Sexe : et si on réhabilitait le quickie ? Sexe : et si on réhabilitait le quickie ?

Sexologie

Sexe : et si on réhabilitait le quickie ? par Elia Manuzio

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Publié le Mercredi 23 Mai 2018

Slow sex, tantra et sexualité positive ont relégué à tort le quickie au rang des pratiques réservées aux égoïstes et aux flemmards. Nous, on milite pour la réhabilitation du sexe vite fait et (pas toujours) bien fait. Voici pourquoi.

Plaire à tout le monde, c’est ne plaire à personne. Comme toute pratique sexuelle disruptive - temps record, résultat incertain et possibilité de se manger un coin d’étagère Billy -  le quickie divise. Si on caricature : d’un côté les ayatollahs du slow sex, de la fellation en pleine conscience et du cunnilingus en trois tomes. De l’autre, les négligents et les individualistes obsédés par leur propre jouissance. Dans cette catégorie on classera les footeux insensibles, les mâles Alpha à T-shirt col V et donc par extension (et parce qu’on n’a pas peur des clichés), les antiféministes. Car le problème est là. Dans l’imaginaire collectif, le quickie est un plaisir égoïste pour mec qui n’a pas le temps. Rappel des faits, la majorité des femmes sont clitoridiennes. Le plan en 2 minutes 30 sur un lavabo bancal a donc peu de chances de les mener à l’orgasme. Et alors ? “Le sexe ça peut-être très bien sans atteindre l’orgasme“ a dit un jour Charlotte York dans un épisode de Sex and the City. “Tu vas pas me sortir ce genre de conneries !“ lui a répondu Samantha Jones. L’aveu est difficile, mais on aurait tendance à se ranger du côté de Park Avenue et du sexe janséniste : l’orgasme c’est bien, mais pas obligatoire.

La vérité, c’est qu’à moins d’avoir un.e partenaire très entrainé.e, on en a marre de jouer les maîtresses d’école. Être pédago, prendre le temps de faire découvrir son corps à l’autre, tout ça est formidablement altruiste et satisfaisant. Mais pitié, pas à chaque fois. Vous voyez ce délicieux resto locavore qui jouxte un Mac Do décrépit ? Vous savez qu’il est meilleur mais tous les dimanches soir, vous choisissez le dégoutant Ronald. Et bien c’est pareil pour le sexe. En choisissant le quickie, on sait qu’on risque de faire l’impasse sur la qualité mais on est partante quand même. D’autant que le long enchaînement de positions bienveillantes qui mèneront à un orgasme simultané, on n’a pas toujours le temps, ni l’envie. La force de frappe du quickie est ailleurs. C’est préférer l’adrénaline aux endorphines, l’aventure au confort, le pouvoir à l’orgasme.

Enfin, penser que le quickie est une pratique moyenâgeuse destinée à satisfaire les pulsions masculines, c’est aussi oublier qu’en 5 minutes, on peut faire bien plus que rentrer un pénis dans un vagin. Le sexe n’est pas forcément pénétrant, le quickie non plus. Le principe c’est de faire monter l’excitation hyper vite, de se mettre en danger, de risquer de se faire surprendre ou même de se blesser. Des conditions que peuvent remplir un baiser langoureux (avec la langue t’as vu), du sexe oral, un jeu de domination ou une étreinte animale. Alors pitié, arrêtez de faire l’amour en esthète et redonnez une chance à ce bon vieux quickie que vous avez si longtemps boudé. Empoignez-vous, et mettez un peu de fougue dans ce monde de baiseurs tantriques shootés au Lexomil.

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