Le mois de la beauté

"Fragrance-free", quand les anti-parfums se rebiffent par Anthony De Pasquale

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Publié le Jeudi 7 Juin 2018

Vous aimez vous parfumer ? Attention, il est possible qu’on vous refuse l’entrée sur le sol américain. En effet, aux Etats-Unis et au Canada, de plus en plus d’établissements publics demandent à leur clientèle de ne pas porter de parfums…Ou comment se débarrasser définitivement de l'eau de Cologne de votre grand-père.

Procès à Détroit
Faut-il interdire les parfums ? C’est ce que préconise l’Association pulmonaire du Canada : "Que votre parfum soit de bonne ou de mauvaise qualité, les produits chimiques qu’il contient peuvent causer des problèmes de santé pour les personnes qui vous entourent ", peut-on lire sur son site web. En 2005, Ottawa, la capitale du Canada, s'est calée sur la politique "No scents is good sense" d’Halifax (ville de la Nouvelle-Écosse, province de l'est du Canada), qui interdit de fumer et de rentrer parfumé dans les bâtiments et les transports publics. Son hôpital, pionnier du mouvement, a instauré les premières mesures anti-parfum au début des années 1990. Aux États-Unis, l’exemple le plus marquant concerne la ville de Détroit : en 2006, la justice a versé 100 000 dollars de dommages et intérêts à une employée municipale, Susan McBride, qui réclamait le droit de travailler dans un environnement inodore en raison d’allergies. Un certain nombre d’entreprises ont également suivi le mouvement aux États-Unis comme au Canada. 



La naissance des zones "scent-free"
Dans une étude intitulée "Parfum de scandale", rendue publique le 10 février 2005, Greenpeace s'est penchée sur la question. En analysant la composition chimique de trente-six eaux de toilette et eaux de parfum, tous renfermeraient des substances nocives pour la santé. Les muscs de synthèse, et plus particulièrement les muscs polycycliques galaxolide (HHCB) et tonalide (AHTN), et plusieurs phtalates, surtout le diéthyl phtalate (DEP), très largement utilisés par l’industrie du parfum, seraient dangereux pour les poumons. On y apprend aussi que les odeurs fortes peuvent provoquer des migraines, mais aussi une irritation des yeux, du nez ou de la gorge. Les personnes sensibles aux produits chimiques seraient trois fois plus nombreuses en 2016 qu’en 2006. Face à ce constat, de plus en plus de bâtiments publics deviennent scent-free en Amérique du Nord, principalement des écoles, des universités et des hôpitaux. L’Université du Colorado s’est d'ailleurs engagée en faveur de ce mouvement et a posté sur YouTube une vidéo pédagogique le 19 avril 2018.



Et en Europe alors ?
De ce côté-ci de l'Atlantique, nous n'en sommes pas encore arrivés là. En 2012, la Commission européenne, saisie par le Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs (CSSC), a durci la réglementation en optant pour l'interdiction de certains ingrédients et pour une extension des règles d'étiquetage visant à protéger les consommateurs des risques d'allergies. Depuis la mi-mars 2017, l’HICC, l’Atranol et le Chloroatranol, trois substances présentes dans les cosmétiques, jugées dangereuses par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (SCCS), ne pourront plus être mis sur le marché de l’Union européenne. Pour toutes ces raisons de santé et pour ne plus jamais tomber sur un mec parfumé à l'eau de toillette cheap, allez-y mollo sur le pschit.

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