"Call me by your name ": beau mais complaisant

Cinéma

"Call me by your name" : beau mais complaisant par Erick Grisel

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Cette histoire d’amour entre deux étudiants est un peu posh-mélo-gnangnan. Heureusement, il y a Timothée Chalamet ( nommé aux Oscars pour ce rôle) qui ferait pleurer des pierres…

Quand Oliver, grand échalas américain préparant son doctorat, vient en Italie passer quelques semaine de vacances chez son professeur tuteur, le fils de ce dernier, un ado nommé Elio, hésite entre le prendre en grippe ou dans ses bras. C’est la seconde option qui s’annonce. Et on se demande bien pourquoi, tant l’acteur Armie Hammer, trop âgé pour le rôle d’Oliver, est fadasse et sacrément empoté (particulièrement quand il se met à danser en bermuda blanc au bal du village). Heureusement en face de lui, il y a Timothée Chalamet dont la carnation de peau, scrutée par la caméra languissante de Luca Guadagnino, traduit les subtils émois. Le jeune acteur, croisé dans Interstellar et la série Homeland, est impressionnant d’intensité même quand le réalisateur lui donne  des scènes impossibles à jouer. Comme celle où, après avoir dénoyauté une pêche, il se masturbe dedans puis éclate en sanglot quand son amant américain mord le fruit à pleines dents (ne riez pas!).

Mais dans quel esprit est né un truc aussi tordu ? Pas dans celui du réalisateur italien, ni celui de son scénariste James Ivory (qui s’y connaît pourtant en histoires troubles chez les riches). La scène de la « pêche » est un passage clef du roman de Andre Aciman, Plus Tard ou Jamais, dont le film s’empare plutôt bien. A part ça, Call me by your name donne très envie de passer ses vacances en Ligurie, avec tous ces gens très chics qui parlent trois langues couramment (anglais, français, italien), ont une bonne qui s’appelle Mafalda, et parlent musique et littérature comme d’autres parlent chiffons. Après Amore et A Bigger Splash, Luca Guadagnino démontre une fois de plus sa fascination pour les bourgeois tendance progressistes : la maman d’Elio (impeccable Amira Casar) taille des haies et prépare de « délicieux jus d’abricot », la clope au bec, et le papa d’Elio, spécialiste de la culture gréco-romaine, sait trouver les mots justes pour consoler son fiston en plein désarroi sentimental. La scène est déchirante. Tout comme celle où Elio, appelant sa mère d’une cabine de gare, s’effondre de chagrin au téléphone. Le film vaut d’être vu rien que pour ça.

Call Me by Your name, de Luca Guadagnino, sortie le 28 février 2018


Erick Grisel

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Mme M.

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