Surya Bonaly : pourquoi on espère un biopic en 2018 Surya Bonaly : pourquoi on espère un biopic en 2018

L'époque en live

Surya Bonaly : pourquoi on espère un biopic en 2018 par Laura Carreno-Müller

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Après le biopic sur Tonya Harding, et si c’était au tour de Surya Bonaly ? Twitter réclame aujourd'hui un film sur cette championne aussi badass que décriée, qui a combattu le racisme, la misogynie et mis des gros fucks aux institutions.

Si les vingtenaires ne connaissent pas forcément Surya Bonaly, elle a pourtant marqué toute une génération : patineuse française individuelle la plus décorée de son époque, elle est aussi la plus critiquée. Tous les ingrédients pour en faire la star d’un film selon la Twittosphère qui, depuis la sortie de Moi, Tonya le 21 février 2018, réclame un biopic consacré à la championne du patinage artistique.

Née en décembre 1973 à Nice, Surya Bonaly a tout d’une héroïne dramatique. A 18 mois, elle est adoptée par Suzanne et Georges Bonaly, avant d’être initiée au patinage artistique à l’âge d’un an et demi par sa mère, professeure de sport au collège Paul-Langevin à Carros. Une relation mère-fille qui n’a pas toujours été au beau fixe : envahissante et protectrice, Suzanne Bonaly maintient une pression énorme sur sa progéniture, allant même jusqu’à lui dire qu’elle "abîme la glace" à chaque fois qu’elle commet une erreur. Une pression énorme, qui permet tout de même à la jeune fille de monter en grade dans sa discipline.      


Un podium et des larmes

A 6 ans seulement, Surya Bonaly est repérée par l’entraîneur Didier Gailhaguet, après sa toute première compétition. Histoire d’assurer le succès médiatique de sa protégée, celui-ci invente une histoire de toute pièce : selon lui, la patineuse est née sur l’île de la Réunion, avant d'être abandonnée sur une plage... Une supercherie inutile puisque ce sont finalement ses exploits qui font d’elle une star des patinoires : toujours coachée par sa mère, elle décroche 9 fois le titre de championne de France et 5 fois celui de championne d’Europe. De quoi, a priori, mettre le monde du patin à ses pieds... Sauf que la sportive divise. Lors de sa participation aux Championnats du monde à Chiba (Japon), en 1994, elle arrive en deuxième place à quelques centièmes près, face à son adversaire nippone Yuka Sato. Furieuse et bouleversée par ce qu'elle considère comme une injustice, Surya Bonaly ne monte en larmes sur le podium que pour retirer sa médaille d’argent, sous les huées des spectateurs. Un tournant tragique dans sa carrière : désormais, les médias et une partie du public voit en elle une enfant gâtée et irrespectueuse.  




A cette réputation de sale gosse vient s’ajouter celle de tête brûlée. Endurcie par sa défaite de 1994, Surya Bonaly décide, lors des JO suivants à Nagano, d’envoyer bouler ceux qu’elle doit impressionner. Lancé en toute vitesse sur la glace et devant une foule médusée, elle effectue une figure interdite, tant elle est dangereuse : un salto arrière avec réception sur un pied. Un pas qu’elle surnomme par la suite "Le Bonaly", assumant ce côté cash qui lui a pourtant fait tant de torts. Mais la personnalité de la championne n'est pas seule en cause. 

 

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Dans une discipline qui privilégie les sportives aux teints clairs et aux corps graciles, la jeune femme noire à la silhouette musclée déplaît. "[Les juges] recherchent un champion parfait, ce qui ne correspond pas à Surya", confie en 1995 le coach américain Franck Carroll, dans un reportage. Après son coup d'éclat à Nagano et une 10e position en forme de sanction du jury, Surya Bonaly prend sa retraite et part s'installer aux Etats-Unis. 

 

Une patineuse devenue culte

Si son côté hors normes lui a beaucoup coûté, il a aussi permis à Surya Bonaly de rester dans les mémoires comme une pionnière. Elle a en effet ouvert la voie pour les sportives de couleur et a contribué à une meilleure représentativité des minorités dans le sport. Ses héritiers étaient d'ailleurs présents aux JO de Pyeongchang, des bobeuses qui ont représenté le Nigéria au patineur queer et flamboyant Adam Rippon. Une icône inégalée, à laquelle on rend toujours hommage : en 2015, Eva Longoria lui consacre même un documentaire, Rebel On Ice, diffusé sur la chaîne américaine ESPN.

De son côté, Surya Bonaly a rangé ses patins mais reste très engagée, notamment contre le racisme. L'ex-championne entraîne aujourd’hui de jeunes espoirs américains et est l'ambassadrice de l'association La France des talents et des couleurs, qui lutte contre les discriminations racistes dans le sport. Alors que Tonya Harding a connu la réhabilitation sur grand écran, il serait temps que Surya Bonaly ait la sienne.

 

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Laura Carreno-Müller

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Mme M.

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