un peu comme s’il restait à l’affiche pendant tout ce temps-là. Blockbuster fait partie des films français les plus rentables pour le moment. En un deal, il a été remboursé et a généré de petits bénéfices."

Bénéficier de l’effet Netflix : “Le film est sorti sur la plateforme le 24 janvier, et le 26 j’ai eu une proposition d’un grand studio américain. Ce qui montre la puissance de Netflix. J’ai reçu des messages hyper mignons du monde entier. Désormais les producteurs me prêtent plus attention, même si c’est pour me demander la plupart du temps les coordonnées des responsables Netflix. Quant à la fameuse question des chiffres… je ne connais pas la réponse et ne la connaîtrai jamais. Chez Netflix, on ne les donne pas. J’ai essayé d’avoir des infos, mais la réponse a été : "Même à Will Smith et J.J. Abrams, on ne donne pas les chiffres." C’est la politique de la boîte : ne pas faire subir la pression des chiffres. On m’a donné seulement la liste des pays qui ont le plus apprécié mon film : Le Brésil, la Russie, les USA et La Corée du sud.“

Blockbuster, de July Hygreck en ce moment sur Netflix. Crédit photo : Simon Letellier


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