Cheveux blancs, jambes poilues, sourcils pas épilés… : se négliger, c’est le nouveau cool Cheveux blancs, jambes poilues, sourcils pas épilés… : se négliger, c’est le nouveau cool

Le mois de la beauté

Cheveux blancs, jambes poilues, sourcils pas épilés… : se négliger, c’est le nouveau cool par Laura Carreno-Müller

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Publié le Vendredi 15 Juin 2018

Depuis plusieurs mois, les selfies "body-friendly" se multiplient sur les réseaux sociaux. Et si se laisser-aller c’était se négliger avant, aujourd’hui, se montrer sous son jour le plus naturel est devenu synonyme d’empowerment.

Vous en avez marre de vous apprêter ? Détendez-vous : en beauté, la tendance est au laisser-aller. Rihanna et ses jambes poilues, Cardi B et son look make-up free ou encore Ashley Graham et sa cellulite… Ces people se "négligent" et l’assument. D’autres le font subtilement, comme la bloggeuse américaine Leandra Medine Cohen. "Je ne touche pas à mes poils de bras parce qu’ils ne me dérangent pas", confiait-elle sur son site Man Repeller en 2015. Plutôt que d'y poser une bandelette de cire, elle y empile donc des bracelets. Façon de contester clairement les canons de beauté traditionnels et de créer un appel d’air qu’on attendait comme le Messie.  

 

when u can’t wait for summer.

Une publication partagée par badgalriri (@badgalriri) le

 

New suit - who dis? Drops in May???? ©flightphotoagency

Une publication partagée par A S H L E Y G R A H A M (@ashleygraham) le

 

Growing summer stack (and some hair)

Une publication partagée par Leandra (Medine) Cohen (@leandramcohen) le


Le backlash de la "healthy attitude" 

Avant il y avait le healthy avec ses photos de salade garnie de pousses de soja : une tendance qui nous gavait de conseils minceur - ou qui nous gavait tout court - virant plus vers l’obsession du manger-sain que vers l’acceptation des corps. Face à ce mouvement, Instagram a agi en contre-pouvoir en donnant un nouveau souffle à la body-positivity, lancée en 1996 par les auteures Connie Sobczak et Elizabeth Scott. Portée d’abord principalement par des influenceuses comme Loey Lane ou des mannequins grande taille comme Tess Holliday, la "body-posi" prône l’acceptation du physique au naturel, plutôt que les plats 0% et les silhouettes longilignes. Et on est loin de la fitgirl blonde et blanche, personnage emblématique du healthy : inspirées par le mouvement, certaines, comme l’adepte du "No Bra Challenge" Chidera Eggerue ou la "dame à barbe" Harnaam Kaur, ont pris position contre les diktats, avant de faire le buzz en tant que nouvelles icônes d’une beauté décomplexée, sans limite et plus représentative des minorités.

 

Divine woman. #SAGGYBOOBSMATTER

Une publication partagée par Chidera (@theslumflower) le

 

Haven’t seen myself in a while Sometimes it’s hard to wake up. I can feel my face fold when I smile Tired hands put on my make up. Just a method actress playing on my mattress, Remembering what I know. Just another day for me to try and practice, Being your freak show. I’m mad and I’m sad, Too quiet too loud. Scandalous and not scared, I’m bad and I’m proud. I’m mad and I’m sad, I said it aloud! Sacred and not afraid, I’m bad and I’m proud! White man’s lust never paid my rent, Another day, another dad. Now it’s time to repent, I’m the best you’ve ever had! This is my skin light-filled brown and I’m not sorry, Baby, all I did was sit. You don’t know if you want to fuck me or destroy me, I’ll be your freak show for a bit! @workinhardmummy

Une publication partagée par Harnaam Kaur (@harnaamkaur) le

Inspirées par ces nouveaux modèles, les femmes arrivent-elles enfin à se réconcilier avec leur image ? "Si je veux perdre des kilos, c’est uniquement pour moi.Ce qui pose problème à l’entourage ne change pas la personne", annonce d’emblée Eva, qui a subi des commentaires maladroits sur son physique durant son enfance. Désromais bien dans sa peau, elle n’accorde plus aucune importance au regard des autres. La fin des complexes

via GIPHY

Le pouvoir du "laisser-aller"

Pour certaines femmes, se négliger est plus que le nouveau cool. C'est surtout un pouvoir, notamment pour Jessica qui voit dans "le gain de temps et d'argent" que cela représente, un atout de taille. "Il y a même des jours où je me réveille et je suis même prête avant mon copain. On devrait plus s'intéresser à ce que l'on transmet au monde, plutôt qu'à ses poils", conclut cette assistante médicale. Pour Eva, le laisser-aller "est plus une forme de bien-être. On a confiance en nous-même. Même si certaines choses comme la cellulite et les vergetures restent handicapantes parce qu’elles sont encore vues comme des défauts".

Des "handicaps" pourtant on ne peut plus naturels, selon la sociologue Christine Détrez. Pour elle, le physique est d’abord une manière d’afficher son statut social. "Aller à la salle de sport suppose qu’on en a les moyens", explique-t-elle. Et le culte de la beauté va encore plus loin, d’après cette professeure à l’ENS de Lyon : "un physique soigné montre notre dynamisme et notre capacité à prendre nos vies et nos corps en main. Le laisser-aller est une marque de faiblesse, pour la société. Heureusement, les normes de beauté ne sont pas universelles", rappelle-t-elle. De quoi vous faire lâcher vos colos anti-cheveux blancs et balancer votre rasoir à la poubelle.   

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