Sexe : voici pourquoi vous avez peut-être des difficultés à atteindre l’orgasme Sexe : voici pourquoi vous avez peut-être des difficultés à atteindre l’orgasme

Sexologie

Sexe : voici pourquoi vous avez peut-être des difficultés à atteindre l’orgasme par Anne Lods

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Publié le Samedi 21 Décembre 2019

Seule ou avec votre partenaire, vous avez du mal à atteindre l’orgasme ? Peut-être est-il simplement temps de vous autoriser à le vivre. On vous aiguille avec l’aide de Cécilia Commo, sexologue.

L’orgasme féminin. Vaste sujet de recherches scientifiques et surtout personnelles. Vu comme un accomplissement voire même tout à fait mystifié et banalisé par le porno, l’orgasme féminin est surtout un mystère et un énorme tabou dans la société actuelle.
Une pression implicite règne sur lui, tant et si bien que nombreuses sont les femmes à ne jamais l’atteindre. Seulement 16% d’entre elles le vivraient systématiquement. 2 femmes sur 3 reconnaîtraient également avoir déjà simulé un orgasme lors d’une relation sexuelle, comme s’il s’agissait d’une fin en soi et devait indiquer implicitement à l’autre qu’une relation était satisfaisante et/ou terminée. Des effets de la société qui peuvent amener à la frustration.

Et, bien qu’obsolète, cette réalité n’est pas seule responsable. Pour atteindre l’orgasme, on peut aussi chercher à opérer à un changement à l’intérieur. On a demandé conseil à Cécilia Commo, sexologue, pour qu’elle nous aide à débloquer les mécanismes personnels qui nous empêchent peut-être d’atteindre le septième ciel. Ces derniers pourraient, de plus, à long-terme, aider la société, à faire fi des tabous qui la gangrène, et à marcher vers la libération de l’orgasme féminin. Une révolution d’ores et déjà initialisée ces dernières années, notamment grâce à des comptes Instagram comme T’as Joui, ou la publication d’essais à l’image de Jouir, dont nous vous parlions sur Glamour il y a quelques mois.  

Accepter sa vulnérabilité

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L’orgasme c’est un voyage que l’on s’autorise… ou pas.

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En plein acte, vous vous demandez si vos avez un poil mal épilé, si le bourrelet que vous détestez ne se voit pas, pire encore, que vos seins ne se sont pas fait la malle en dehors de votre soutien-gorge. Bref, vous ne vivez pas du tout l'instant présent et vous vous trouvez tous les défauts du monde. Seule, vous faites toujours machine arrière, comme gênée par votre propre désir. En d’autres mots, vous n’arrivez pas vraiment à vous abandonner. Et ce sont ces réflexions, bien sûr, qui participent à votre incapacité de prendre du plaisir et donc, d’atteindre l’orgasme, selon Cécilia Commo. "L’orgasme c’est un voyage que l’on s’autorise… ou pas, nous explique la sexologue. Ce n’est pas quelque chose qui est entièrement dans les mains de l’autre. Le meilleur des amants ou des amantes ne fera pas jouir une femme qui n’est pas connectée à sa propre envie de jouir. Accepter de perdre le contrôle n’est pas une mince affaire, car c’est s’en remettre à un.e autre, prendre le risque d’être vulnérable et fragile. Perdre le contrôle c’est perdre la raison." Une raison que l’on doit donc accepter de récupérer, plus tard, que l’on soit en quête du plaisir seule, ou accompagnée.

Mais d’où vient donc cette peur de la vulnérabilité pourtant nécessaire à l’orgasme ? Selon la spécialiste, cela pourrait tout aussi bien venir de questions de genralité liées à la manière dont les femmes gèrent leur capacité à introduire un autre qu’elle à l’intérieur de leur corps, mais également à des problématiques d’érotisation. Parmi elles, la manière dont les femmes reçoivent les caresses, mais aussi comme elles érotisent et laissent leur propre sexe être érotisé ou bien encore les fantasmes qui régissent leur désir. Plus encore, on trouve aussi la question du rapport à l’autre. Si certaines femmes n’ont aucun problème à jouir seules, c’est parfois compliqué de jouir en étant accompagnée. Et pour celles qui ont du mal à finir seules, les problématiques d’érotisation sont les mêmes : réussir à apprivoiser son désir et à l’assumer. Il n’y a pourtant rien de mal à se masturber, bien au contraire. La pratique est d’ailleurs un bon moyen explorer et comprendre ce qui nous excite, parfois avant de le faire à deux. 

Inclure un autre sur son territoire
Nous commencerons cette partie par un rappel. Un rapport sexuel entre deux adultes consentants se fait à niveau égal. En aucun cas le plaisir de la femme ne doit être mis de côté. L’éternelle règle implicitement établie qui consiste à croire que l’acte sexuel se termine lorsque l’homme éjacule est fausse. L’autre, qui consiste à penser que les femmes atteindront l’orgasme par simple pénétration est également erronée. Dans le cadre d’un rapport hétérosexuel, il ne faut également pas oublier que le modèle masculin ne prévaut, par essence, que pour l’homme. "La verge d’un homme est très sensible aux frottements, nous rappelle la spécialiste. (…) Sauf que ce modèle de frottements rapides n’est pas l’idéal pour déclencher un orgasme du côté féminin.

Alors qu’il s’agisse de caresses, baisers, pressions, massages, contractions musculaires, léchages, ou autre, chaque femme est sensible à différentes pratiques qui font grimper la température et ce, qu’on lui stimule les lèvres, les seins, le clitoris ou bien même l’anus. Des stimulations qui peuvent varier d’un jour à l’autre, et tout au long de l’existence. Atteindre l’orgasme c’est aussi accepter d’explorer ce désir, quelque forme qu’il prenne. Seule bien sûr, mais aussi d’être capable d’y inclure l’autre. "L’orgasme est tapis aux croisements de plusieurs facteurs physiques, psychiques et émotionnels, développe Cécilia Commo. La machine la plus puissante à jouir reste le territoire érotique. Et si je n’inclus pas d’autres individus que moi-même dans ce territoire, je risque de rester sur ma faim quand quelqu’un essaie de me faire jouir." La solution ? S’ouvrir à soi mais aussi réussir à s’ouvrir à l’autre.
 

La cerise sur le gâteau
Enfin, si vous vous tuez à appliquer ces règles et que vous n’atteignez toujours pas l’orgasme, peut-être est-il temps d’arrêter de le chercher. Vous qui voyez l’orgasme comme une fin en soi, voyez-le plutôt comme un plus. "Plus vous cherchez l’orgasme, plus il vous échappe, nous expose Cécilia Commo. Cette assertion est cruelle certes, mais réaliste. L’orgasme est la cerise sur un gâteau. Et un gâteau sans cerise peut être un excellent gâteau ! Il faut accepter de se laisser surprendre par l’orgasme et non pas le traquer sans relâche à chaque rapport." Et, comme la sexologue aime à nous le rappeler : l’orgasme n’est pas le signe qu’un rapport sexuel était réussi. Quel est donc le secret ? Selon elle, il s’agirait d’un subtil mélange d’émotions. "Plus on s’évade et on s’abandonne, plus on déconnecte son cerveau rationnel pour ne laisser parler que son corps et son imaginaire, plus on peut aller très loin. Se sentir à la fois rassurée et à la fois perdue : c’est lors de ce subtil croisement que se rencontre l’orgasme." Tout s’éclaire.

La spécialiste de conclure : "s’il suffisait de jouir sur commande, armée d’une méthode infaillible, l’orgasme aurait-il le même intérêt ?" Vous avez quatre heures.

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