Selon une étude, les colorations permanentes, les lissages et les défrisages chimiques pourraient augmenter le risque de cancer du sein Selon une étude, les colorations permanentes, les lissages et les défrisages chimiques pourraient augmenter le risque de cancer du sein

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Les colorations permanentes, les lissages et les défrisages chimiques pourraient augmenter le risque de cancer du sein par Pierre-Guillaume Ligdamis

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Publié le Vendredi 6 Décembre 2019

Une nouvelle étude met en garde contre la dangerosité de certains composants chimiques jugés cancérigènes présents dans des colorations et autres produits défrisants qui peuvent facilement pénétrer dans le sang jusqu’à atteindre le tissu mammaire et causer des cancers du sein.

Ce sont des produits devenus partie intégrante des routines de nombreuses femmes : colorations permanentes, lissages et défrisages. Autant de techniques qui ne nécessitent même plus que l’on se déplace chez le coiffeur. On peut en effet les réaliser chez soi grâce à des produits -loin d'être toujours des plus recommandables- vendus dans les grandes surfaces ou dans des boutiques spécialisées. Au contraire ceux-ci sont bien souvent plutôt nocifs et contiennent des composants chimiques qui peuvent s’avérer dangereux pour la santé. 

En témoigne une récente étude menée par des experts en santé publique de l’Institut national des sciences de la santé de l’environnement. Ces derniers se sont intéressés aux habitudes capillaires de plus de 46 000 femmes aux Etats-Unis inscrites à la Sister Study (un programme qui accompagne des femmes qui ont une sœur atteinte d’un cancer du sein, afin de les aider à en déterminer les causes environnementales ou génétiques). 
Les interrogées ont donc été suivies pendant six à huit ans dans le but de déterminer s’il existait un lien entre l’utilisation régulière de produits capillaires chimiques et le risque de développer un cancer. 
Ainsi plus de la moitié d’entre elles (55%) ont déclaré utiliser des colorations permanentes de façon assez récurrente, quand 1 femme sur 10 a avoué avoir recours à des défrisages ou des lissages. 

A la suite de leurs recherches, les chercheurs ont pu en conclure que les ferventes utilisatrices de ce type de produits avaient 9% de chances de plus que celles qui n’en utilisent aucun de développer un cancer du sein. Celles qui se teignent les cheveux au moins une fois par an auraient 45% de chances de plus de développer la maladie. Un chiffre qui grimpe à 60% pour celles qui le font régulièrement (toutes les cinq à huit semaines). Les lissages quant à eux augmenteraient le risque de 30% s’ils sont effectués tous les mois ou tous les deux mois. 

Les femmes noires particulièrement concernées 
L’étude indique que la menace serait d’ailleurs encore plus accrue chez les femmes noires. Il a été constaté que ces dernières étaient plus nombreuses à utiliser fréquemment colorations ou défrisants. Elles étaient 74% à affirmer avoir souvent recours à des défrisants contre 3% de femmes blanches. "C’est un fardeau supplémentaire auxquelles les femmes noires doivent faire face du fait de l’utilisation de ces produits lissants que les femmes blanches n’utilisent pas" reconnaît Alexandra White qui a participé à ce rapport.
La chercheuse suggère notamment la possible existence de différences de formulation et d’ingrédients contenus dans les produits vendus aux femmes blanches et aux femmes noires. Dale Sandler co-auteur de l’étude avance de son côté "que les cheveux plus épais absorberaient davantage de teinture". Des explications qui demandent encore à être creusées avant d'être confirmées. 

Des recherches qui nécessitent d'être approfondies 
Il n'empêche que plusieurs études ont démontré auparavant la dangerosité et la toxicité de nombreux actifs présents dans les produits capillaires, considérés comme des perturbateurs endocriniens. Leur capacité à pénétrer dans le sang et circuler dans le corps avait déjà été mise en évidence, pouvant alors atteindre le tissu mammaire.
Toutefois, Alexandra White a tenu à souligner à Insider que cette étude était à traiter avec prudence. Notamment parce que les personnes sondées étaient peut-être déjà prédisposées génétiquement à contracter un cancer en raison de leurs antécédents familiaux. Aussi elle précise qu’il est assez difficile d’estimer précisément quels sont les ingrédients à risque même si certains sont effectivement connus pour être cancérigènes : "la teinture pour les cheveux contient plus de 5.000 composés différents, et les formules changent constamment. Nous savons également que beaucoup de facteurs différents influencent le risque de cancer du sein".  

Tamarra James-Todd, autre chercheuse interrogée par Insider qui n’a pas participé à cette recherche, confirme que le fait d’utiliser régulièrement des produits chimiques dans ses cheveux n’a effectivement rien de positif. Elle déplore également une industrie encore trop peu règlementée et un accès bien trop facile à ces produits toxiques qu’il convient de savoir manipuler. Selon elle, il est donc tout à fait possible que les femmes déjà prédisposées à contracter un cancer soient encore plus vulnérables lorsqu'elles ont recours aux colorations et autres produits chimiques.  

Elle recommande alors aux femmes qui ne sont pas prêtes à tirer une croix sur les couleurs et les lissages de faire preuve de prudence. L'idéal serait plutôt de se tourner vers des colorations semi-permanentes moins risquées ou vers des teintures et lissages à base d’ingrédients naturels. 
 

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