Santé : ce que vos sécrétions disent de vous Santé : ce que vos sécrétions disent de vous

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Liquide non identifié, secrétion étrange... Euh, c'est grave docteur ? par Carole Cillec

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Publié le Mercredi 6 Mars 2019

Elles sortent de votre nez, de vos oreilles ou bien encore de votre vagin et vous ne savez pas toujours les analyser. Pour vous aider à y voir plus clair quand vous vous mouchez vert, voilà un petit guide-pratique sur les drôles de trucs que vous fabriquez.

Tout le monde l’a déjà fait : observer cette sécretion verdâtre qu’on vient de laisser au fond d’un mouchoir douteux et se demander à quoi sont dues sa couleur et sa texture. Même histoire pour ce qui coule de ses yeux et de son système digestif ou appareil génital. Car notre corps regorge de surprises pas toujours ragoûtantes dont on se passerait bien, et pourtant ! Tous ces fluides sont nécessaires au bon fonctionnement de notre corps et nous indiquent si tout va bien. Alors, pour vous aider à comprendre ce que vous éliminez, on vous a concocté un guide complet… De la couleur de l’urine à la texture de vos pertes vaginales, en passant par la quantité de cérumen dans vos oreilles, vous pourrez bientôt prédire l’avenir (ou presque) dans vos sécrétions.
Rappel : il s’agit de vous donner un ordre d’idées, mais nous ne sommes pas médecins. Si vous avez un doute sur votre santé, pensez à consulter un spécialiste.

#1 Le mucus nasal
"C’est quelle couleur quand vous mouchez ?" Que celui qui n’a jamais entendu cette question de la bouche de son médecin lève la main. Il s’agit pour eux d’une information capitale lorsqu’ils vous auscultent car la morve change de couleur quand on est malade. Si en temps normal il est légèrement visqueux, le mucus nasal est aussi plutôt transparent. En fait, il devient jaune ou vert lorsqu’il est chargé en anti-corps, soit quand les globules blancs luttent contre un virus ou une infection au niveau du nez.
Il arrive parfois que le mucus devienne rosé ou rouge. A la fin d’un rhume ou d’une infection nasale, il s’agit de sang évacué des micro-lésions crées dans les sinus à force de se moucher, et il n’y a aucune raison de s’inquiéter, tant que ça ne dure pas dans le temps. Enfin, s’il devient marron, c’est que le sang a séché dans les petits tuyaux. 
Et pour les crottes de nez ? La lecture est la même… Evitez d’ailleurs de les manger, surtout devant tout le monde dans les transports en commun.

Enfin, les glaires sont constituées du même mucus. En cas d’infection, les sinus et les tuyaux sont plus petits, laissant le mucus s’évacuer dans la gorge. Et c’est comme ça qu’on se retrouve avec ces petits trucs dégoûtants dans la bouche. 

#2 La salive
On en produit en moyenne 1 litre par jour. Elle sert à protéger notre bouche (muqueuses et dents) et aide à la préparation des aliments pour la digestion. Si vous avez la sensation d’avoir la bouche sèche, c’est peut-être que vous produisez moins de salive. Un simple verre d’eau suffit parfois à relancer la machine. Cependant, si ce n’est pas le cas et que ça dure dans le temps, il faut penser à consulter un médecin car c’est peut-être symptomatique de maladies plus graves, un signe de déshydratation ou une réaction secondaire à un médicament.

Votre salive est acide ? C’est certainement un appel de l’oesophage qui faillit en faisant remonter les sucs gastriques dans la bouche. Plus connu sous le nom de reflux gastro-oesophagien, il existe de nombreux facteurs le facilitant : le surpoids, le stress mais aussi une surconsommation de café ou un problème de jus d’orange trop acide au petit déjeuner. On peut retrouver une salive "normale" en avalant un médicament contre les brûlures d’estomac, ou en modifiant ses habitudes d’alimentation. Néanmoins, si c’est régulier et que vous avez un doute, pensez à consulter pour vérifier que vous ne souffrez pas d’une pathologie comme un ulcère.

Votre salive est grumeleuse ? C’est le signe qu’un petit champignon habite votre bouche. Elle est appelée "muguet", touche surtout les jeunes enfants et se soigne par médicament.

Vous produisez trop de salive ? Tout comme le manque de salive, ce n’est pas grave si ce n’est pas associé à des douleurs ou des inconforts graves. La production excessive de salive peut cependant être le signe d’une maladie grave, il faut donc penser à consulter. 

#3 Le cérumen
C’est certainement la sécrétion la plus mystérieuse que produit notre corps et la moins ragoûtante avec sa couleur jaunâtre ou brunâtre. Malgré cela, le cérumen est un acteur essentiel dans la protection de nos oreilles car il stoppe les bactéries et les poussières à l’entrée du conduit auditif. Il s’élimine à l’aide d’un spray, ou d’un coton-tige sur l’on se contente de laisser à l’entrée de l’oreille, appelée pavillon, il peut aussi se nettoyer avec un tissu humide. Attention à ne pas enfoncer un coton-tige dans le conduit, ça ne fera que repousser le cérumen et faciliter l’apparition de bouchons de cérumen. Ces derniers sont bénins mais peuvent être très douloureux, et créer des bourdonnements voire même des vertiges, alors, autant s’en passer. Soyez prudents dans la manière de nettoyer vos oreilles.

#4 La transpiration
Notre corps est équipé de deux sortes de glandes qui produisent la transpiration. D’une part, les glandes eccrines, situées au niveau des mains, des pieds et du front et qui permettent au corps de réguler sa température. Puis, les glandes apocrines, liées aux émotions, et qui se situent au niveau des aisselles, de la poitrine et des parties génitales. Ce sont autour d’elles que se développent les mauvaises odeurs. Elles sont en fait créées par des bactéries mangeuses de transpiration. La sudation en elle-même est un mélange d’eau et de sel et n’est pas odorante.
Les odeurs varient d’un individu à un autre, mais sont aussi favorisées par certains aliments. L’oignon, l’ail ou encore l’oeuf peuvent être responsables d’une sudation nauséabonde, ainsi que certains fromages ou épices. 

Vous transpirez énormément ? Peut-être souffrez-vous, comme 2% de la population d’hyperhidose mais rien qui ne soit irréparable : il existe des déodorants et des médicaments pour y remédier.
Conseils : pour éviter les mauvaises odeurs, favorisez certaines textures de vêtements comme le coton ou le lin et bannissez au maximum les matières synthétiques

#5 L’urine
C’est certainement le fluide corporel le plus facile à comprendre car sa couleur est déterminante. En variant du jaune très pâle au ambré, l’urine est un mélange d’eau, d’urée, de sels, de colorants et d’hormones et nous permet de déceler, d’un coup d’oeil, si notre organisme fonctionne. Comme une image vaut souvent mieux qu’un long discours, voici une infographie qui vous permettra de déterminer où vous vous situez dans l’échelle de l’urine en bonne santé.

Dans le cas où votre urine est rosée et que vous avez mangé des betteraves, pas de panique, ça vient de là. Si vous n’en avez pas mangé, consultez rapidement, il peut s’agir de sang et c'est peut-être grave.

Si votre urine est odorante après avoir mangé des asperges, c’est également normal. Si vous n’en avez pas mangé, même processus : allez voir un médecin pour vérifier qu’il n’y a pas de maladie des reins, ni d’infection sexuellement transmissible.

#6 Les selles
Il n’y aucun doute, les selles sont les premières à informer lorsque quelque chose ne va pas. Pour nous aider à lire plus facilement nos excréments, il existe une échelle appelée Echelle de Bristol où ils sont classés en sept catégories. Vous la retrouverez ci-dessous.

1. Petites crottes dures et détachées, difficile à évacuer. Signe de constipation. Il faut manger plus de fruits et légumes et boire beaucoup d'eau.
2. Mêmes petites crottes réunies en forme de saucisse. Vous êtes moins constipé.e mais il faut manger plus de fibres et boire davantage.
3. Crottes en forme de saucisse et craquelées à la surface. Buvez encore un peu plus.
4. Crottes en forme de saucisse lisse. Tout va bien pour vous.
5. Petites crottes aux bords définis faciles à évacuer. Ça va aussi.
6. Morceaux déchiquetés et flasques. C'est pas top, diminuez les graisses.
7. Selles liquides, molles. Diarrhée, soyez vigilant.e ! 


En cas de douleurs anormales et à répétition ainsi que de doutes, tournez-vous vers un spécialiste capable de vérifier que vous ne souffrez pas de pathologies comme le syndrome du colon irritable, de la maladie de Crohn ou d’un cancer. Et ne négligez pas votre intestin, on dit que c’est notre deuxième cerveau … 
Et si ce qui sort de vous ne ressemble ni de près ni de loin à des selles, comme des glaires ou des petites tâches blanches, faites des analyses. Cela pourrait traduire la présence d'un ver dans vos tuyaux.

#7 Les sécrétions vaginales
Nous en évoquerons quatre : les pertes blanches ou glaire cervicale, les pertes brunes et la cyprine. Nous ajouterons celle assimilée à l’éjaculation féminine, même si le fluide vient de l’urètre et non pas du vagin

Les perte blanches : appelées leucorrhées dans le jargon médical, elles sont nécessaires au bon fonctionnement de l'utérus. C’est donc tout à fait normal d’en avoir au fond de sa culotte. La texture et la quantité varient en fonction des femmes et tout au long du cycle hormonal, du début de l’adolescence à la ménopause.
Pourquoi elles varient en fonction du cycle ? Si le cycle menstruel n’est pas stoppé par la prise de pilule, l’utérus fabrique une quantité et une texture différente de ce que l’on appelle glaire cervicale. Avant l’ovulation, elle est peu abondante et épaisse, et fait barrière aux spermatozoïdes. Pendant l’ovulation, il y en a plus, car elle permet de guider les spermatozoïdes à l’ovule et de les accueillir dans un environnement idéal. Elle ressemble alors à du blanc d’oeuf : fluide, élastique, filante, transparente et brillante. Pour savoir à quel moment du cycle on est, il peut être intéressant d’analyser la texture de sa glaire cervicale. Après ovulation, elle va diminuer et reprendre son rôle de Cerbère de l’utérus. 
Quand s’inquiéter ? Si la couleur de nos pertes change ou si elles sont accompagnées d’une forte odeur. Dans le cas où elles n’ont plus la même couleur ou texture, c’est certainement le signe d’une infection ou d’une IST. Dans le cas où elles s’opacifient et ressemblent à du lait caillé, surveillez que vous n’avez pas une mycose. Enfin, si elles dégagent une odeur qui s’apparente à celle du poisson, c’est peut-être le signe d’un déséquilibre de la flore vaginale, ou vaginose. Dans tous les cas, en cas de doute, il faut consulter.

Les pertes brunes : elles sont tout à fait naturelles et composées de glaire cervicale et de sang qui est devenu brun au contact de l’air. Elles apparaissent à la fin des règles, ou après un examen gynécologique voire même à cause de changements hormonaux et peuvent également être le signe d’une éventuelle grossesse ! Tant qu’aucun autre symptôme n’y est associé, il n’y a aucun stress à avoir. Pensez à faire un test de grossesse si vous avez eu des rapports et/ou à consulter un médecin.

La cyprine : il s’agit d’un lubrifiant naturel produit par le vagin, stimulé par l’excitation sexuelle. Créée par les glandes de Bartholin situées au niveau des grandes lèvres de la vulve, elle facilite la pénétration et protège le vagin des irritations. La quantité de cyprine fabriquée par le corps peut varier au cours de la vie, notamment à la ménopause et après un accouchement. Il n’y a pas de quantité "normale" de production de cyprine, tant que l’on est sexuellement excitée. Par contre, en cas de sécheresse vaginale, on peut avoir recours à un lubrifiant pour faciliter la pénétration.
Quand s’alarmer ? Il faut s’inquiéter si l’on a des rapports très douloureux et que l’on a des sécheresses intenses. Cela peut être un signe d’une pathologie plus grave, et il faut consulter un.e gynécologue. Même démarche si l’on ne reconnaît pas l’odeur, la saveur, la couleur ou l’apparence des sécrétions. Faites-vous confiance, vous connaissez votre corps.

Le cas de l’éjaculation féminine ou des femmes fontaines : il s’agit de l’expulsion d’un liquide inodore et incolore par l’urètre dans les moments d'excitation intense. Il n’a rien à voir avec de l’urine ! Fabriqué dans les glandes de Skene que l’on apparente à la prostate féminine, la quantité de liquide expulsé diffère d’une femme à l’autre. Il est symptomatique d’un lâcher-prise, mais que l’on se rassure, il n’est absolument pas le signe d’une toute nouvelle incontinence ! C’est même carrément positif, vous prenez votre pied.

#8 Le sécrétions péniennes
Le liquide pré-séminal : Il est produit par des glandes appelées Cowper, et s’écoule par l’urètre quand on est excité. Son émission ne peut être contrôlée mais il ne s’agit que d’une petite quantité. En fait, son rôle, au-delà de lubrifier le gland, est de nettoyer l’urètre et de neutraliser ainsi l’acidité de l’urine qui pourrait mettre en danger les spermatozoïdes. Le liquide ne contient pas de petits têtards, mais peut très bien en récupérer sur le chemin et n’est donc pas forcément anodin. Le procédé est le même pour les IST. Il faut donc penser à se protéger au début d’une relation sexuelle, même quand il n'y a pas pénétration. 

Le sperme : Doit-on encore le présenter ? C’est le liquide relâché au moment de l’éjaculation. Il contient des petits spermatozoïdes qui foncent tout droit là où le destin les envoie... Au fond d'un préservatif, vers un ovule et plus encore.

Enfin, tout ce qui s’écoule du pénis et qui a une couleur blanchâtre ou jaunâtre et qui est douloureux doit faire l’objet d’une consultation quasi immédiate chez le médecin pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’une IST.  Tout ce qui ne s’écoule pas et qui est bloqué quelque part, doit faire bien sûr aussi l’objet d’une consultation chez un spécialiste. 

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