Sexe : comment le porno a transformé ma vie sexuelle Sexe : comment le porno a transformé ma vie sexuelle

Sexologie

Témoignage : "comment le porno a transformé ma vie sexuelle" par Elia Manuzio

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Publié le Lundi 4 Février 2019

Il y a deux ans, Alix, 29 ans, regardait sa première vidéo sur YouPorn. Aujourd’hui, la pornographie fait partie intégrante de sa vie sexuelle. Son expérience intime raconte comment les femmes se réapproprient (enfin) leur sexualité : sans honte et en streaming.

Glamour : Comment as-tu découvert la pornographie ?
Alix
: "J’ai grandi dans une petite ville de la banlieue lyonnaise, je viens d’une famille où l’on ne parlait jamais de sexualité. Ça n’était pas interdit mais mes parents ont toujours été pudiques sur le sujet, c’est aux mères de mes copines que je posais des questions. Quand j’étais adolescente, j’ai longtemps regardé en cachette les films érotiques de RTL9, c’était soft. Mais à 14 ans, on a honte de s’adonner à ce genre de plaisirs, d’autant que mes copines avaient déjà l’air de trouver la masturbation 'crade', alors le porno… J’ai toujours eu la sensation d’être la seule à le faire. Plus tard, au moment où tous mes potes se sont mis à regarder YouPorn et Pornhub sur leur ordinateur, je me suis désintéressée du porno. C’était un support masturbatoire pour hommes, je ne voyais pas ce que je pourrais y trouver. J’y voyais une insulte au corps féminin, pour moi c’était dégueulasse a priori".

G : Quand a eu lieu le déclic ?
A : "Tant que j’ai vécu chez mes parents, je me suis masturbée toute seule comme une grande, sans aucune aide visuelle, j’avais trop peur de me faire prendre. C’est quand je me suis installée seule que j’ai commencé à regarder des vidéos porno. J’étais frustrée des orgasmes un peu ridicules que j’avais lors de mes rapports sexuels. Je voulais progresser. J’ai acheté mon premier vibromasseur et je suis partie en recherche de 'plus', sur Pornhub majoritairement. Comme beaucoup de femmes, j’assouvis virtuellement des fantasmes : plan à trois, sexe avec une femme, parfois des choses plus hardcore que ce que je fais avec mon copain."

G : Le porno a changé ton rapport à ton corps ?
A
: "En prenant en main mon plaisir, j’ai développée une sorte de féminité hyper sensuelle. Alors qu’au début, regarder du porno me laissait toujours un arrière goût un peu sale, j’ai petit à petit aimé cette femme qui se laissait aller à ses désirs. Je me suis désinhibée, j’ai appris à aimer mon corps imparfait, à être excitée par les mouvements de mon ventre et les spasmes lors de la masturbation. Tout le monde dit que le porno transforme les femmes en objet, mais moi je ne me suis jamais sentie aussi femme grâce à lui, justement."

G : Quel a été l’impact sur ta vie sexuelle ?
A
: "Énorme. Comme je suis plus libre avec mon corps, je le suis aussi dans mes rapports sexuels. Avant, j’étais toujours en position de spectatrice, je me laissais guider, j’acceptais les changements de positions, les initiatives des hommes avec qui je couchais, j’y trouvais même du plaisir, mais je n’étais pas actrice de ma sexualité. Aujourd’hui, je ne m’interdis quasiment rien, dès que j’ai une envie, je n’ai pas honte de la verbaliser. Mon partenaire sait très bien que je me masturbe devant du porno et ça ne lui pose aucun problème, il n’arrête pas de me demander si on peut utiliser le sextoy ensemble, mais je crois que je ne suis pas encore prête pour ça.  Il profite aussi de ma découverte du porno, il me voit beaucoup plus à l’aise donc il développe aussi une sexualité plus libre. J’ai remarqué qu’il s’autorisait plus de 'bruits' depuis, il est moins dans la retenue et il n’a pas peur de me choquer. C’est devenu un jeu, on s’autorise à être totalement différent au lit et dans la vie. Le seul point négatif, c’est que j’éprouve parfois des difficultés à ressentir de l’excitation sans l’image, regarder du porno m’a quand même un peu conditionnée à répondre aux stimuli visuels. Monter en excitation avec mon mec un samedi soir banal me demande parfois un peu plus d’efforts d’imagination. Comme n’importe quoi d’autre, il ne faut pas que le porno tourne à l’addiction, je fais très attention à ce que cela reste un 'hobby', en général pas plus de deux fois par semaine. C’est un bon rythme de croisière !"

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