Colorant E171 : qu’est ce que le dioxyde de titane et pourquoi l’interdire ? Colorant E171 : qu’est ce que le dioxyde de titane et pourquoi l’interdire ?

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Colorant E171 : qu’est ce que le dioxyde de titane et pourquoi l’interdire ? par Tess Annest

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Publié le Jeudi 18 Avril 2019

Bonbons, gâteaux, plats préparés et même dentifrice, bon nombre de produits contiennent du dioxyde de titane, plus connu sous le nom de colorant E171. Problème : les autorités de santé n'ont pas pu écarter la possibilité d'un risque cancérigène. Le gouvernement pense donc (enfin) à le faire interdire.

Colorant E171, dioxyde de titane, appelez cet additif comme vous le voulez mais retenez bien qu’il est signalé sur les étiquettes par les sigles TiO2 ou E171. Aujourd’hui encore, on le retrouve un peu partout : dans les confiseries, comme les chewing-gums Airwaves, les bonbons Skittles ou encore les M&M’s, mais aussi dans certains cosmétiques, notamment dans le dentifrice, et dans quelques médicaments très utilisés par les Français, les Spasfon rose et les Doliprane en gélule. Il est utilisé pour blanchir ou intensifier la brillance de tous ces produits. Et peuple notre quotidien. Problème : il contient des nanoparticules capables de s’introduire dans nos organismes, et dont on ne parvient toujours pas à évaluer la toxicité.

Un feuilleton houleux
Voilà quelques mois que le colorant E171 fait parler de lui. En 2017, l’Institut national de la recherche agronomique avait déjà prouvé que l’exposition au dioxyde de titane provoquait des lésions cancérigènes sur des rats. Les chercheurs avaient noté que le E171 franchissait en une semaine la barrière intestinale chez le rat pour passer dans son sang, mais les conclusions de cette enquête n’avaient pas permis de faire un lien avec l’Homme. Pourtant aujourd’hui, l’étude revient sur le devant de la scène et ses résultats inquiètent. Si Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique, avait annoncé la suspension de l’utilisation de l’additif dans les produits alimentaires en mai 2018, certaines organisations pointaient du doigt le manque d’implication du ministère. Face aux nombreuses revendications, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, avait finalement décidé d’interdire ce colorant, sous réserve d’un nouvel avis de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

Un rapport contrasté
Le 15 avril 2019, l’Anses a donc dévoilé ses nouvelles conclusions, mais contre toute attente, elle n’a pas pu "lever les incertitudes sur l’innocuité" de cet additif. En clair, rien n’a permis de "confirmer ou d’infirmer" le potentiel cancérogène du dioxyde de titane. Toutefois, les experts renouvellent leurs "recommandations générales sur les nanomatériaux, visant notamment à limiter l’exposition des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement, en favorisant des alternatives sûres et équivalentes en termes d’efficacité". Des déclarations qui ont poussé Bruno Le Maire a enfin prendre un semblant de décision. Le 15 avril 2019, il a assuré : "Si l’Anses me confirme qu’il peut y avoir le moindre risque pour la santé publique, je dis bien le moindre risque, même si c’est un risque très léger, dans ce cas-là je prendrais des mesures avec le ministre de l’Environnement pour interdire dans les denrées alimentaires la commercialisation de cet additif E171". Certains grands groupes industriels ont donc décidé de devancer la loi et de mettre fin à l’utilisation de ce colorant. C’est notamment le cas de Carambar, Malabar, Leclerc, Carrefour et Super U.

Et les cosmétiques et médicaments ?
Du côté des cosmétiques, rien ne bouge. L’UFC-Que Choisir demande alors au gouvernement de faire "preuve de cohérence" en élargissant sa décision. A Bercy, on répond pour le moment que, dans ce domaine, les règlements sont "plus compliqués" et que "cela prendra plus de temps". Alors le colorant E171 disparaîtra-t-il définitivement de nos alimentations ? La balle est dans le camp des ministères.

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